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La rentrée politique et sociale se fera sous haute tension

Bras de fer annoncé entre le gouvernement Benkirane, l’opposition et les syndicats




La rentrée politique et sociale se fera sous haute tension
Une rentrée politique et sociale sous haute surveillance. Après la traditionnelle trêve estivale, les prochaines semaines s’annoncent mouvementées  pour le gouvernement Benkirane qui fait  sa rentrée. 
Opposition et centrales syndicales ont elles déjà fait leur rentrée. Et cette dernière s’est faite sous le signe de la mobilisation contre les réformes annoncées par l’Exécutif. « Pas question de laisser passer des projets élaborés avec précipitation et surtout dans une logique électoraliste », fait-on savoir du côté de l’Union socialiste des forces populaires et de son bras syndical la FDT. 
Dans les états-majors de l’opposition, on  est sur les starting block. On affûte les armes. La bataille se fera argument contre argument, coup contre coup. « Que le chef du gouvernement se le dise. On ne laissera rien passer. M. Benkirane devra  mieux contrôler sa logorrhée et ses dérapages verbaux. Pas sûr qu’il soit vainqueur sur le front du populisme de mauvais aloi. On y veillera », prévient ce membre fondateur du Parti authenticité et modernité.
Dans les cénacles de l’Exécutif, on se prépare déjà aux mauvais jours. Les ministres et leur majorité savent que des dossiers chauds risquent d’être porteurs de perturbations. Arsenal  électoral, réforme de la Caisse des retraites, dialogue social, projet de loi portant sur les banques islamiques : les relations entre le gouvernement, l’opposition et les partenaires sociaux s’annoncent particulièrement  difficiles. 
 
Caisse des retraites et retour à la table des négociations
 
Un bras de fer se profile déjà à l’horizon entre le gouvernement Benkirane et les centrales syndicales. Les raisons d’une colère à peine contenue concernent le dossier épineux de la Caisse des retraites.  L’UMT a fait savoir tout le mal que ce syndicat pensait de « la méthode Benkirane » pour appréhender une telle réforme. L’un des tout premiers désaccords réside dans la saisine par l’Exécutif du Conseil économique, social et environnemental alors que les pourparlers sur la Caisse des retraites étaient toujours en cours avec les principales centrales du pays. Le patron de l’UMT veut justement, lui, retourner à la table des négociations. L’institution que préside l’Istiqlalien Nizar Baraka  suivra-t-elle Moukharik, le SG du syndicat mécontent en émettant une recommandation appelant à la reprise des négociations entre centrales et gouvernement ?
Autre bras de fer qui s’annonce entre  opposition et majorité, les prochaines élections communales et l’avant-projet de loi sur les communes. La proposition d’abrogation de l’article 28 selon lequel un président de conseil communal devait au moins être détenteur d’un certificat d’études primaires a provoqué les foudres de plusieurs partis de l’opposition. « L’abrogation  de cet article permettra donc aux notables analphabètes de présider aux destinées d’une commune. L’élargissement du champ démocratique est ici un mauvais prétexte qui réveillera les vieux démons et signera le retour des mauvaises pratiques que nous avons combattues », s’insurge cet élu du parti de la Rose.
 
La tutelle pesante de l’Intérieur sur les communes
 
Autre article  de l’avant-projet de loi  fortement contesté, celui qui permet de faire démissionner le président de la commune si les deux tiers des membres du conseil approuvent cette décision. « Il s’agit de l’article 18  et il risque de consacrer l’instabilité au sein d’un conseil démocratiquement élu. De plus, un tel article peut être instrumentalisé », prévient ce président de conseil municipal de gauche avant de tirer à boulets rouges sur l’article 9 de l’avant-projet de loi jugé comme « particulièrement paternaliste » par  l’opposition et même certains partis de la majorité comme le Mouvement populaire et le Rassemblement national des indépendants. Et pour cause, l’article en question consacre une tutelle proéminente du ministère de l’Intérieur sur la gestion des affaires des  communes.
Autre sujet phare de la rentrée, le devenir de la nouvelle mouture de la Chambre des conseillers à l’ombre de la tenue d’une session extraordinaire du Parlement. Dans le microcosme politico-syndical, certains vont jusqu’à évoquer une « mini » révision de la Constitution. Son objectif ? Introduire un amendement  portant sur la composition de la Chambre des conseillers pour élargir  la représentation des syndicats et autres Chambres professionnelles. La Constitution adoptée en 2011 limite le nombre des membres de la deuxième Chambre entre 90 et 120 conseillers. Les syndicats et les Chambres professionnelles sont, en effet, contre la dernière mouture du projet de loi organique de la deuxième Chambre, estimant qu’ils y sont sous-représentés.
Le landerneau politique est en tout cas à la manœuvre. Les commissions parlementaires ont elles déjà fait leur rentrée. Sous la Coupole, le travail a commencé. C’est la commission parlementaire des finances de la Chambre des conseillers qui s’apprête à examiner le projet de loi organique  des finances ainsi que celui relatif au partenariat entre les secteurs public et privé. 


Narjis Rerhaye
Mardi 2 Septembre 2014

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