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On nous dira que la question est complexe et qu’elle exige de la nuance... Certes. Elle est toutefois tellement importante qu’on ne peut l’occulter. Ceci d’autant plus que le changement climatique est un thème qui préoccupe et mobilise à la fois.  Les rapports de nos climatologues ne laissent, en effet, que peu de place au doute et le nombre d'associations dont les questions climatiques sont l’aiguillon ne cesse d’augmenter. Mais, à moins d'être dramatiquement naïfs, gardons-nous de nous réjouir trop vite.
Même si le savoir-faire local est fort important et que la recherche scientifique menée ici et là est fort sérieuse et de très grande qualité, le tocsin a eu beau être sonné, les mêmes contradictions continuent à caractériser les politiques publiques en la matière.
D’un côté, il y a ceux qui ont une approche globale de cette problématique et qui essaient, autant que faire se peut, de lui apporter des réponses dans le cadre d’une stratégie cohérente et à long terme et de l’autre, il y a ceux dont le seul intérêt n’est autre que de générer de la richesse et de l’emploi, fût-ce au détriment de Dame nature et au risque d’en subir l’ire vengeresse. Bref, il y a les adeptes du développement durable et ceux du développement dans son acception la plus simple et la plus élémentaire. Parmi ces derniers, il faut placer ceux qui veulent amener au Maroc 10 millions de touristes annuellement sans tenir compte ni des problèmes hydriques des régions qui les accueilleront, ni de l’impact de leur consommation immodérée de l’eau sur nos réserves aquifères. Idem pour les hérauts  du développement d’une certaine agriculture irriguée et exportatrice et qui font fi de son impact négatif sur les nappes phréatiques.
Qu’on le veuille ou non, le défi climatique qui s’impose désormais à nous appelle à une refonte en profondeur des discours et des attitudes politiques, scientifiques, associatives, économiques et médiatiques. Mais on a toujours le sentiment d'un perpétuel rapiéçage de la même vieille loque. Les optimistes noteront que l'opinion est mieux informée. Que sa conscience a évolué. Qu'à la faveur de la crise, des comportements gaspilleurs disparaissent. Mais que se passera-t-il ensuite ? Nos concitoyens n'attendent-ils pas que l'embellie revient pour se remettre à consommer sans modération, les automobilistes à appuyer sur le champignon et les plus nantis à reprendre leurs gaspillages éhontés ?
Qu'entend-on, que lit-on ici et là ? Un rejet épidermique de toute remise en cause des vieux modèles.  Le combat pour convaincre de la gravité de l'heure, n’a pas encore eu lieu. Même s’il tarde à être enclenché, ce qui est sûr, c’est que nous n’avons d’autre choix que d’évoluer.  Une évolution qui ne devra pas être imposée brutalement, mais concertée et intériorisée par tous. Nous devons  accepter de changer. Pour notre bien et pour le bien des générations à venir.

AHMED SAAIDI
Mercredi 5 Août 2009

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