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La fraternité du savoir




Le pouvoir tire son efficience technique et sa légitimité morale de la confiscation institutionnelle du savoir, de tous les savoirs. Les élites, dans tous les domaines, produisent et reproduisent l’ordre établi. Le système éducatif, dans sa globalité, est structuré en barrières successives pour perpétuer cet état des choses.
Il n’est pas de démocratie réelle sans démocratisation du savoir. La révolution numérique permet, de fait, l’accès de tous au savoir sans cependant offrir  les méthodologies pour le maîtriser. Le pouvoir a perdu le contrôle de l’information mais garde jalousement le monopole de la méthode.
La citoyenneté active commence par le partage du savoir. La société civile doit s’enrichir de la recherche universitaire sans médiations bureaucratiques. La connaissance doit s’investir dans la vie quotidienne sans autorisations administratives. Quand le pouvoir déploie son étouffoir des libertés, le savoir reste cependant une arme de résistance.
 La révolution numérique libère la société de l’emprise des élites,  affranchit la créativité collective du ghetto du pouvoir et des citadelles du savoir, féconde l’effervescence inventive des périphéries urbaines, démonétise le marché des intelligences, instaure la libre circulation des connaissances, dans l’interaction permanente de la théorie et de la pratique, dans la fertilisation des expériences exemplaires, dans la mise à l’épreuve du terrain des approches pédagogiques.
 L’universalisme constitue un modèle unique imposé par l’Occident dominateur, alibi de sa mission civilisatrice et matrice de l’esprit colonial. L’humanité est d’ores et déjà entrée dans l’ère du diversalisme où toutes les civilisations se valent et se prévalent, où chaque culture singulière est le bien commun de tous les enfants de la terre. La fraternité est universelle dans la mesure où elle est porteuse d’une dialectique historique, d’une dynamique ouverte sur la fécondation des possibles. La fraternité n’est pas un totem statufié pour l’éternité. La fraternité est une pensée vivante, en prise directe avec les enjeux et les mutations des temps présents et futurs.
 

Par Mustapha Saha Sociologue, poète et artiste peintre
Lundi 30 Novembre 2015

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