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La nouvelle : L’esprit du guérisseur des cœurs




La nouvelle : L’esprit du guérisseur des cœurs
« Et par ordre de Dieu, les croyants vont  le voir aussi ».
Le jeune homme ne fit qu’un saut pour se retrouver en tête de la foule, face à la porte du mausolée. Un silence régna pour la seconde fois. Les regards se tournèrent vers la porte dans une impatience générale. Soudain, la jeune fille surgit dans une démarche lente et hésitante. Elle regardait la foule stupéfaite. Des exclamations profondes s’élevèrent. La foule s’agenouilla docilement. 
-« Dieu est grand ! ». 
-« Dieu est tout puissant ! ».
-« Quelle beauté ! Quel charme ! ».
-« C’est quelque chose de jamais vu ! ».
Certaines personnes jetèrent un clin d’œil vers les trois hommes qui restaient debout et leur ordonnèrent de s’agenouiller. Ils furent obligés d’obéir, de peur de subir leur colère. Le jeune homme proclama haut : « Dorénavant, je suis votre serviteur jusqu’à la fin de mes jours ! ».
Les voix de la foule continuaient avec déférence :
-« Protège l’absent ! ».
-« Sois clément envers les malades ! ».
-«Soit généreux envers les déshérités.».
-«Soit violent envers les injustes  ».
La jeune fille regarda avec stupéfaction autour d’elle et demanda :
-« Où suis-je ? ».
Le jeune homme dit :-« Vous êtes descendue des cieux vers notre terre malheureuse ».
-« Qu’est-ce que je vois ? ».
-« De bonnes gens que le miracle a fini d’unir après que le quotidien les a désunis ».
-« Je sens le vertige » 
-« C’est le vertige qu’attrapent ceux qui compatissent avec nous.»
-« Ils ont failli m’étouffer ! ».
-« Malheur aux malfaiteurs là où ils se trouvent, là où ils se sont trouvés ! »
-« Ils m’ont enlevé les bijoux sans pitié ! ».
-« Vos bijoux appartiennent aux bons et non aux agresseurs  » !
-« Je veux les bijoux  » !
-« Que chaque croyant trouve en vous son bijou le plus  précieux !» 
Les trois hommes profitèrent de l’inattention de la foule et se mirent à reculer, dans l’intention de s’enfuir. Mais la jeune fille aperçut le conservateur du mausolée et le saint. Elle pointa le doigt vers eux et cria :
-« Les criminels ! ».
On se jeta sur les deux hommes et leur demanda de s’agenouiller au pied de la jeune fille. Elle leur demanda :-« Où sont les bijoux ? » 
Les deux hommes se turent. Une voix de la foule cria :
-« L’Esprit que Dieu le bénisse parle de bijoux ! »
-« C’est vrai ! »
Le policier dit :-« L’Esprit parle un langage que les humains ne comprennent pas.»
-« Il parle de bijoux réels.»
Le policier reprend :-« Prenez garde ! N’expliquez pas les paroles de l’Esprit selon vos goûts ! »
-« Frappez-les jusqu’à ce qu’ils avouent ! »
Le saint dit en tremblotant :-« Nous sommes des gens de parole ! »
Le serviteur dit :-« Fouillez-nous si vous voulez ! »
Des voix dans la foule lancèrent pour autant :-« Frappez-les jusqu’à ce qu’ils avouent ! »
Une pluie de coups s’abattit sur eux, ce qui fit s’écrier le serviteur :-« Les bijoux se trouvent chez le policier.»
La foule, en colère, se tourna vers le policier. Celui-ci se leva en marmottant :
-« Je les ai surpris en train de se les partager, et je les ai saisis au nom de la loi.»
Sans hésitation aucune, le policier déposa  les bijoux au milieu de la cour, face au mausolée, sous une vague de cris d’allégresse et de prières. 
Le jeune s’exclama :-« Maintenant, l’heure de vérité a sonné»
Les voix se taisaient peu à peu jusqu’à ce que le silence régnât Et le jeune homme de reprendre :-« L’Esprit avait décidé d’offrir quelques bijoux aux pauvres, mais les scélérats les lui ont volés. Les voilà qui reviennent à leurs propriétaires».
-« Dieu est grand !»
-« C’est le message que le guérisseur des cœurs vous adresse»
-« Dieu est grand ! Dieu est grand !»
-« Puisse Dieu vous bénir ô guérisseur des cœurs !»
-« Que les bijoux soient partagés en toute équité !»
-« Puisse Dieu vous bénir ô guérisseur des cœurs !»
-« Qu’ils soient utilisés pour entreprendre de bonnes actions !»
-« Que Dieu vous bénisse ô guérisseur des cœurs !»
Soudain, un homme élégant arriva  en courant. Il regarda autour de lui stupéfait quand  son regard tomba sur les bijoux. Il se précipita sur eux comme un aliéné :-« Les bijoux volés ! »
Le jeune homme le poussa violemment au point de le culbuter. L’homme distingué s’écria :-« Ce sont mes bijoux. Ils sont minutieusement décrits sur le rapport de la police»
Les voix de la foule s’élevèrent :
-« Menteur ! »
-« Voleur ! »
-« C’est le complice des scélérats ! »
L’homme élégant dit :-« Qu’on aille au commissariat ! »
-« Va aux enfers ! »
Pendant que l’homme élégant se mordait les doigts, son regard tomba sur la jeune fille. Il l’examina tout étonné, puis il s’écria :
-« Toi ! »
Il allait se jeter sur elle quand le jeune homme le poussa tellement fort qu’il faillit s’écrouler. La foule, en colère, s’écria en une seule voix presque : «Sois poli dans tes propos, espèce d’effronté !»
-« Tu es indigne de rester en présence d’un Esprit généreux et chaste !»
L’homme distingué se demanda surpris :-« Que se passe-t-il dans le monde ?»
Il aperçut le policier et l’interpella :-« Je suis le propriétaire de ces bijoux. Conduis-nous au commissariat ! »
Le policier lui chuchota :-« Patiente. Il est inutile de défier la foule maintenant».
-« Mais c’est une voleuse ! Une voyou ! »
Aussitôt qu’il prononça ces mots, des coups s’abattirent sur lui de toute part.
-« Tais-toi fripouille ! »
-« Espèce de sénile ! »
-« Ignoble ! »
Le jeune homme demanda à la jeune fille :-« Que pensez-vous de cet insolent ? »
-« C’est un animal qui abuse des jeunes filles et lésine sur quelques centimes».
La foule, courroucée, s’écria :
-« C’est un animal ! C’est un animal ! »
La jeune fille proclama :-« Son argent  est à vous ! » 
Les prières s’élevèrent dans une jubilation générale. Deux hommes forts l’attaquèrent, le jetèrent par terre, et s’occupèrent à lui vider les poches. L’homme élégant cria :
-« Monsieur l’agent ! »
L’agent lui chuchota :-« Que pourra un agent de police contre des fous ! »
-« Je suis en train d’être dépouillé en votre présence ! »
Le jeune homme proclama :-« Le guérisseur fait cadeau aussi bien de son argent que de ces bijoux aux pauvres.»
La foule se récria : -« Que le bon Esprit soit béni ! »
Le jeune homme dit :-« Partagez son argent entre vous avec équité»
La foule entoura le jeune homme et se mit à partager  argent et bijoux. L’homme élégant se mit à délirer :-« Que se passe-t-il dans le monde ? »
Le jeune homme dit :-« Attachez-les et gardez-les dans le mausolée »
La foule se précipita sur les quatre hommes qu’elle enchaîna et transporta à l’intérieur du mausolée. On ferma la porte à clef. La jeune fille remit celle-ci au jeune homme en disant :
-« Dorénavant tu es le nouveau conservateur des lieux ! »
Elle se tourna vers la foule et dit : -« Partez en paix maintenant ! »
Les gens se dispersèrent lentement. Seul le jeune homme, le nouveau serviteur du mausolée, resta avec elle. Ils se regardèrent, avec au fond des yeux, elle du désir, et lui de la déférence. Elle lui demanda :-« Pourquoi ne retiens-tu pas ta part de cet argent ? »
Subjugué, il répondit affectueusement :-« Il me suffit d’être le conservateur de votre mausolée»
-« Que faisais-tu avant  de perdre la vue ? »
-« J’ai grandi dans la rue jusqu’à ce que  ce bon vieillard m’ait recueilli. Il m’a appris son métier qui consiste à fabriquer du parfum»
–« Tu étais un enfant de la rue ? »
-«  Au début de ma vie, oui»
-« Et comment tu as perdu la vue ? »
-« Je fus renversé par une voiture.»
-« Tu es maintenant voyant ! Mes félicitations ! »
-« Grâce au bon Dieu et à vous.»
Elle réfléchit un moment puis elle dit :-« Il est raisonnable que tu reviennes au métier que le vieillard t’a appris».
-« Je préfère rester à votre service».
-« Je te dis de revenir à ton métier». 
-« C’est un ordre ? »
-« Oui ».
-« J’y reviens».
-« Je t’enverrai une jeune fille de la rue où tu as grandi. Quand tu la verras, tu auras l’impression que c’est moi»
-« Que c’est beau de vous regarder éternellement ! » 
-« Epouse-la. C’est un cadeau que je te fais».
-« Entendu ! » 
   « Ne crois pas ce que te raconteront les jaloux sur elle ! »
 -« Entendu ! »
-« Ne l’abandonne que pour le cimetière ! » 
-« Entendu ! »
-« Va en paix maintenant ! »
Le jeune homme baissa la tête docilement puis quitta les lieux, triste et désolé. Elle se trouva seule. 

Mardi 1 Juillet 2014

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