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La rébellion touareg se poursuit au Nord du Mali : Les putschistes demandent l’intervention des Occidentaux




La rébellion touareg se poursuit au Nord du Mali : Les putschistes demandent l’intervention des Occidentaux
Trois Occidentaux dont un Français ont été évacués in extremis de Tombouctou, ville du nord-ouest du Mali, tombée en fin de semaine sous le contrôle de rebelles touareg et d’islamistes, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.
«Trois Occidentaux dont un Français ont été évacués ces derniers jours vers un pays voisin du Mali. Tout s’est bien passé, mais ça a été très difficile», a déclaré à l’AFP un Malien impliqué dans l’opération d’évacuation sous strict anonymat.
Une source sécuritaire sur place a confirmé l’information, en indiquant que l’opération s’est déroulée «avant-hier» mardi. «Mais pour des raisons de sécurité, permettez-moi de ne pas dire dans quel pays ces trois Occidentaux qui habitaient ici ont été évacués», a-t-elle ajouté.
Après Kidal (nord-est) le 30 mars, Gao (nord-est) le lendemain, des groupes de rebelles touareg et d’islamistes armés ont pris le contrôle de Tombouctou, qu’une poignée d’Occidentaux avaient refusé de quitter en dépit de la menace.
Si aucune source n’a souhaité donner l’identité des trois personnes évacuées, un couple de Britanniques, qui tenait une auberge dans la ville, a raconté au journal britannique Daily Telegraph avoir fui en Mauritanie, à travers le désert, avec l’aide de militaires et miliciens nomades.
«Ça a été un très long voyage (...). Nous avons traversé le désert dans trois vieux camions de l’armée, mais nous avons eu beaucoup de chance de pouvoir nous en sortir et sommes reconnaissants envers ceux qui nous ont aidés», a dit Diane English, 53 ans, qui tenait l’auberge Alafia avec Neil Whitehead, 58 ans.
Selon leur témoignage, ils ont demandé à être évacués en apprenant qu’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), un des groupes ayant pris la ville, avait mis leur tête à prix. Les autres groupes présents sont Ansar Dine (islamiste) et le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, rébellion touareg, laïque).
«Lundi, le MNLA nous a emmenés à la piste d’atterrisage de l’aérodrome de Tombouctou, où nous avons passé la nuit. A ce moment-là, Al-Qaïda était dans la ville, et nous savions que (ses hommes) étaient à notre recherche. Le MNLA leur a dit que nous étions déjà partis», a raconté Mme English.
Selon elle, le couple avait déjà essayé de fuir Tombouctou le 31 mars, mais les routes étaient bloquées par des colonnes de militaires en déroute.
Par ailleurs, le capitaine Amadou Sanogo, chef de la junte malienne, a appelé les Occidentaux à intervenir militairement dans le nord du Mali, contre les groupes islamistes armés, dans un entretien publié jeudi dans les quotidiens français Libération et le Monde.
«Si les grandes puissances ont été capables de traverser les océans pour aller lutter contre ces structures intégristes en Afghanistan, qu’est-ce qui les empêche de venir chez nous ? Notre comité veut le bien du pays. L’ennemi est connu et il n’est pas à Bamako. Si une force devait intervenir, il faudrait qu’elle le fasse dans le Nord», a déclaré le capitaine Sanogo.
«A Bamako, la vie continue, l’administration tourne, les gens vaquent à leurs affaires, notre comité est respecté. Donc il n’y a pas d’urgence à Bamako. L’urgence, c’est le Nord», a insisté le chef de la junte qui a renversé le président Amadou Toumani Touré il y a deux semaines.
Profitant du putsch de Bamako, rebelles touareg et groupes islamistes, parmi lesquels des éléments d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ont pris en fin de semaine le contrôle des trois principales villes du nord du Mali, Kidal, Gao et Tombouctou, sans rencontrer de résistance de la part d’une armée malienne sous-équipée et désorganisée, coupant de fait le pays en deux.
Parmi ses adversaires au Nord-Mali, le capitaine Sanogo a refusé de différencier le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA, indépendantiste), qui a annoncé jeudi la fin de ses opérations militaires, et les groupes islamistes.
«Pourquoi faire des distinctions entre les groupes armés ? Tant qu’ils continuent à semer la terreur, je ne les différencie pas. Pour le reste, les portes du dialogue sont ouvertes, mais on ne négociera pas l’intégrité du territoire malien», a-t-il assuré.
«La situation est critique depuis longtemps. C’est la raison pour laquelle nous avons renversé le pouvoir en place. Il y a eu des trahisons, l’armée a été abandonnée face à la rébellion touareg. Aujourd’hui, ce n’est plus une simple rébellion, ce sont des groupes islamistes qui s’installent dans le nord du pays. Et si on laisse le Mali seul avec ce problème, l’Afrique et le monde en paieront les conséquences», a souligné le capitaine.

Libé
Vendredi 6 Avril 2012

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