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La trêve généralement respectée en Syrie

L'ONU livre de l'aide humanitaire




La trêve généralement respectée en Syrie
Les équipes de l'ONU ont livré lundi de l'aide à l'une des villes assiégées de Syrie, pour la première fois depuis le début de la trêve entre régime et rebelles, généralement respectée malgré quelques accusations de violation.
"Jusqu'à maintenant, je peux vous dire que la cessation des hostilités tient, même si nous avons observé quelques incidents", a déclaré le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à la presse à Genève.
Le groupe de travail international (task force) chargé de surveiller l'application du cessez-le-feu s'est réuni dans la journée à Genève pour évaluer la situation.
Mettant à profit cette trêve sans précédent, qui exclut les groupes jihadistes, l'ONU a annoncé qu'elle allait porter assistance dans les prochains jours à 154.000 personnes vivant dans des localités assiégées par les divers belligérants.
Selon le Croissant-Rouge syrien, un convoi chargé de produits de nettoyage, de savons et de couvertures fournis par l'ONU est entré à Mouadamiyat al-Cham, ville rebelle située au sud-ouest de Damas et encerclée par l'armée.
L'ONU avait déjà envoyé des aides à deux reprises vers Mouadamiyat al-Cham en février, ainsi que vers d'autres localités assiégées.
"Plus de 450.000 personnes sont prises au piège dans des villes et villages de Syrie, et parfois depuis des années", a déclaré le haut commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al-Hussein.
"La nourriture, les médicaments et d'autres produits d'aide d'urgence sont bloqués de façon répétée. Des milliers de personnes risquent de mourir de faim", selon lui.
Des bombardements et des tirs limités ont été signalés lundi malgré l'accord de cessation des hostilités, qui concerne les zones de combat entre le régime et les rebelles. Ces derniers sont marginalisés par la montée en puissance des jihadistes du groupe Etat islamique (EI) et du Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda.
Les jihadistes, qui contrôlent plus de la moitié du territoire syrien, ne sont pas inclus dans l'accord de trêve initié par les Russes, qui appuient le régime, et par les Américains, qui soutiennent les rebelles du régime, de la Russie ou de la coalition internationale dirigée par Washington.
Mais l'application de la trêve est compliquée par le fait qu'Al-Nosra est allié avec des groupes rebelles dans plusieurs régions.
Selon une ONG, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), des rebelles ont tiré des roquettes sur la partie tenue par le gouvernement de la ville d'Alep (nord), et des avions russes ont bombardé le sud de Hama (centre) où les rebelles sont majoritaires.
Moscou a fait état de sept violations du cessez-le-feu. Mais le cessez-le-feu "est dans l'ensemble observé sur le territoire syrien", a déclaré le responsable du Centre russe pour la réconciliation des belligérants en Syrie.
L'opposition syrienne a fait état de quatre violations.
Sur le plan militaire, de hauts responsables du Pentagone ont discuté lundi par vidéoconférence avec leurs homologues du ministère russe de la Défense de la sécurité des opérations aériennes des deux grandes puissances au-dessus de la Syrie, a indiqué le Pentagone.
Ces discussions ont lieu depuis que les Etats-Unis et la Russie ont décidé en octobre dernier d'échanger régulièrement des informations sur leurs vols dans le ciel syrien, afin d'éviter toute collision ou tout incident armé entre leurs appareils.
Par ailleurs, le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, a déclaré que les Etats-Unis utilisent "des outils informatiques" dans leur lutte contre l'EI en Irak et en Syrie.
Il s'agit "d'affaiblir la capacité du groupe Etat islamique à opérer et à communiquer sur le champ de bataille virtuel", a dit M. Carter à la presse.
La trêve, si elle tient, devrait ouvrir la voie à une relance des discussions intersyriennes, annoncée par l'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura pour le 7 mars à Genève.
Dans les grandes villes syriennes, les habitants ont recommencé depuis le début de la trêve à mener une vie plus normale.
Et les "casques blancs", la défense civile des régions rebelles, profitent eux aussi de ce moment de répit.
"Depuis deux jours, nous n'avons vu arriver aucun blessé par balle, aucune victime d'un bombardement, nous n'avons reçu que des malades 'normaux'", a déclaré Hamza al-Khatib, directeur d'un hôpital à Soukkari, quartier rebelle du sud d'Alep.
Déclenché en mars 2011 par la répression de manifestations pacifiques réclamant des réformes, le conflit a dégénéré en une guerre civile qui a fait plus de 270.000 morts et des millions de réfugiés et de personnes déplacées.

Mercredi 2 Mars 2016

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