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La politique sociale de François Hollande à nouveau contestée dans la rue

Plus de 200 défilés, manifestations et rassemblements étaient prévus un peu partout en France




La politique sociale de François Hollande à nouveau contestée dans la rue
Après le revers politique, la contestation sociale: contraint mercredi d'abandonner son projet de réforme constitutionnelle, le président François Hollande et son gouvernement étaient confrontés jeudi une nouvelle fois à la contestation dans la rue sur leur projet de réforme de droit du travail.
Ce texte jugé trop libéral par les syndicats de salariés, d'étudiants et de lycéens a déjà été amendé avant son arrivée pour discussion au Parlement. Mais si les organisations réformistes ont souligné des avancées dans le bon sens, les plus déterminés continuent à exiger son retrait pur et simple et ont appelé à des grèves et des manifestations dans toute la France.
"De toute évidence, ce texte ne permettra pas les créations nécessaires d'emplois, généralisera la précarité et aggravera les inégalités professionnelles notamment envers les femmes et les jeunes", estiment ces syndicats.
 Très présents lors des précédentes journées d'action, les lycéens qui voient dans ce projet un risque de généralisation de la précarisation étaient   encore jeudi au cœur de la mobilisation.
Plusieurs dizaines de lycées étaient bloqués dans la matinée par des élèves, d'autres ont été fermés par leurs directions afin de protéger enseignants et jeunes de "débordements".
 La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a répété qu'elle "entendait les inquiétudes des jeunes" tout en défendant une "loi nécessaire et juste".
 Il n'est pas question de retirer cette réforme "intelligente, audacieuse et nécessaire", a déclaré jeudi matin le Premier ministre Manuel Valls.
 Les grèves affectent surtout les transports en commun, avec un train régional sur deux et trois rames sur quatre dans le métro parisien. Le transport aérien est également légèrement perturbé par une grève des contrôleurs.
 Côté tourisme, la Tour Eiffel est restée  fermée toute la journée du jeudi en raison du mouvement social, selon la Société d'exploitation du monument parisien.
 Plus de 200 défilés, manifestations et rassemblements étaient prévus un peu partout en France.
 "Il y aura énormément de monde (...) dans les rues, j'en suis persuadé. Tous les salariés se sentent et sont directement concernés par la loi du travail", a prédit mercredi Philippe Martinez, numéro un du principal syndicat contestataire, la CGT.
 La journée de jeudi n'est "pas un baroud d'honneur", a déclaré sur la radio Europe 1 le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly, annonçant d'autres journées d'actions. "On est rentré dans un bras de fer", a-t-il dit.
 Une journée d'action similaire, le 9 mars, avait rassemblé plus de 200.000 manifestants (450.000 selon les organisateurs) et plusieurs dizaines de milliers de jeunes et salariés avaient également manifesté le jeudi 24 mars contre le projet, dernière grande réforme du quinquennat du président socialiste.
 La réforme est censée donner plus de souplesse au marché du travail tout en sécurisant les parcours professionnels des salariés, dans un pays où le chômage culmine à 10% et où les petites et moyennes entreprises hésitent à embaucher.
Elle vise notamment à renforcer la négociation au sein même des entreprises, notamment sur l'aménagement du temps de travail, et à clarifier les règles du licenciement économique.
 Devant les protestations des syndicats de salariés, mais à la colère des organisations patronales, le gouvernement a finalement renoncé aux mesures les plus critiquées, comme le plafonnement des indemnités pour licenciement abusif.
 L'ampleur de la mobilisation ce jeudi aura valeur de test pour le gouvernement socialiste et pour le président Hollande, fragilisé par l'hostilité d'une partie des électeurs de gauche à cette réforme à 13 mois de la prochaine élection présidentielle.
 D'autant qu'elle intervient au lendemain d'un revers cuisant pour le chef de l'Etat.
 Faute de consensus politique, François Hollande a été contraint d'enterrer mercredi la réforme constitutionnelle qu'il avait annoncée après les attentats de Paris.
 Ce texte s'est fracassé sur une mesure contestée: la déchéance de nationalité pour les binationaux condamnés pour crime terroriste, que le chef de l'Etat souhaitait inscrire dans la Constitution.
 Ce revers politique, le plus grave subi par François Hollande en près de quatre ans de présidence, hypothèque encore un peu plus ses chances d'être réélu pour un second mandat. Selon un sondage Ipsos-Sopra Steria publié mercredi, François Hollande serait éliminé dès le premier tour quel que soit son adversaire de droite.

Vendredi 1 Avril 2016

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