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La wilaya se substitue à la mairie et lance une nouvelle enquête sur le transport : Le déplacement de compétences à Casablanca




La wilaya se substitue à la mairie et lance une nouvelle enquête sur le transport :  Le déplacement de compétences à Casablanca
Un plan de déplacement urbain (PDU) et une enquête sur le déplacement des Casablancais en moins de quatre ans, cela fait beaucoup. Ceci d’autant plus que le PDU est censé avoir étudié cette problématique sous ses différentes facettes avant de déterminer jusqu’à l’horizon 2030, un ensemble d’actions permettant d’accroître l’offre des transports collectifs, de répartir le réseau entre concessionnaires et M’Dina bus, de réorganiser et de définir le rôle des taxis, de mettre en œuvre une politique de maîtrise des déplacements, d’améliorer la gestion des feux et, enfin, de créer une autorité régionale des transports.
Réalisé en 2007, le PDU n’a-t-il pas atteint ses objectifs ? A en juger par le lancement en catimini de leur actuelle enquête censée sonder les besoins des Casablancais en déplacements urbains, les autorités locales semblent le croire. A preuve, cette étude initiée par l’autorité chargée de la circulation et du roulage  est présidée par le wali en personne.  Elle a pour objectif de dresser un état des lieux des parcours des lignes de transport en commun (TC) desservant les quatre coins de la capitale économique  en prévision d’une réorganisation de la carte de déplacement au sein de la ville.
Selon certaines sources, il s’agit donc d’une mise à jour des informations et des données concernant cette problématique afin d’accompagner l’élaboration du nouveau schéma directeur de la ville.
L’explosion démographique,  la hausse du parc automobile privé, le développement urbain, l’intégration des périphériques, le transport scolaire,  entre autres, sont autant de problèmes auxquels doivent faire face les autorités de la ville et y trouver des solutions.
Pourtant certaines questions demeurent pendantes: qui a pris cette décision ? Comment a-t-elle été prise et dans quel cadre ? Quel sera le champ d’application de cette enquête, sa durée, et selon quels modes les informations  seront-elles  collectées ?
Contactés par nos soins, les chargés de communication de la wilaya sont  restés aux abonnés absents.
Une affaire d’autant plus étrange que les élus de la ville ne semblent pas avoir été informés des intentions de l’autorité locale et que la commission de gestion des services publics relevant du Conseil de la ville habilitée à lancer ce genre d’enquête, a été maintenue dans l’ignorance par les services de la wilaya.   
Pour Abdelghani El Marhani, membre de cette commission, l’action des autorités locales traduit la faiblesse des instances élues et  les édiles de la ville ont été encore une fois exclus de la prise de décisions qui concernent leur ville. « Alors que ce sont eux qui auraient dû être les premiers consultés car ils sont mieux informés des attentes des Casablancais », nous a-t-il confié.
Pourtant, notre interlocuteur estime que ladite commission n’a pas eu son mot à dire puisqu’elle est née handicapée et que ses membres se sont réunis une seule fois depuis sa création. « Je crois que cela peut donner une idée sur la gestion d’une grande ville comme Casablanca », nous a-t-il déclaré.    
Mais à quoi sert une nouvelle enquête ? Et qu’en est-il du PDU réalisé par la région du Grand Casablanca en 2007 au prix de 24 millions de DH ?
Pour certains spécialistes, le constat est sans appel. Seul 10% de ses recommandations ont été appliquées, faute de moyens financiers.
Aujourd’hui encore, la capitale économique manque d’une autorité de régulation du transport régie par un texte de loi, disposant d’un budget indépendant et dirigée de manière autonome.
Elle souffre encore de la multiplicité des intervenants dans la gestion des déplacements et des différents modes de transport urbain (wilaya, commune, ONCF), de l’impossibilité d’intégration tarifaire et de l’absence totale de régulation.
Les mesures de restructuration physique du réseau ne sont pas encore effectives. Même chose en ce qui concerne la signalétique du réseau, les couloirs réservés aux bus et les investissements à réaliser dans le parc des TC.
La mise en œuvre d’une politique de transport de masse lourde (métro, tramway, RER) ne semble non plus résoudre le problème des déplacements de près de 5 millions de citadins.
La ville blanche enregistre chaque jour le mouvement de 1,8 million de personnes et la nouvelle ligne de tram est censée transporter seulement 250.000 personnes par jour, soit 10%.
La nouvelle enquête va-t-elle changer grand chose ? Absolument pas puisque la problématique du déplacement urbain dans la ville blanche nécessite d’abord de trouver les financements idoines. La métropole manque de recettes commerciales permettant de couvrir une  partie des coûts de fonctionnement.
Les budgets locaux ne permettent pas dans l’état actuel des choses de financer les investissements prévus. Les budgets  alloués aux TC sont en deçà des normes internationales et avec un budget de 45 milliards de DH et un excédent de 150 millions de DH, la ville ne peut rien faire. 

Hassan Bentaleb
Mercredi 30 Mars 2011

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