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La nationalité du Coq français, un brin d’humour dans un pavé de vérités




La nationalité du Coq français, un brin d’humour dans un pavé de vérités
L’octroi, dans l’ordre, de la nationalité française est fondé, entre autres critères, sur le mérite  économique et financier. Les Français, reconnus en tant que tels, ont, pour dénominateur commun, La Marseillaise, pour laquelle ils s’enthousiasment et s’enflamment. Ils viennent de plusieurs horizons, de divers cultes et se réclament  de plusieurs ethnies. En France, certains Français sont plus français que d’autres.  Marianne ne comprend rien. Les juifs de France, bien entendu, sont dedans, en dehors et au-dessus.
 Des Français nantis de prestige et de gloire.  Ils sont, il me semble, aux premières loges dans la hiérarchie du Code de la nationalité hexagonale. Au  sommet de la pyramide, trônent les Rothschild, les Dassault, les Schumann. Des juifs de haute lignée et de l’histoire ancienne. Tout leur réussit : le pouvoir politique sous tutelle, les banques et l’économie sous contrôle, les médias sous haute surveillance.
 Parmi les citoyens qui méritent la nationalité française, arrivent, en deuxième position, les juifs d’Arménie : citoyens hors du commun, négociants hors-pair, victimes d’un génocide et de plusieurs guerres.
Dans la hiérarchie des méritants, les juifs d’Europe centrale occupent le troisième rang. Ordre, discipline, rigueur, endurance sont les vertus de cette communauté, au sein de laquelle, une minorité, d’origine allemande et polonaise, s’exprimant en yiddish, est raciste, sioniste, irrédentiste et vulgaire. Elle a joué un rôle charnière dans la création d’Israël, et elle s’est mobilisée, par la suite, pour parquer, dans le pays reconquis, les juifs maghrébins séfarades, dans les régions désertiques, leur confiant les  corvées et les basses besognes, les installant au plus bas de la hiérarchie sociale. Impossible n’est pas français, dit-on. Ashkénaze, non plus. Sinon, comment expliquer qu’un enfant issu d’immigrés hongrois, sans références historiques, ait pu escalader toutes les marches de la pyramide nationale pour incarner la magistrature suprême de l’Etat français ?  D’origine hongroise, Sarkozy, délogé par Hollande, a marqué l’histoire de la France.
Dans l’ordre de mérite de la nationalité française, les juifs du Grand Maghreb se contentent de la quatrième place, une position honorable. Les Azoulay du Maroc, les Jean Daniel d’Algérie, les Zemmour de Tunisie. Du sang nouveau pour la grandeur de la France. Tout y est. Finance, journalisme, littérature, banditisme. Les juifs du Maghreb vivent de petites idées, de petites recettes, de sous-métiers et de petits commerces.
Les Français de la France profonde, héritiers de Jeanne d’Arc,  et de de Gaulle occupent le cinquième rang. Et ce n’est pas rien. Ils vivent, encore, sur leurs terres, de leurs terres. Miracle durable et extraordinaire. Leur relégation poursuit sa dégringolade. Et l’on craint qu’ils ne soient en voie d’extinction.
Traînant derrière les citoyens de la France profonde, les Marseillais et les autochtones du Midi ont droit à la nationalité française. Ils sont au milieu du tableau pour des raisons simples et claires. Ils ne jouent pas au golf. Ils jouent à la pétanque. Ils ne s’abreuvent pas avec du champagne. Ils se soûlent au pastis et au Ricard. Ils  s’empiffrent de bouillabaisse. Ils ne parlent pas comme tout le monde. Ils ont l’accent du Vélodrome, du Mistral et de Fernandel.  Avant-derniers, dans la course à la nationalité française, léguée, à L’Ile de Beauté, par Napoléon, les Corses qui auraient souhaité rester indépendants et insulaires. Les Français de la métropole ne sont pas tendres à leur égard, les taxant de fainéants et de branleurs.

Marine et le Maghreb
Bouclant la boucle, fermant le peloton, les Berbères, les Arabes, les Gitans, les Africains de l’empire colonial et les indigènes d’Outre- mer. La nationalité française leur est accordée difficilement, péniblement, avec résignation et de mauvaise grâce. Il est vrai qu’ils ne sont pas assimilables. Il n’y a pas de papier calque pour la culture, le penchant pour les millésimes,  un faible pour les fromages, la création et la vénération des chefs-d’œuvre culinaires.
La communauté maghrébine est  formée de trois composantes éthiques et spirituelles distinctes. La première s’intéresse à son travail, fait  de l’épargne et ne se mêle guère des susceptibilités culturelles et rituelles. Elle ne fait pas problème. La seconde travaille dur et carbure à la bière. Elle est tolérable, voire acceptable. Le troisième groupe, qui ne doit pas être dense, formé de barbus et d’imberbes, ne boit pas, ne fume pas, ne danse pas, mais ne rate pas une seule prière. Il provoque les hystéries du Front national et l’ire des racistes de tout poil et de tous  bords.
La plateforme politique du Front national est fondée sur des clichés et des stéréotypes d’un genre cocasse et hilarant. Les immigrés maghrébins, à titre d’exemple, sont occupés, toute la journée, à engrosser leurs femmes et sont engagés, toute l’année, à fabriquer des mômes pour racler les fonds des tiroirs et des caisses de la Sécurité sociale. Tous les délits et les crimes commis dans les quartiers sensibles et les banlieues des grandes villes sont le fait des rejetons des immigrés maghrébins qui ne peuvent pas, génétiquement s’insérer dans le moule républicain.  La cause du chômage en France est imputable à la présence des étrangers.
 Les petits-enfants et les arrière-petits enfants, nés en France, des combattants maghrébins  de l’armée coloniale, qui ont aidé à libérer la France, à la suite de deux guerres mondiales, sont sur la liste d’expulsion du Front national.
Le port du nom Le Pen ne sied pas au fondateur du Front national et à son héritière,  du fait qu’ils n’ont pas la réputation d’avoir une bonne plume. Marine aurait dû s’appeler Marine de l’Encre parce qu’elle en fait couler pas mal par ses propos discutables, parfois débiles, souvent, déroutants. Ce que les Le Pen savent faire, c’est délirer, en dénigrant, avec jouissance,  les Maghrébins et se servir, avec outrance, de la parodie et de l’invective, dans l’expression de platitudes simplistes et populistes.

Le Pen, enfant naturel
de Mitterrand ?
La rumeur a fait courir le bruit, depuis longtemps, que le brevet d’invention du Front national appartiendrait, en exclusivité, à un vieux routier de la gauche socialiste française. En l’occurrence, le génial François Mitterrand. Pour accéder au pouvoir, il fallait semer la confusion et la zizanie parmi les électeurs fidèles et irréductibles de la droite classique. Le Pen serait donc l’enfant naturel de Mitterrand. En facilitant la création de l’extrême droite, Mitterrand a gagné sur le plan politique et perdu sur le chapitre moral. Il savait que la route qui conduit à l’Elysée n’a pas la configuration du chemin qui mène à notre Dame de Lourdes. A titre posthume, la sagacité du visionnaire Mitterrand demeure un atout majeur de la gauche républicaine.
Etrange. Dans l’opposition, le Front national et le parti socialiste forment une coalition. Et lors du second tour des élections présidentielles, l’abstention des disciples de Le Pen ouvre aux socialistes le portail de l’Elysée. Le Front national est anti-juif, anti-arabe, anti-teuton, anti-gitan. La liste est longue et la vue est courte.
Se drapant des couleurs tricolores, les apôtres du Front ont la nationalité française sans en avoir l’esprit républicain.  Cette controverse taraude les illuminés de la gauche socialiste et socialisante française.
A la lumière des événements politiques intervenus, à la suite des élections municipales françaises de mars dernier, la vision de Marine Le Pen sur l’immigration est en lambeaux.  Deux enfants d’immigrés occupent des postes et des positions dont elle raffole. Anne Hidalgo, l’Andalouse d’origine est maire de Paris, Carlos Calfetti Manuel Valls, d’origine catalane, est Premier ministre.    
Au fait, quel est le classement hiérarchique des citoyens du Front dans l’attribution de la nationalité française ? Ce casse-tête chinois est parfaitement républicain. Faut-il les placer bien avant Jeanne d’Arc ou loin derrière de Gaulle ? Doit -on les classer devant les Rothschild de Paris ou tout juste derrière les Bohbot de Mogador ? La question fait débat. La réponse fera problème.
Cette idée de hiérarchie est, bien évidemment, légère, arbitraire, un peu burlesque, quelque peu caricaturale. La France est une mosaïque sociale, culturelle, cultuelle, ethnique.
Le programme politique du Front national heurte les valeurs et les symboles de la France républicaine. Pour des raisons historiques, la France est une terre d’asile et d’immigration. La diversité fait sa force. Son rayonnement culturel, à travers les continents est un patrimoine précieux et inégalable.

Par Boujemaa Amara Journaliste free-lance
Vendredi 25 Avril 2014

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