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La trêve menacée par une escalade des violences près d'Alep


30.000 personnes fuient les combats dans le nord en Syrie



Les forces gouvernementales syriennes se battaient vendredi dans la province septentrionale d'Alep à la fois contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) et ceux du Front al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.
 Les affrontements menacent le fragile cessez-le-feu instauré il y a sept semaines sous les auspices des Etats-Unis et la Russie et surviennent alors que des pourparlers parrainés par l'ONU ont lieu à Genève en vue d'un règlement politique pour mettre fin à une guerre qui a fait plus de 270.000 morts en cinq ans.
 "Des combats font rage entre armée et milices prorégime d'une part et l'EI de l'autre à Khanasser, dans l'est de la province" et au sud de la ville d'Alep", a indiqué l'OSDH.
 Dans le même temps, l'armée et ses supplétifs fidèles au président Bachar al-Assad affrontent le Front al-Nosra allié à des groupes rebelles sur les collines de Handarat, un secteur stratégique à quelques km au nord d'Alep qui longe la route d'approvisionnement des rebelles, précise l'OSDH.
L'armée de l'air syrienne a mené plusieurs frappes contre les positions d'Al-Nosra et des rebelles, qui ont riposté par des bombardements tuant six miliciens prorégime, selon la même source.
 Les combats ont fait au cours des dernières 24 heures, 14 morts dans les rangs des prorégime et 20 parmi les combattants du Front al-Nosra et des rebelles, a indiqué l'OSDH.
 Ils suscitent les "vives inquiétudes" de Washington concernant une offensive du régime syrien "près d'Alep" avec le soutien de la Russie, a indiqué jeudi un responsable américain à l'AFP.
 Selon l'Observatoire, le régime, l'EI, le Front al-Nosra et les rebelles lancent des attaques et des contre-attaques dans différents secteurs autour d'Alep.
 "Alep est la clé de la guerre et la paix en Syrie. Chaque partie impliquée dans la guerre a un intérêt dans Alep", note le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.
 La guerre en Syrie, déclenchée en 2011 par la répression sanglante de manifestations pacifiques réclamant davantage de démocratie, s'est transformée en conflit complexe impliquant une multitude d'acteurs, syriens et étrangers. Elle a fait plus de 270.000 morts et déplacé au moins la moitié de la population.
 Y sont notamment impliqués des combattants chiites du Hezbollah libanais, d'Irak et d'Afghanistan ainsi que des forces d'élite iraniennes outre des jihadistes sunnites de l'EI et d'Al-Qaïda, dont un bon nombre d'étrangers, et une palette de mouvements rebelles islamistes et modérés.
Par ailleurs, les Etats-Unis ont exprimé leurs "vives inquiétudes" concernant une offensive du régime syrien "près d'Alep" (nord) avec le soutien de la Russie, qui pourrait constituer une violation du cessez-le-feu en place, a indiqué jeudi un responsable américain.
Sur un autre registre, au moins 30.000 personnes ont fui les combats opposant les jihadistes aux rebelles dans le nord de la Syrie au cours des dernières 48H, a affirmé l'organisation Human Rights Watch appelant la Turquie à leur ouvrir sa frontière.
 L'ONG a accusé les gardes frontière turcs de tirer sur des déplacés qui s'approchaient de la frontière, fuyant les violents affrontements opposant dans la province d'Alep les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) aux groupes rebelles.
 "Alors que les civils fuient les combattants de l'EI, la Turquie répond par des tirs à balles réelles au lieu de ressentir de la compassion", déplore Gerry Simpson, chercheur à HRW.
 "Le monde entier parle de combattre l'EI. Or, ceux qui sont les plus susceptibles de devenir les victimes de ses abus atroces sont pris au piège du mauvais côté d'un mur de ciment", a-t-il ajouté.
 HRW souligne que de nombreuses personnes parmi celles qui fuyaient les combats étaient déjà installées dans des camps de tentes établis le long de la frontière, et se dirigeaient désormais vers d'autres camps ou localités proches, même si le danger y était aussi présent.

Libé
Samedi 16 Avril 2016

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