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La population nomade au Maroc en fort recul

Estimés à 25.274 les nomades accusent un retard dans le domaine de l’éducation, selon le HCP




La population nomade au Maroc a baissé de plus de la moitié en l’espace de 10 ans. Estimée à quelque 68.540 personnes en 2004, elle ne comptait plus que 25.274 personnes au 1er septembre 2014. Ce qui représente un recul de 63%.  Le nomadisme ne représenterait ainsi qu’une part très faible de la population du Maroc, estimée à près de 34 millions d’habitants, si l’on en croit les données du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) de 2014.
Elaborés  sur la base des résultats du RGPH 2014, par le Haut-commissariat au plan (HCP), ces chiffres indiquent que 95% de la population nomade se concentrent dans quatre régions situées toutes à l’Est et au Sud du pays. En l’occurrence Draâ-Tafilalet (60,8%),  Guelmim-Oued Noun (21,0%), Laâyoune-Sakia El Hamra (6,6%) et Souss-Massa (6,3%). Au niveau des provinces, on les trouve plus à Tinghir (21.5%), Midelt (20,3%), Assa-Zag (13,8%) et Errachidia (13,8%).
Selon le Haut-commissariat au plan, le nombre de ménages nomades s’établissait à 4.044 en 2014. Ce qui correspond à une taille moyenne de 6,2 personnes contre 4,6 personnes au niveau national.
Ces données montrent aussi que la structure familiale de cette population reste dominée par les ménages de grandes tailles.
En effet, d’après le HCP, « environ 68,2% des ménages nomades sont constitués de cinq personnes et plus (dont 32,8% sont formés de huit personnes et plus), 10,6% de quatre personnes, 8,1% de trois personnes, 7,1% de deux personnes et seulement 6,1% sont formés d’une seule personne ».
L’analyse des données recueillies par le HCP indique également que près de 52% de la population nomade sont des hommes. Composée majoritairement de jeunes, elle relève aussi que 36% des personnes sont âgées de moins de 15 ans (contre 28% parmi la population totale), environ 47,5% ont moins de 20 ans et 65,5% moins de 30 ans.
Quant à la population nomade en âge d’activité (15-59 ans), elle représenterait 57% alors que celle du 3ème âge (60 ans et plus) serait estimée à 7,0%, contre 62,4% et 9,6% respectivement parmi l’ensemble de la population.  Autres enseignements relevés par le HCP : la part de la population nomade mariée âgée de 15 ans et plus a diminué de 59,5% en 2004 à 55,1% en 2014, tandis que celle des célibataires a augmenté de 35,2% à 40,8%.
En ce qui concerne l’âge moyen au premier mariage des femmes nomades, il a significativement augmenté de 23,2 ans en 2004 à 26,1 ans en 2014 contrairement à l’ensemble des femmes marocaines.
« Il en est de même pour l’âge moyen au premier mariage des hommes qui est passé de 28,7 à 30,7 ans alors qu’il est resté stable autour de 31,2 ans pour l’ensemble des hommes au niveau national durant la même période », constate le HCP.
Si le taux de célibat définitif des nomades à 55 ans a presque triplé en dix ans en passant de 1,3% en 2004 à 3,4% en 2014, il a été plus élevé, dix ans plus tard, parmi les femmes (3,7%) que parmi les hommes (3,1%), souligne le HCP.
Autres enseignements tout aussi importants, le nombre moyen d’enfants par femme nomade qui a diminué en passant de 4,3 enfants en 2004 à 4 en 2014. « Malgré cette légère baisse, cet indice est presque le double de celui observé au niveau national (2,2 enfants) en 2014 », précise l’organisme.
L’étude fait aussi ressortir un faible accès à l’enseignement chez les enfants nomades et un taux de scolarisation des enfants de 7 à 12 ans tout aussi bas. Celui-ci est estimé à 31,3%, contre 94,5% au niveau national. Il est de 39,8% parmi les garçons et seulement 23,5% parmi les filles. Le même constat est également relevé  en ce qui concerne le niveau d’éducation de la population nomade qui demeure très faible.
En effet, « 84% des nomades n’ont aucun niveau d’instruction, 2,2% ont fréquenté tout au plus le préscolaire, 9,3% le primaire, 2,7% le collège. Le secondaire et le supérieur n’ont été le fait que de 1,2% et 0,6% respectivement », précise le HCP.
Pas donc étalonnant si la population nomade est majoritairement analphabète et détient un taux d’analphabétisme très élevé de 81 ,9%, contre 32,2% au niveau national. Par ailleurs, ajoute-t-on, les femmes nomades sont plus analphabètes que les hommes (89,5% contre 74,9%).
Bien que les nomades soient en majorité analphabètes, il est important de savoir qu’ils sont plus actifs que l’ensemble de la population, leur taux d’activité frôlant les 56,8% contre 47,6% à l’échelon national et que les hommes sont nettement plus actifs que les femmes (87,7 % contre 22,5%).  D’après les données du HCP, les nomades seraient donc moins exposés au chômage que l’ensemble de la population, leur taux de chômage étant de 10,1% (16,2% au niveau national), 8,6% pour les hommes (12,4% au niveau national) et 16,7% pour les femmes (29,6% au niveau national).
Comme le précise le Haut-commissariat dans sa dernière note d’information, la population nomade est celle dont le mode de vie est caractérisé par la pratique de l’élevage et les déplacements fréquents motivés par la recherche de zones de pâturage et de points d’eau.

Alain Bouithy
Mardi 27 Septembre 2016

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