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La nostalgie des sportifs tchécoslovaques : 20 ans après leur divorce




La nostalgie des sportifs tchécoslovaques : 20 ans après leur divorce
Sur la pelouse et la patinoire, les footballeurs et hockeyeurs tchèques et slovaques continuent à arborer le bleu, le rouge et le blanc, comme à l’époque de l’Etat commun. Depuis 1993, ils se font une place au soleil en solo, alors que leurs aînés ne cachent pas leur nostalgie.
«Dans le football tchécoslovaque, il y avait une plus grande qualité en raison d’une plus grande concurrence», estime l’ancien international Antonin Panenka, inventeur du célèbre penalty piqué portant son nom.
«Et il y avait aussi une saine rivalité entre Tchèques et Slovaques», sourit sous sa moustache légendaire la vedette de l’équipe de Tchécoslovaquie, championne d’Europe en 1976. En finale face à la RFA (2-2 a.p., 5-3 t.a.b.), le onze de départ était dominé par huit Slovaques, aux côtés d’un trio tchèque dont Panenka faisait partie.
Quatorze ans plus tôt, la proportion était inverse pour la Tchécoslovaquie finaliste de la Coupe du monde 1962, battue par le Brésil (1-3): elle comptait huit Tchèques et trois Slovaques, sans que cela provoque des états d’âme au sein des deux nations dont les langues se ressemblent beaucoup.
Depuis 1993, les Tchèques ont réussi trois solides voire excellents Championnats d’Europe, en 1996 (finale), 2004 (demi-finale) et 2012 (quart de finale). Les Slovaques ont fait surtout parler d’eux au Mondial-2010 en se qualifiant pour les 8es de finale, après avoir battu dans un match captivant (3-2) la «squadra azzurra», alors championne du monde en titre.
«Une sélection commune tchéco-slovaque serait encore plus forte», insiste Panenka, âgé de 64 ans. Pour mieux enfoncer le clou, l’ancien meneur de jeu totalisant 59 sélections (17 buts) énumère les qualités typiques des joueurs des deux pays:
«Les Slovaques ont plus de tempérament, ils vivent les choses de façon plus intense et sont parfois plus ambitieux. Le point fort des Tchèques, c’est leur créativité et l’art de profiter d’une situation concrète», analyse Panenka avant de conclure: «Le mélange des deux styles, c’était quelque chose d’extraordinaire».
Cette opinion est entièrement partagée par le Slovaque Vincent Lukac, 58 ans, ancien attaquant vedette de hockey sur glace, deuxième sport fétiche de ces deux nations d’Europe centrale.
«La nature slovaque et la nature tchèque, cela créait un mélange hors du commun. D’où les succès de notre génération», se souvient-il en allusion à la deuxième place aux JO d’hiver 1984 et à la médaille d’or au Mondial-1985.
La Tchécoslovaquie a été sacrée à six reprises championne du monde de hockey sur glace (1947, 1949, 1972, 1976, 1977, 1985). Depuis 1993, les deux pays ont encore enrichi ce palmarès par sept autres couronnes mondiales: la République tchèque en 1996, 1999, 2000, 2001, 2005, 2010 et la Slovaquie en 2002.
La tâche des hockeyeurs slovaques était plus compliquée au départ: ils ont été obligés de disputer les Mondiaux de catégorie C et B, pour se frayer un chemin parmi l’élite.
«Dans le hockey, la Slovaquie a payé plus cher la partition. Le niveau des clubs tchèques est actuellement meilleur», estime Vincent Lukac, qui a disputé au total 146 matches (70 buts) sous le maillot de l’équipe de Tchécoslovaquie.
Lukac éprouve une double nostalgie: outre celle de l’Etat commun disparu, il déplore une différence flagrante dans les salaires des joueurs à son époque et aujourd’hui. «J’ai été certes drafté par Québec Nordiques en LNH en 1985. Mais pour y aller, il aurait fallu émigrer», rappelle-t-il évoquant la réalité de l’ancien régime communiste.
Malgré les souvenirs positifs qu’ils gardent des temps de la sélection commune, Antonin Panenka et Vincent Lukac ne sont pas très enclins à l’idée récemment surgie d’organiser des championnats conjoints tchéco-slovaques de ces deux grands sports.
«Cette idée n’est pas d’actualité en raison justement du fait que les clubs tchèques de hockey sur glace sont aujourd’hui meilleurs que les clubs slovaques», argue Lukac.
Côté foot, Panenka évoque les problèmes techniques: «Je n’arrive pas à imaginer la formule d’un championnat conjoint qui ne priverait pas au moins l’un des deux pays d’une place en Coupe d’Europe», souligne-t-il.

Vendredi 28 Décembre 2012
Libé

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