Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

La polémique de «Jouj frank» a désormais son tube

Charafat Afilal préfère adopter un profil bas




Depuis quelques jours, la ministre déléguée chargée
de l'Eau, Charafat Afilal, est sur toutes les langues.
Certains allant jusqu’à la surnommer «la ministre à deux francs», d’autres la désignant digne successeur
de Mohamed Ouzzine, ex-ministre controversé
de la Jeunesse et des Sports. Faisant l’objet de
détournements humoristiques sur les réseaux
sociaux, la fin de son lynchage n'est donc
pas encore à l'ordre du jour. Dernier en date:
une chanson intitulée «Jouj frank» (Deux francs).
 
Invitée, il ya quelques jours, de l’émission de débat «Dayf Al oula», diffusée sur la chaîne Al Oula, Charafat Afilal avait commis un véritable écart de langage. Voulant riposter aux campagnes dénonçant les retraites des parlementaires et s’il faut mettre fin aux avantages et privilèges de ces derniers ainsi que ceux des ministres, la ministre PPS a déclaré que «le parlementaire ne touche que deux francs, le pauvre». «Le ministre dispose d’un mandat de 5 ans, mais c’est comme s’il avait travaillé 25 ans. De toute façon, c’est l’héritage laissé par le Roi Hassan II», a-t-elle souligné. Elle a même qualifié ce débat de «populiste», arguant que «réviser les retraites des politiques ne va pas résoudre les problèmes sociaux des Marocains».
La ministre a donc déclenché une levée de boucliers sur les réseaux sociaux, contraignant la militante du PPS à présenter des excuses mais sans parvenir à contenir la colère des Marocains. D’ailleurs, la fin de son lynchage sur les réseaux sociaux n'est pas encore à l'ordre du jour. Dernier en date: une chanson intitulée «Jouj frank», mise en ligne sur YouTube, samedi dernier, et qui a déjà totalisé quelques milliers de vues. «Avec Jouj frank (deux francs), ma vie changerait», ironise le jeune musicien. «Avec deux francs (Jouj frank), je m’achèterai une voiture, une maison et verrait grandir mes enfants. Rien qu’avec deux francs, je changerai ma vie», peut-on entendre dans cette chanson.
Si les caricatures se multiplient sur le web au sujet de Charafat Afilal, d'autres initiatives plus sérieuses ont, par ailleurs, été lancées au lendemain des déclarations de la ministre PPS. Plusieurs internautes ont, en effet, signé une pétition sur «ipetitions.com» et diffusée sur les réseaux sociaux dans laquelle ils appellent à annuler la retraite des parlementaires et des ministres. La requête a déjà enregistré plus de 60.000 signatures et des milliers de commentaires.  Le texte de ladite requête, rédigé par la célèbre chroniqueuse marocaine Mayssa Salami Ennaji, dont la page Facebook enregistre plus de 300.000 fans dénonce «l'austérité budgétaire» qui a mené à «la décompensation de produits alimentaires de première nécessité, du carburant et du gaz», ainsi que «la réforme de retraite et le prolongement de la durée de travail».
Le texte de la pétition, écrit en arabe sur un ton satirique et rapporté par le «Huffpostmaghreb», évoque aussi la retraite des ministres et des parlementaires et explique que plusieurs ex-ministres ayant connu des scandales médiatiques bénéficient pourtant d'une retraite. «Malgré leurs démissions, ces ministres reçoivent une retraite à vie. Parmi eux: Ouzzine, le ministre de la raclette, El Guerrouj, le ministre du chocolat», ironise la jeune chroniqueuse avant de préciser : «Nous ne sommes pas contre l'enrichissement mais nous sommes contre l'enrichissement à travers la politique, et surtout à travers des institutions comme le Parlement et le gouvernement», rapporte le «Huffpost».
Après le bad buzz de Charafat Afilal, celui de Hakima El Haite
Il faut dire que le mois de décembre ne semble visiblement pas porter chance aux ministres du gouvernement Benkirane qui ne cessent de collectionner les bourdes. Ainsi après Charafat Afilal c’était, récemment, au tour de Hakima El Haite de s’exprimer, sur le plateau de Medi1 TV, sur la charge de travail ministérielle. Quand le journaliste l’interroge au sujet des «scandales» impliquant les anciens ministres affiliés au Mouvement populaire comme Abdeladim El Guerrouj ou encore Mohamed Ouzzine, elle répond d’abord en affirmant que l’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports avait été innocenté par la commission gouvernementale. Elle déclare ensuite que la presse lui attribuerait, de manière régulière, une implication dans un «scandale». Et finit par affirmer qu’elle ne devrait pas faire l’objet de ces accusations, car elle travaille, tenez-vous bien,  «22 heures par jour».

Mehdi Ouassat
Mercredi 30 Décembre 2015

Lu 1001 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs