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La liste Taubira embarrasse Ramid

Les Marocains détenteurs de capitaux répertoriés en France




La liste Taubira embarrasse Ramid
La rumeur enfle : la liste complète des nationaux qui possèdent des comptes bancaires et des biens en France sans autorisation de l’Office des changes aurait débarqué sur le bureau de Mustapha Ramid. Une information que le ministère de la Justice et des Libertés n’a ni confirmée ni infirmée jusqu’à présent.
« Il se pourrait que Mustapha Ramid ait reçu une liste que son collègue française Christian Taubira lui aurait adressée. Une action qui s’inscrit dans  l’application des dispositions de la Convention des Nations unies pour la lutte contre la prévarication », nous a précisé Me Tarik Sbaii, président de l’Instance nationale de protection des biens publics au Maroc (INPBPM) avant de poursuivre : «La 16ème réunion du Groupe d’action financière du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (GAFIMOAN) à Marrakech et  celle de Londres ont insisté sur  la nécessité de combattre le phénomène de la fuite des capitaux à travers la mobilisation et l’activation de l’ensemble des mécanismes juridiques et préventifs. Ceux-ci sont également accompagnés par un travail de coordination et de sensibilisation ». 
Le président de l’INPBM va plus loin. Il estime que d’autres listes comportant d’autres noms et en provenance d’autres pays seraient sur les bureaux du chef du gouvernement et de son ministre de la Justice. « La mobilité des capitaux a toujours été un sujet sensible pour la sécurité de l’Etat et, du coup, les  dépositaires de ces capitaux sont souvent sous le contrôle des services sécuritaires, juridiques ou autres. Ce qui veut dire que les listes des personnes possédant des comptes bancaires et des biens à l’étranger existent déjà », nous a-t-il déclaré. 
Mais qu’adviendrait-il si cette liste existait bel et bien ? « Pas grand-chose », affirment les uns et « rien », lâchent d’autres. En effet, les réticences affichées par certains leaders du PJD laissent sceptique sur une éventuelle publication de cette liste. C’est le cas d’Abdelali Hamieddine, l’un des dirigeants du parti de la Lampe qui a déclaré à un organe de presse national que Benkirane  ne publiera pas  la liste en question tant qu’il n’aura pas été obligé par la justice de le faire.
Même son de cloche de la part du député et membre de la Commission des finances à la Chambre des représentants, Abdelaziz Aftati, qui a annoncé à la presse que sa formation n’a pas du tout l’intention de publier une quelconque liste nominative des détenteurs de biens à l’étranger, pour la simple raison que cette décision serait contradictoire avec la politique du gouvernement et la philosophie même de la proposition d’amnistie, qui stipule que « les personnes qui ont des avoirs et un compte en devises doivent s’adresser à la banque qui réglera de manière confidentielle leur cas ».  Des propos qui remettent en cause le slogan « Plus de prévarication au Maroc!» scandé par Abdellah Baha, ministre d’Etat à l’ouverture de la 16ème réunion plénière tenue l’année dernière à Marrakech par le GAFIMOAN. En effet, celui-ci y avait déclaré que "le Maroc s’est engagé à lutter efficacement contre toutes les formes de prévarication, y compris les crimes financiers et ce, en se basant sur une approche globale et intégrée". 
Selon Baha, l’importance de cette lutte émane d’une prise de conscience de la gravité et de l’impact négatif de ces crimes, en se basant sur une approche financière de manière générale, à savoir blanchiment de capitaux et financement du terrorisme sur l’économie et la finance nationales.
Une lutte qui tarde à être enclenchée comme en atteste la non opérationnalisation des dispositions juridiques relatives à la restitution des sommes qui ont fait l’objet de jugements définitifs comme c’est le cas pour les dossiers de détournement et de dilapidation de deniers publics.   
C’est le cas aussi du gouvernement qui est dans l’expectative concernant plusieurs dossiers de corruption et de prévarication évoqués par des rapports officiels et internationaux. On peut invoquer aussi le retard pris pour la promulgation du projet de loi n° 12-113 relatif à l’Instance nationale de probité, de prévention et de lutte contre la corruption. En effet, ladite institution souffre aujourd’hui à la fois de l’absence d’un cadre juridique, d’une autonomie administrative et financière particulièrement limitée, et d’un manque notoire de clarification s’agissant de ses fonctions de coordination, de supervision, de suivi, d’évaluation et de mise en œuvre des politiques de prévention de la corruption qui lui sont dévolues. 
Une attitude qui a fait sortir le président de l’INPBPM de ses gonds en  indiquant que l’actuel gouvernement aura besoin de beaucoup de courage politique pour se lancer dans cette lutte. « Le chef du gouvernement subit aujourd’hui des pressions énormes pour l’empêcher de publier cette liste. C’est pourquoi, nous craignons que ce document reste dans les tiroirs de Benkirane qui n’est pas près de risquer son poste pour lutter contre des forces de la prévarication qui semblent le dépasser», a conclu Me Tarik Sbaii. 
 

Hassan Bentaleb
Mardi 11 Février 2014

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