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La kale, un légume qui fait délirer les Américains




La kale, un légume qui fait délirer les Américains
Les Américains vivent une histoire d'amour  avec un étrange légume: ils raffolent de la kale. Cette tocade a même failli  virer à la folie cet été après des rumeurs de pénurie. Par quel mystère, cette passion pour ce chou qui relève plus du barbelé végétal ne faiblit pas?
En France, la poignée de végétariens pointus qui s'y intéressent ne parvient même pas à lui trouver un nom, ni même à s'entendre sur son genre ("la  kayle", "le kayle"?), hésitant entre 5 différentes appellations dont le peu appétissant "chou frisé non-pommé". 
Une Américaine, Kristen Beddard, expatriée à Paris, s'en est fait la  prophète. Vaille que vaille, elle sillonne les marchés bios et les rédactions  de magazines spécialisés pour tenter de convaincre les papilles françaises. Sur  son blog, "The Kale Project", on peut consulter sur une carte de Paris interactive les quelques adresses où l'on peut espérer trouver cette rareté. 
Mais outre-atlantique, la kale est partout. En quelques années, elle a délogé la romaine des salades césar, remplacé les épinards de Popeye, détrôné la chips de pomme de terre. 
Les statistiques du ministère américain de l'Agriculture montrent que la consommation de kale a augmenté de près de 30% depuis 2007. Et le nombre de  fermes cultivant le chou plume est passé de 954 en 2007 à 2.500 en 2012. Avec  sa soupe assaisonnée à la kale, Heinz en a presque fait un produit grand public  que l'on retrouve désormais dans les rayons de Walmart et autres grandes  surfaces.
En smoothie avec du kiwi, en chiffonnade zestée au citron vert ou en  "kale-onaise" pour accompagner des fruits de mer: un psychiatre new-yorkais en  a même fait un livre de recettes qu'il a baptisé "Fifty Shades of Kale".
C'est dans une sorte de délire érotique qu'il y explique comment  débarrasser les feuilles amères de leur épaisse côte centrale avant de les  masser avec de l'huile ou du citron pour adoucir leur croquant charnu.
Dans un chapitre "Naughty and Nice" (bon et coquin), il y décline des  recettes de cocktails tous plus sains les uns que les autres comme le  "kalejito" (variante du mojito) ou encore le "Bloody Mary Vert".
"La kale est ma muse", confie très sérieusement Drew Ramsey, professeur  assistant à l'université de Columbia à New York. "Elle est ma déesse verte et depuis qu'elle est entrée dans ma vie, tout a changé".
 
Sniffer de la 'K'
 
Bon marché, cultivable partout et nutritivement très riche, ce médecin est  intarissable sur les "leçons de la kale". Il a même lancé une pétition  nationale pour que Barack Obama déclare un jour férié en l'honneur du végétal.
Très pauvre en calories, excellent dépuratif, elle est aussi l'un des  légumes les plus riches que l'on puisse trouver. Imbattable pour son apport en  vitamines A et K, elle est une des meilleures armes contre le cancer et nous  permettrait, selon le magazine américain Science, de survivre sur une île  déserte.
"Les Américains pensent qu'il y a un aliment magique qui va les sauver de toutes leurs fringales", explique Kara Nielson, spécialiste des tendances  gastronomiques chez Sterling Rice. "Contrairement aux Français qui ont une  culture gastronomique établie, les Américains sont constamment à la recherche de l'aliment le plus nutritif qui va redessiner les nouveaux usages culinaires".
Le docteur Ramsey va même jusqu'à affirmer que ce "super-légume" est capable de réduire les risques de dépression, d'angoisse et même d'Alzheimer. "La nourriture que nous choisissons d'absorber constitue notre marge de  manœuvre la plus importante en matière de santé mentale", explique-t-il. "Ce  que nous enseigne la kale, c'est que bien manger permet d'augmenter la  résistance de notre cerveau".
A tel point que cette passion a frisé la folie cet été avec des rumeurs de  pénurie de graines relayées par plusieurs médias mais démenties par le  fournisseur principal de graines Bejo Seeds.
Le New Yorker en a tiré une fiction délirante dans son édition d'il y a  deux semaines. Projeté en 2034, on y voit des Américains en manque sniffer de  la "K" et se rappeler la larme à l'oeil cette bonne vieille époque où l'on  broutait innocemment des saladiers entiers de kale. 

AFP
Lundi 15 Septembre 2014

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