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La justice italienne s'empare de l'affaire Powell




La justice italienne s'empare de l'affaire Powell
La justice italienne s'est emparée de l'affaire Asafa Powell en ouvrant mardi une enquête "pour violation de la loi sur le dopage" contre l'ancien recordman du monde jamaïcain du 100 m, sa partenaire d'entraînement Sherone Simpson et leur préparateur physique.
Avec cette décision, le Parquet d'Udine (nord-est) a fait glisser le curseur des interrogations d'une affaire de dopage d'apparence classique vers celui d'un fait divers rappelant les descentes de police sur le Tour de France cycliste.
Il n'agit plus de savoir si les athlètes se sont dopés - Powell et Simpson ont reconnu avoir été contrôlés positifs à un stimulant - mais de comprendre comment cela a pu arriver.
Dans cette optique, le parquet d'Udine a donné son feu vert à la mise sous séquestre d'une cinquantaine de boîtes de comprimés, de flacons, de spray et pommades sans étiquettes ou avec des indications nébuleuses en anglais.
Ces boîtes ont été découvertes lors d'une perquisition des carabiniers de la cellule spécialisée du NAS d'Udine dans la nuit de dimanche à lundi dans les chambres d'hôtel de Powell, Simpson et de leur préparateur canadien Christopher Xuereb dans la commune de Lignano Sabbiadoro. C'est là que le MVP Track Club, leur structure d'entraînement coachée par Stephen Francis, installe chaque année son camp de base durant la saison européenne des meetings.
"Les substances que nous avons saisies doivent encore être testées", a déclaré à l'AFP un policier local, qui a requis l'anonymat. "Nous avons commencé l'enquête parce que les résultats positifs des contrôles ont été annoncés. Nous ne prévoyons pas d'effectuer nous-même des contrôles (antidopage sur les athlètes)".
Mal étiquetés
De fait, Powell et Simpson, tout comme Xuereb, ont déjà quitté l'Italie, a-t-il ajouté. Powell a mis fin à sa saison, a dit sa représentante Tara Playfair-Scott, qui a toutefois refusé de confirmer mardi que le sprinteur était rentré en Jamaïque.
Powell et Simpson - contrôlés positifs tout comme trois autres athlètes aux sélections jamaïcaines fin juin - incriminent des compléments alimentaires mal étiquetés que leur aurait donné Xuereb, leur nouveau "physio" depuis quelques semaines. S'ils arrivent à le prouver, ils risqueront peu de choses en terme de sanction sportive.
Le Code mondial antidopage prévoit en effet la possibilité d'alléger la sanction en cas de contrôle positif dû à une erreur d'étiquetage, à une contamination par des compléments alimentaires, ou une substance administrée par son entraîneur sans qu'il en ait été informé.
Selon la nature des produits retrouvés dans leurs chambres, ils pourraient en revanche tomber sous le coup de la législation italienne à travers l'article 9 de la loi sur le dopage, qui punit à la fois ceux qui administrent des substances dopantes et ceux qui en prennent.
Ce n'est par exemple pas le cas en France, où la justice ne peut condamner pénalement que le trafic de substances, non son usage.
L'entraîneur de Powell, Stephen Francis, a rejeté la responsabilité de cette histoire sur l'agent de Powell, Paul Doyle, coupable d'avoir fait travailler ses athlètes avec Xuereb.
"Ce qui s'est produit est lié à l'agent d'Asafa Powell. C'est lui qui a voulu que cet entraîneur (Xuereb) soit parmi nous (...) J'ai dit +non, je ne veux pas de ce garçon dans mon groupe. Il a une mauvaise réputation, renvoyez-le !+", a expliqué Francis à La Gazetta dello Sport.
Chaudement recommandé
Le quotidien sportif italien évoquait mardi des liens entre Xuereb et le Canadien Anthony Galea, un médecin qui avait plaidé coupable d'importations de produits médicaux interdits aux Etats-Unis l'an passé et qui aurait fourni des hormones de croissance à des sportifs de renom.
Doyle a reconnu qu'une vérification plus poussée des états de service de Xuereb aurait été nécessaire avant le l'intégrer au groupe.

Libé
Jeudi 18 Juillet 2013

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