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La marina olympique, fierté de Rio malgré la pollution




Carte postale de rêve baignée d'une eau cauchemardesque: les autorités de Rio comptent sur la réfection et l'ouverture au public du port de plaisance olympique pour donner le change après le constat d'échec de la dépollution de la baie de Guanabara.
Le maire Eduardo Paes et le ministre des Sports Ricardo Leyser ont inauguré le site jeudi, alors qu'il reste inachevé, des ouvriers s'affairant encore dans le bâtiment portuaire et sur les pontons, au milieu de dizaines de bateaux de plaisance. Censée être bouchée d'ici la mi-avril, une canalisation d'égout se jette encore dans le port.
C'est dans ce cadre encore transitoire que s'est ouvert vendredi le "Rio Boat Show", une exposition pour une dizaine de jours des voiliers qui seront utilisés par les participants brésiliens de la discipline aux JO d'août.
Ce petit havre de paix, qui était fermé depuis 1982 au public et réservé aux seuls plaisanciers, est situé à peu près à équidistance des gratte-ciel du centre-ville, de la colline bohème de Santa Teresa, de l'aéroport domestique Santos Dumont en bord de mer et du fameux Pain de Sucre, avec une côte verdoyante et découpée en face. Les images des régates olympiques, dans ce panorama splendide, feront à coup sûr le tour du monde.
 En attendant, le nombre total d'emplacements pour bateaux (dans l'eau et au sec) est passé de 210 à 655 dans cette future mini-station balnéaire, et les travaux ont été pris en charge par une entreprise privée pour un coût de "71 millions de reals" (16,9 millions d'euros selon le taux de change actuel), avance Gabriela Lobato, présidente du concessionnaire BR Marinas.
"Heureusement, les crises économique et politique n'ont en rien touché l'organisation des Jeux, parce qu'on a pris les devants et qu'on a obtenu une grande participation du secteur privé", a assuré le ministre des Sports, nommé fin mars à la faveur des turbulences dans la coalition gouvernementale, en admettant "la difficulté de mettre en évidence le succès de la préparation des Jeux dans cette période troublée", rapporte l’AFP.
La récession économique et la volonté d'une partie du parlement de destituer la présidente Dilma Rousseff relèguent de fait au second ou troisième plan l'avancement des travaux. De quoi faire baisser la pression sur les autorités quant à la dépollution: faute d'un système de traitement des eaux usées couvrant tous les quartiers de Rio, la baie est souillée par les rivières d'excréments et objets divers que les égouts y déversent. Une latrine à ciel ouvert à laquelle trafic portuaire et industrie pétrochimique ajoutent leur couche nauséabonde.
La compagnie des eaux locales (Cedae) est même suspectée de participer à cette contamination: la police fédérale a arrêté huit de ses employés pour "possibles failles dans le traitement des égouts" et éventuelle "fraude" par manque de diligence.
Malgré 2,5 milliards de dollars engloutis dans divers projets de dépollution, le compte n'y est pas. Mais le maire fait bonne figure: "Quand les Jeux se tiendront, ce sera la saison sèche, donc avec peu d'écoulements polluants", explique Eduardo Paes. "Deux +test events+ se sont déroulés sans problème. La baie de Guanabara est un défi pour la ville, pas pour les Jeux. Ce n'est pas une occasion ratée, parce qu'on a fait beaucoup de choses, on a dépollué à 60% et on va arriver à 80%."
"On ouvre des espaces vers la mer", poursuit-il. "La conséquence, c'est que ça va nous retomber dessus, nous les dirigeants, à chaque fois qu'on verra encore des ordures. C'est le défi de Rio".
Sans être un cloaque comme dans d'autres coins plus reculés de la baie, la marina, située à son embouchure, ne présente pas une eau très cristalline. Un employé ramasse avec son épuisette des détritus qui s'amoncellent dans l'eau ou sur l'embarcadère en pente; et des taches de saleté souillent la plage de Flamengo à proximité immédiate.
Président de la Confédération brésilienne de voile (CBVela), Marco Aurelio se félicite de "l'héritage" que laisseront les nouvelles installations et du profit que sa discipline pourra en tirer. Tout en déplorant que "l'engagement auprès de la population de pouvoir se baigner dans la baie de Guanabara, que des millions de personnes pourraient utiliser comme aire de loisirs, n'ait malheureusement pas été tenu".

Libé
Lundi 11 Avril 2016

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