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La ville qui compte 405.000 habitants ne dispose que d’un CHP qui laisse à désirer : La santé se porte mal à Essaouira




La ville qui compte 405.000 habitants ne dispose que d’un CHP qui laisse à désirer : La santé se porte mal à Essaouira
Le secteur de la santé publique dans la province d’Essaouira ne cesse de faire des victimes et des mécontents parmi les patients et leurs familles. Les réclamations continuent et c’est toujours la vie des malades qui est en jeu.
La semaine dernière, un citoyen est venu voir « Libé » pour se plaindre du calvaire psychologique qu’il venait de subir au service des urgences du CHP Sidi Mohammed Ben Abdellah.
«C’était dix heures, j’ai accompagné ma belle-sœur qui souffrait d’un malaise respiratoire au service des urgences du CHP archiplein de patients qui attendaient leur tour. Le médecin était sorti sans préavis  laissant tout ce monde en proie aux douleurs, subissant le pouvoir autoritaire et humiliant de certains infirmiers visiblement lassés par les complaintes des citoyens. J’ai contacté le surveillant général qui s’est lui-même assuré de l’absence du médecin urgentiste revenu après un bon moment», a déclaré le citoyen en avouant avoir subi la colère du médecin qui a remis à la patiente une ordonnance sans aucun contrôle médical.
Cette réclamation n’est pas la seule et ne sera pas la dernière certainement. Un mois auparavant, un jeune diabétique manifestait les symptômes d’un déséquilibre glycémique assez dangereux. La scène était on ne peut plus dramatique au service des urgences. Ce dernier ne disposait pas d’appareil pour mesurer la glycémie du patient qui allait passer trois  jours au bloc «médecine homme» sans sérum avec 5 grammes de glycémie ! Le quatrième jour, son état a empiré, ses reins allaient lâcher. Il avait commencé à manifester certains signes de déséquilibre mental et psychologique qui ont poussé sa famille à le transporter vers les hôpitaux de la capitale qui l’ont sauvé in extremis.
Des cas pareils sont fréquents, des malades hospitalisés dans les meilleurs cas qui ne sollicitent aucune attention sur la gravité de leur état. Ils passent des nuits allongés sur des lits attendant un soin qui arrive tardivement ou n’arrive jamais, car ils finissent souvent, contre leur gré, par aller au privé. Sinon, faute de moyens financiers, ils n’auront pas de quoi se faire soigner.
Le cas de la victime d’Ait Daoud confirme cette malheureuse réalité que personne ne pourra nier un jour. Une femme enceinte  venue, sur avis de son médecin traitant, d’un douar situé dans l’une des régions les plus retirées de la province d’Essaouira. Elle a passé trois jours étendue au service maternité sans intervention du staff médical. Lassée et désespérée, elle décide le quatrième jour de regagner son foyer. Quelques heures après son retour à Ait Daoud, les douleurs la reprennent, elle perd son enfant au centre sanitaire de la région, et meurt une demi-heure après des suites d’une hémorragie. Son mari a porté plainte contre le gynécologue qu’il tient pour responsable de la mort de son épouse. Lors d’un dernier contact avec «Libé», l’époux était scandalisé par l’absence répétitive du gynécologue qui n’a jamais répondu aux convocations de la Cour.
«A chaque fois, on avance qu’il n’a pas reçu de convocation et on reporte le procès. Pourtant, il s’agit d’une personne dont toute la ville connaît l’adresse personnelle et professionnelle. Mais je ne perds jamais patience et je continuerai à réclamer justice»,  affirme le mari endeuillé.
Essaouira qui compte 405.000 habitants dont la plupart sont issus du monde rural, ne dispose que d’un CHP dont les moyens humains et logistiques laissent à désirer. Le comble, c’est qu’elle ne dispose toujours pas d’un délégué depuis le départ de l’ex-responsable muté à Kelaat des Sraghna. Cette fonction est toujours assurée par un médecin presque débutant.
On ne parlera jamais assez des manquements à leur devoir de certains médecins et infirmiers même s’il y a cette lueur d’espoir illustrée par un bon nombre de blouses blanches intègres et dignes de leur profession.
«Si vous ne trouvez pas de médecin au CHP, il est sûrement dans la clinique privée voisine. On vous donne le choix entre un rendez-vous après plusieurs mois, ou une intervention payante assurée dans une clinique privée par le même médecin du CHP», nous a déclaré un chauffeur de taxi dont le collègue vient de faire les frais de ce constat scandaleux.
L’accès aux services sanitaires dans le public devient un luxe à Essaouira dont les services de base font grandement défaut.
 La santé se porte mal, même très mal à Mogador.

A.K
Lundi 13 Février 2012

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