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La protestation contre Poutine se poursuit : Le Printemps arabe souffle sur la Russie




La protestation contre Poutine se poursuit : Le Printemps arabe souffle sur la  Russie
Plusieurs dizaines de milliers de Russes ont manifesté samedi à Moscou et des milliers d'autres dans le pays pour réclamer la fin du régime de Vladimir Poutine et la tenue de nouvelles élections législatives après le scrutin controversé du 4 décembre.
Agitant des pancartes "Les rats doivent partir" et "Voleurs, escrocs, rendez-nous nos voix", les manifestants qui ont défilé dans les rues de dizaines de villes, de Vladivostok, sur l'océan Pacifique, jusqu'à Kaliningrad, 7.400 km plus à l'ouest sur la mer Baltique, ont lancé un défi sans précédent depuis l'accession au pouvoir de Poutine, il y a douze ans. A Moscou, où les unités anti-émeutes des forces de police étaient omniprésentes mais ne sont pas intervenues, plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées place Bolotnaya, située de l'autre côté de la rivière Moskova, face au Kremlin. La mobilisation, entretenue depuis une semaine sur les réseaux sociaux, est sans précédent depuis l'éclatement de l'Union soviétique, en 1991. Les autorités l'ont chiffrée à 25.000 à Moscou, 150.000 selon les organisateurs. Même si la plupart des analystes estiment que Poutine ne court pas dans l'immédiat le risque d'être emporté par des manifestations qui s'inspireraient du "Printemps arabe", ils notent cependant que son autorité a été ébranlée ces derniers jours et qu'elle pourrait encore faiblir après son retour au Kremlin, programmé après la présidentielle de mars prochain. "Aujourd'hui, 60.000, peut-être 100.000 personnes étaient présentes au rassemblement", a lancé à la foule moscovite l'ancien Premier ministre Mikhaïl Kassianov, dont le parti n'a pas été autorisé à participer aux élections. "Aujourd'hui marque le début de la fin pour ces voleurs au pouvoir", a-t-il ajouté.
Les manifestants réclament l'annulation du scrutin de dimanche et la tenue d'une nouvelle élection, l'inscription des partis d'opposition sur les listes électorales et la libération des prisonniers politiques, a énuméré Vladimir Rijkov, responsable de l'opposition, qui a lu les revendications à haute voix. "La Russie change, l'avenir change", a-t-il lancé avant d'appeler les manifestants à redescendre dans les rues le 24 décembre. Constantin Cossatchiov, député de Russie unie, a pour sa part écarté toutes négociations avec les manifestants sur ces revendications."Avec tout le respect que je dois aux personnes qui viennent manifester, elles ne sont pas des partis politiques", a-t-il dit. Dans les deux quartiers du centre de la capitale où les regroupements étaient attendus, des dizaines de camions de la police antiémeute stationnaient en file indienne.
"C'est une première dans l'histoire de la Russie. Le peuple descend dans la rue pour demander justice pour la première fois en deux décennies, la justice électorale", confie un Moscovite de 41 ans, arborant comme de nombreux manifestants, un ruban blanc symbole de la dissidence. Selon des témoins, un millier de personnes se sont également réunies à Vladivostok, la grande cité portuaire de l'Extrême-Orient russe. Cette journée de manifestations sonne la plus forte mobilisation contre le pouvoir depuis que Vladimir Poutine a été élu à la présidence en 2000, fonction qu'il a abandonnée en 2008 pour devenir le Premier ministre de son dauphin Dmitri Medvedev. Poutine devrait, selon toute vraisemblance, retrouver son siège au Kremlin lors de la présidentielle de mars 2012.
Outre sa mainmise sur le pouvoir, les manifestants entendent dénoncer le déroulement des élections législatives de dimanche, qu'ils jugent entaché de fraudes. Le scrutin a été remporté par le parti Russie unie de Poutine, qui a toutefois fortement reculé avec 48,5% des suffrages exprimés contre 64,3% aux législatives de 2007. Les manifestants, qui ont organisé cette semaine des rassemblements sans précédent depuis des années à Moscou, jugent que seules des fraudes ont pu épargner une déroute électorale à Russie unie. Les dirigeants du parti ont démenti toute tricherie et Vladimir Poutine a accusé les Etats-Unis d'encourager et financer les opposants. Selon l'agence de presse RIA, une vingtaine de manifestants ont été arrêtés à Khabarovsk, ville de 580.000 habitants située à une trentaine de kilomètres de la frontière chinoise. D'après cette agence, une cinquantaine de manifestants se sont réunis à Khabarovsk devant le siège du gouvernement régional, certains portants du ruban adhésif sur la bouche. La police leur a demandé de quitter les lieux et, face à leur refus, a procédé à des arrestations.
A Kurgan, près de la frontière avec le Kazakhstan, quelque 400 manifestants ont été dispersés par la police, selon l'agence Interfax. A Vladivostok, où le parti Russie unie a été battu dimanche par les communistes, la police s'est contentée de surveiller la manifestation dont les participants réclamaient l'annulation du scrutin et la libération des opposants arrêtés. Les autorités ont souligné que les manifestants avaient tout à fait le droit de s'exprimer, mais seulement dans le cadre des autorisations accordées par les pouvoirs publics, qui limitent en général l'espace autorisé et le nombre de manifestants.

REUTERS
Lundi 12 Décembre 2011

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