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La mort d’Ariel Sharon amplifie la tragédie de ses victimes

Les Palestiniens et Human Rights regrettent que le Premier ministre israélien ait échappé à la justice




La mort d’Ariel Sharon amplifie la tragédie de ses victimes
Les Palestiniens se réjouissaient samedi de la mort de l'ancien Premier ministre israélien Ariel Sharon, qu'ils considèrent comme un "criminel", mais regrettaient de le voir échapper ainsi définitivement à toute poursuite devant la justice internationale.
Human Rights Watch (HRW) a également jugé "regrettable que Sharon aille vers sa tombe sans répondre devant la justice de son rôle à Sabra et Chatila (massacres dans des camps palestiniens à Beyrouth en 1982, NDLR) et d'autres violations" des droits de l'Homme.
Jusqu'à la mort en novembre 2004 de Yasser Arafat, qu'il avait fait assiéger par les chars depuis décembre 2001, Sharon avait multiplié les menaces à l'encontre du dirigeant palestinien. Cette attitude a alimenté les soupçons d'un empoisonnement, qu'Israël a toujours nié.
"L'histoire de Sharon est noire de ses crimes et écrite avec le sang des Palestiniens", a affirmé à l'AFP Jamal Houweïl, un membre des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, groupe armé issu du Fatah, capturé par l'armée israélienne dans la sanglante bataille du camp de réfugiés de Jénine (nord), pendant l'opération "Rempart".
Pour le Hamas, au pouvoir dans la Bande de Gaza évacuée en 2005 par Israël à l'initiative de Sharon, "sa mort après huit ans de coma est une leçon pour tous les tyrans".
"Notre peuple vit un moment historique avec la disparition de ce criminel aux mains couvertes du sang des Palestiniens et de leurs dirigeants", a déclaré Sami Abou Zouhri, un porte-parole du Hamas, dont le fondateur et chef spirituel, cheikh Ahmad Yassine, a été tué en 2004 par l'armée israélienne sur ordre de Sharon.
A Khan Younès, dans le sud de la Bande de Gaza, une centaine de membres du Jihad islamique ont brûlé samedi des portraits de Sharon et ont distribué des friandises en signe de joie, selon le mouvement radical.
Dans les rues de Cisjordanie, l'aversion pour l'ancien général israélien prédominait également à l'annonce de sa mort.
"Pour les milliers de victimes de violations, la disparition de Sharon sans qu'il ait comparu en justice amplifie leur tragédie", a souligné la directrice pour le Moyen-Orient de HRW, Sarah Leah Whitson.
"Sa disparition est un triste rappel supplémentaire que des années d'impunité de fait n'ont en rien fait avancer la paix entre Israéliens et Palestiniens", a-t-elle ajouté.
En tant que ministre de la Défense au début des années 1980, Sharon avait été contraint à la démission après le massacre de centaines de civils palestiniens par ses alliés phalangistes chrétiens libanais dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila.
Une commission d'enquête israélienne avait conclu à sa responsabilité "indirecte" mais personnelle, après avoir établi qu'il avait pris la décision de laisser les phalangistes pénétrer dans les deux camps et qu'il ne pouvait pas ignorer les risques d'un massacre, a rappelé HRW.

Lundi 13 Janvier 2014

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