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La succession de Mohamed Abdelaziz suscite des remous au Polisario


Des séparatistes provoquent les militaires marocains stationnés près du mur de séparation



Réunis, la semaine dernière, à Bir Lahlou  pour désigner le successeur de Mohamed Abdelaziz, les membres du prétendu secrétariat national du Polisario ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur le nom d'une personnalité à soumettre à l’approbation du prochain congrès. Si aucun compromis n’est trouvé, d’ici là, le Mauritanien Khatri Addouh  dirigera le mouvement séparatiste jusqu’à l’élection d’un nouveau secrétaire général.
Cette mésentente qui n’augure rien de bon fait peser des doutes sur la tenue, à temps, du prochain congrès extraordinaire du Polisario prévu pour le mois prochain. Ce congrès est qualifié par la plupart des observateurs de  mascarade inutile car le prochain secrétaire général sera nommé par les généraux algériens comme ce fut le cas   en 1976 où ces mêmes généraux avaient imposé Mohamed Abdelaziz à la tête du mouvement séparatiste. 
L’unité de façade affichée par les membres de la direction devant la presse et les rares délégations étrangères venues présenter leurs condoléances, n’a pas tenu longtemps avant de céder à des tiraillements, voire des prises de gueule entre eux, une fois réunis à huis clos.
 Même si les divergences entre les caids  polisariens étaient prévisibles, nul ne pouvait prévoir l’intensité avec laquelle elles ont éclaté publiquement,  quelques heures à peine après l’enterrement de Mohamed Abdelaziz, indique une source des camps. Et d’ajouter :«Avec une direction composée de Sahraouis algériens (Bouhali, Khadija Hamdi et Bachir Ould Sgheir), de Sahraouis mauritaniens (Mohamed Khaddad et Khatri Addouh) et de Sahraouis marocains (entre autres Abdelkader Taleb Oumar et Bachir Mustapha Sayed), le compromis paraît difficile à trouver, chacune de ces composantes voulant avoir le dernier mot.
Dans ce contexte de guerre de succession, le congrès extraordinaire ne semble pas près de se tenir. Dans les camps de Tindouf, les populations semblent avoir pris conscience de cette réalité, à la satisfaction de Khatri Addouh, secrétaire général par intérim dont le passage à la tête du Polisario pourrait être bien plus long que prévu. Ce qui donne raison à Bachir Dkhil, membre fondateur du mouvement du Polisario ayant rallié le Maroc qui avait déclaré que «la crise se poursuivra au-delà  des 40 jours prévus pour la désignation du successeur de Mohamed Abdelaziz».
A signaler également que Khatt Achahid, mouvement dissident du Polisario, avait, dès l’annonce de la mort de Mohamed Abdelaziz, invité la direction du Polisario à un dialogue national mettant fin à la situation déplorable des habitants des camps et à quarante années de dictature et de terreur. 
Le mouvement qui se veut réformiste a, dans un communiqué publié au courant de la semaine dernière, indiqué que le congrès extraordinaire "imposé par la situation de vacance au sein du secrétariat du Front" constitue l’occasion propice  pour «l'ouverture d'un dialogue national  qui permettrait de remédier à cette situation déplorable». 
Dans un précédent communiqué dont Libé détient copie, le mouvement dissident avait déclaré que 40 années d’exercice du pouvoir par Mohamed Abdelaziz n’avaient apporté aucun changement à la situation des Sahraouis des camps qui continuent d’attendre sans savoir quoi.  
Le communiqué a ajouté que Hmettou Khalili, sobriquet de Mohamed Abdelaziz qui a érigé un Emirat dans les environs de Tindouf où lui et les siens s’arrogeaient tous les droits, avait consolidé son règne sans partage et sa politique refusant tout dialogue ou organisation d’élections libres, à même de mettre fin à la gabegie qui continue de gangrener toutes les instances du Polisario. 
Khatt Achahid souhaite que l’ère Mohamed Abdelaziz soit tournée et que les dirigeants algériens permettent aux Sahraouis d’organiser des élections libres, loin de la mainmise des membres de la DRS et autres généraux qui ont imposé leur valet à la tête du Polisario depuis 1976. 
Le mouvement Khatt Achahid décidera de sa participation au prochain congrès ou de son boycott selon le sérieux et la liberté de décision dont fera preuve le comité préparatoire de ce congrès, ajoute-t-on de même source.
 A signaler, par ailleurs, que des informations en provenance des positions militaires marocaines près  du mur de protection, font état de provocations de la part d’éléments du Polisario, à travers des jets de pierre. C’est habillés en civil  que ces provocateurs se sont attaqués aux militaires marocains qui sont restés de marbre sans la moindre réaction.
Ces provocations dont nul ne connaît les raisons ont été lancées quelques jours à peine après l’enterrement à Bir Lahlou, dans la zone tampon, de Mohamed Abdelaziz et au moment où le Maroc est en négociations avec l’ONU pour le retour des membres de la MINURSO, conformément à la résolution 2285.
 



Ahmadou El-Katab
Lundi 13 Juin 2016

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