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La zone industrielle à Essaouira agonise dans l’indifférence générale


Foncier, matière première et coût de transport autant de facteurs de blocage d’une activité en perdition



La zone industrielle agonise depuis trente ans déjà face à l’indifférence générale des autorités compétentes. La fermeture en série de plusieurs usines de conserve, de cuir et de textile semble n’avoir fait ni chaud ni froid aux responsables territoriaux et élus qui se sont succédé dans la gestion de la chose publique au cours des trois dernières décennies. Une main d’œuvre permanente et saisonnière qui se compte par milliers s’est retrouvée dans la rue après plusieurs années d’activité dans lesdites structures industrielles transformées en vestiges.
« J’ai commencé le travail dans cette conserverie en 1996 exactement. Les choses allaient bien jusqu’au milieu des années 80. La matière première s’est raréfiée et le coût de production avait spectaculairement augmenté. La société a fini par déclarer faillite en 1992 et les ouvriers se sont retrouvés sans travail ni indemnités. Je suis toujours là dans ces locaux menaçant ruine, attendant le règlement de mes 25 ans de salaire sans voir le bout du tunnel», nous a déclaré avec beaucoup de regret un ex-ouvrier dans une ancienne conserverie à Essaouira.
Contre vents et marées, deux ou trois conserveries luttent pour continuer ou reprendre leurs activités, à l’instar de ce groupe présent dans  le secteur (minoterie, huileries, tanneries) et qui connaît quelques ennuis. Le coup est dur à encaisser pour une région où la pression sociale se fait de plus en plus forte.
La société à l’arrêt traîne toujours le pas un an après que les différentes parties ont déclaré la résolution des dossiers juridique, technique et social. L’accord conclu le 18 avril 2016 prévoit, à cet effet, la reprise des activités de l’usine, le versement de la totalité des arriérés des salaires des 17 techniciens à compter du mois de septembre 2012, et l’intégration en priorité des centaines de femmes saisonnières dans la chaîne de production au bout d’un mois.
Des sources syndicales imputent l’entière responsabilité au patron de l’usine qui refuse toujours de démarrer sous d’interminables prétextes. Une réunion était prévue à cet effet le lundi 11 septembre 2017 pour trancher sur la stratégie à adopter afin de débloquer la situation.
Ce dossier témoigne des souffrances de centaines de femmes saisonnières ainsi que des dizaines de techniciens frappés de plein fouet par la dégradation de leur situation sociale et financière suite à l’arrêt des activités des usines de la zone industrielle.
Du côté du conseil municipal, un projet de création d’une nouvelle zone industrielle est en stand-by depuis plusieurs années faute de foncier. Une demande d’acquisition de plusieurs centaines d’hectares du domaine forestier, toujours sans suite, a été adressée au haut-Commissariat aux eaux et  forêts, visiblement non satisfait du mode de gestion des terrains cédés aux ex-conseils élus précédemment.
« Plusieurs facteurs bloquent toujours la redynamisation de l’activité industrielle à Essaouira, à commencer par le foncier, la matière première et le coût du transport. La création d’une zone industrielle dans les normes s’impose avec un accompagnement à moyen terme des investisseurs en vue de pérenniser les futures structures qui vont sûrement donner un nouveau souffle à l’économie dégradée de la ville », a suggéré un membre du Conseil communal.
Apparemment, ce dossier de grande importance et sensibilité sociale et économique ne semble pas faire la priorité de nos responsables centraux, régionaux et locaux. Sachant qu’Essaouira n’est que le reflet de la situation qui prévaut dans d’autres régions à l’instar de Safi et El Hoceima notamment.







Abdelali Khallad
Mardi 12 Septembre 2017

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