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La relocalisation des centres d'appels refait surface en France : Les professionnels marocains de l'offshoring rassurent




Le débat sur la relocalisation des centres d'appels  qui a refait surface en  France ces derniers temps, a suscité beaucoup d'intérêt chez nous du fait que c'est un secteur qui se positionne comme l'un des plus dynamiques de l'économie marocaine en termes d'intégration et de croissance. On compte 600 call-centers employant plus de 70.000  personnes et générant plus de 8 milliards de DH. Les entreprises françaises sont les principales clientes des sociétés marocaines d'offshoring.
Libé a contacté certains responsables de ces centres d'appels. Lesquels nous ont affirmé ne pas être inquiets et ont  rassuré la communauté de leurs télévendeurs et télé-conseillers.
Younès Chraïbi, le président de l'Association marocaine des relations client (l'AMRC), a souligné, dans ce sens, qu’''aucune mesure n'a été prise pour le moment en France, mais qu'il s'agit plutôt de simples réflexions en cours au niveau du nouveau gouvernement français». Appelant les professionnels à ne pas paniquer, le président de l'AMRC a indiqué:  «Avant de s'affoler, laissons le temps au nouveau gouvernement français de découvrir les enjeux du secteur, de comprendre son modèle économique et de voir que les principaux bénéficiaires sont les acteurs français qui ont aujourd'hui impérativement besoin de l'offshore», avant d'ajouter que «cette activité  est très rentable pour les opérateurs français, et à travers laquelle, ils parviennent  à  maintenir voire développer leur cœur de métier en France, où le télé-conseil est à peine viable, et qui le sera encore moins si les autorités françaises décident de refiscaliser les heures supplémentaires comme elles l'ont annoncé ».
Pour sa part, Mohamed El Ouahdoudi, président de l’Association des centres d’appels et de services informatiques offshore au Maroc, a estimé que le souhait d’Arnaud Montebourg est irréalisable d’un point de vue économique. Selon lui, il n’y a pas de quoi s’inquiéter car le gouvernement français finira par comprendre que la relocalisation de tout un secteur économique nécessite des milliards d’euros de subventions.
Les professionnels marocains s’attendaient à de telles suggestions de la part du nouveau gouvernement  socialiste, sachant que cela avait été annoncé durant la campagne électorale. Mais, en revanche, ce qui les a surpris, c’est que ce dossier est vite devenu un sujet prioritaire pour le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, car le secteur des centres d’appels est à ce jour créateur net d’emplois en France contrairement à d’autres industries où les destructions d‘emplois sont massives.
L’un des points importants sur lesquels M. Chraïbi a mis l’accent est  que le développement de ce secteur en offshore ne s’est pas fait au détriment de l’emploi en France. Car, selon lui,  le véritable levier de développement de ce secteur est une tendance lourde d’externalisation des métiers de services, dont une part est destinée à l’offshore.
A ce propos, il a avancé qu’il existe des alternatives à ce type de mesures protectionnistes. Et « qu’il convient donc de poursuivre le modèle gagnant qu’est la colocalisation que nous avons réussi à instaurer depuis quelques années avec nos partenaires français, visant à maintenir une croissance équilibrée entre offshore et onshore».
En appelant les professionnels de ce secteur à rester vigilants et à ne pas s’inquiéter, il a souligné que « même si une mesure devait être annoncée un jour, elle serait difficilement applicable car une relocalisation ne se décrète pas par un gouvernement, quel que soit le secteur d’activité en question, et il n’y a pas de raison pour que les centres d’appels fassent exception». « Les opérateurs télécoms, ajoute-t-il, doivent, avant de vouloir contenter leur gouvernement, répondre en priorité à des impératifs économiques dictés par leurs actionnaires, impératifs encore plus contraignants dans une conjoncture difficile et la concurrence acharnée induite par l’arrivée du quatrième opérateur mobile en France».
A rappeler que l’initiative du ministre français du Redressement productif n’est pas une première du genre. En 2004, l’ancien ministre Jean-Louis Borloo, puis, en 2010, Laurent Wauquiez, l’ancien secrétaire d’Etat chargé de l’Emploi, avaient fait pareil, mais sans succès.

MOHAMMED TALEB
Mercredi 20 Juin 2012

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