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La santé souffre d’un manque d’efficience

Un bilan des plus sombres dressé par le CESE




La santé souffre d’un manque d’efficience
Notre système de santé va encore mal. La radiographie du secteur faite hier par le Conseil économique, social et environnemental est très sombre. Un secteur public prédominant, hiérarchisé et cloisonné, une pénurie en personnel soignant et de grandes disparités dans sa répartition, des prix des médicaments anormalement élevés, un système de stockage et de distribution des médicaments inefficaces et la liste est longue. Un état des lieux qui met à néant le bilan d’El Houssaine Louardi, actuel ministre de la Santé, qui n’a pas cessé depuis son investiture de multiplier les effets d’annonce afférents à la mise en place d’une nouvelle politique de santé. Mais deux ans après la formation du gouvernement Benkirane, rien ne semble  changer.
Selon le rapport du CESE, l’accès aux établissements de soins de santé de base demeure excessivement difficile pour près de 24% de la population, du point de vue géographique, une situation aggravée par des problèmes de transport et de dysfonctionnements au niveau du système d’évacuation sanitaire.  Le financement des soins repose encore majoritairement sur le paiement direct par les ménages. La part des dépenses de santé directement prise en charge par les ménages s’élève à 53,6% soit 802 DH par an et par personne en moyenne. Près de 48,6% de ce budget est consacré à l’achat de médicaments. Les dépenses relatives aux cabinets et cliniques privés comptent pour 38,7% de ce montant.
Le ratio du nombre de médecins pour 10.000 habitants est à peine de 6,2 et ne satisfait pas aux normes de l’OMS. Le nombre de personnel paramédical formé aux soins liés à l’accouchement est inférieur à 2,28 pour 1.000 habitants, seuil critique selon l’OMS.
Le volet médicament pose également problème. Les modalités de fixation des prix des médicaments sont obsolètes et contribuent au renchérissement de ces derniers. Les marges de distribution sont également élevées et ne sont pas dégressives.
Ne s’agit-il pas d’une réalité largement connue ? Le rapport du CESE n’est-il pas un avis de plus ? « Non », a répondu Hakima Himich, membre du CESE, lors d’une conférence de presse organisée hier à Rabat. « Il s’agit d’un véritable rapport qui a demandé l’audition de 35 institutions et 5 réunions qui ont connu la participation des syndicats, du patronat, des membres de la société civile et des experts. Il s’agit plutôt d’une étude scientifique exhaustive», souligne-t-elle. Même son de cloche de la part du président du CESE qui a jugé normal que le rapport de son institution ne soit pas différent du diagnostic fait auparavant par d’autres institutions. D’après lui, il s’agit d’un rapport complet basé sur un travail de terrain.  
Que propose donc le CESE ? Il recommande d’élaborer une politique nationale de santé ciblant en priorité les régions défavorisées, le monde rural et les populations pauvres ou vulnérables.
Il propose également de décliner une stratégie sectorielle de partenariat public-privé et la mise en place d’une politique intersectorielle de prévention  en tenant compte de la transversalité de la prévention des maladies non transmissibles.

Hassan Bentaleb
Mardi 10 Décembre 2013

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