Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

La guerre de couleurs entre ultras wydadis et rajaouis

Quand le port du rouge ou du vert expose à tous les risques




La guerre de couleurs entre ultras wydadis et rajaouis
Zakaria a eu la peur de sa vie ce vendredi 19 décembre. Quelques heures après la fin du match Raja-CRA, il a été pourchassé par des dizaines  de supporteurs rajaouis  armés de couteaux et de bâtons. Son crime : porter un sweat à capuche rouge estampillé de la mention «Winners», le nom d’une faction des supporteurs du Wydad. Pourtant, si Zakaria a eu la chance d’échapper à ses poursuivants, d’autres n’ont pas eu la même chance et ont payé fort leur appartenance à leur club de foot. Coups et blessures, passages à tabac, attaques à l’arme blanche… et la liste est longue.
Ce phénomène ne cesse d’ailleurs de prendre de l’ampleur depuis que les «Winners» ont décidé de mettre en vente des sweats à leurs supporteurs moyennant 200 DH. «Il ne se passe pas un jour sans que l’on enregistre une attaque ou une agression contre des personnes vêtues de ces sweats», nous a révélé Azzedine, supporteur wydadi avant d’ajouter : «Les Rajaouis prennent ces sweats pour de la provocation».  Même son de cloche de la part de Chahma, un autre fanatique du club de foot-ball casablancais : «Il est devenu de plus en plus dangereux de circuler dans la ville en portant pareil  vêtement. Le danger rôde à tous les coins de rue et l’on risque d’être défiguré,  voire assassiné  pour un simple sweat de 200 DH car les partisans du club rival ne badinent pas et frappent fort».  
Des accusations que les Rajaouis réfutent en force. Pour eux, les Wydadis ne sont pas des enfants de chœur et ont été les premiers à mener ce genre d’attaques.  «Nous avons également été victimes  de ce genre d’agressions. Beaucoup de nos supporteurs ont été attaqués pour la simple raison qu’ils portaient des écharpes ou des t-shirts portant le nom du Raja», nous a confié Saïd, un partisan du Raja avant de poursuivre : « Pis, certaines agressions sont l’œuvre de groupes wydadis rivaux qui nous en imputent la responsabilité».  
Qui dit vrai, qui dit faux ? Difficile de trancher puisqu’aucune donnée officielle n’a jamais été communiquée concernant ces agressions ni l’identité des victimes ou celle des agresseurs. Cependant, pour Ahmed, fin connaisseur des ultras casablancais, les attaques contre les porteurs de  sweats n’est qu’un épisode dans le feuilleton de la violence endémique entre les partisans des deux clubs casablancais. «La violence fait  partie aujourd’hui de la rivalité entre les deux camps. Cer¬tains en portent les traces sur leurs visages et leurs corps et d’autres l’ont payé de leurs vies», nous a-t-il expliqué avant de conclure : «Cet état de fait risque de s'envenimer davantage tant qu’il n’y a pas prise de conscience de la gravité de la situation». 
 

Hassan Bentaleb
Lundi 22 Décembre 2014

Lu 491 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs