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La pauvreté, ennemi public à combattre




La pauvreté, ennemi public à combattre
Elle nous guette, nous inquiète, telle une lèpre ; nous tentons de l’occulter plutôt que de la combattre, elle peut être appelée mouise,  guigne, dèche ; de quelque nom qu’on l’affuble, c’est toujours la pauvreté et c’est d’elle qu’il s’agit.  Elle ne frappe pas qu’un voisin imaginaire, elle est au cœur des familles, dans nos cités et nos villages … et nous ne faisons rien, ou si peu pour l’éradiquer! Or, la pauvreté peut engendrer de la pauvreté du fait que, régie par la loi du plus fort, elle attise des comportements individualistes et laisse la part belle aux citoyens sans scrupules, ceux qui s’accommodent de la corruption et du cynisme!
Il faut la combattre avant qu’elle ne prenne définitivement racine. Ce combat est essentiel pour prospérer. Dans l’œuvre de développement que nous menons, il est nécessaire de donner à chaque individu son espace de contribution, c’est-à-dire la possibilité d’honorer ses obligations de citoyen et de créer de la valeur grâce à ses talents et son savoir-faire. Il est évident qu’un homme affaibli réduit sa contribution … quand elle ne devient pas carrément négative, ce qui est pénible, surtout pour lui. Certes, mourir de faim au Maroc reste exceptionnel sinon inexistant. Mais pour autant, nombreux sont ceux qui doivent recourir aux associations humanitaires pour leur survie au quotidien, sans compter les innombrables assistés de toutes natures grâce à l’hospitalité légendaire de nos concitoyens.
Le nombre de pauvres ne cesse de croître. Ce décompte est hélas difficile à établir. Il est même sujet à caution.  La pauvreté elle-même est difficile à appréhender. Il existe néanmoins une définition  statistique communément admise pour la mesurer.
Pour les Européens, est pauvre celui dont le revenu net est inférieur à 60 % du niveau du revenu médian d’un pays. En France, ce seuil oscille autour de 1 463 €/mois. Mais chez nous, il est extrêmement difficile voire impossible de fixer un seuil en deçà duquel on est considéré comme pauvre. Nous adoptons donc la définition religieuse du pauvre et de l’indigent.  La pauvreté n’est pas seulement une catégorie comptable. La pauvreté c’est aussi la misère affective, l’absence de perspectives d’avenir, l’insatisfaction de notre société d’hyper-consommation, l’écart abyssale entre une minorité nantie et une écrasante majorité d’insatisfaits…
Ce n’est pas du manque de ressources dont le Maroc souffre, mais de l’inégalité dans la distribution des richesses, un système d’enseignement qui ne sert qu’à faire de nouveaux pauvres, l’inégalité des chances…. Pour penser un nouveau mode de développement, un modèle qui donne  sa juste place aux aspirations humaines en veillant au respect de tout et de tous : nous devons remettre à la mode nos échelles de valeur notamment notre hospitalité et notre solidarité et par conséquent mettre de notre côté toutes les chances de réussite dans ce combat. La crise est l’occasion rêvée de remettre à plat notre société. Alors oui, définissons une nouvelle norme d’évaluation de la pauvreté, à l’instar de  l’Indice de développement humain (IDH qui intègre des notions de santé, d’éducation et de niveau de vie), qui prend en compte d’autres facteurs !
 Le Maroc s’est depuis le 18 mai 2005 doté d’un mécanisme novateur et unique en matière de lutte contre la pauvreté, à savoir l’INDH qui a fait de la lutte contre la pauvreté et la précarité sa cible et du développement humain son objectif, et qui depuis a fait ses preuves et démontré sa pertinence. Elle a permis de réduire sensiblement la pauvreté dans les zones ciblées en finançant des milliers de projets portés en majorité par des femmes et des jeunes qui sont les franges de la société les plus exposées.
 C’est une idée ambitieuse, une réalisation complexe, un coup d’essai réussi qui s’améliore au fil des années et qui s’érige en marque déposée marocaine.  Ce n’est pas seulement un programme qui vise la lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale à travers la réalisation de projets d’appui aux infrastructures de base, des projets de formation et de renforcement des capacités des citoyens ou encore de promotion d’activités génératrices de revenus et d’emploi, c’est une philosophie, une nouvelle approche de gestion sociale de la chose publique, un produit purement marocain destiné aux Marocains mis en œuvre par les Marocains dans le but d’instaurer une gouvernance participative en érigeant les associations et les coopératives comme acteurs incontournables du développement local. En somme, lutter contre la pauvreté l’exclusion et la précarité implique nécessairement de travailler sur un bouclier social et économique qui permettra d’empêcher les hommes et les femmes sains de corps et d’esprit de sombrer dans le gouffre … un bouclier conçu avec réalisme et dignité.

Par Outalha Lhassan
Jeudi 17 Janvier 2013

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