Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

La formation professionnelle se dote d’un livre blanc : Opérateurs privés et subsides étatiques




Les temps sont durs pour le secteur privé de la formation professionnelle. Près de 97 établissements avaient fermé leurs portes depuis neuf ans, soit une perte de 300 postes d’emploi et 5.000 places pédagogiques. Son taux moyen annuel de croissance est de 3,9% contre 17% pour le secteur public. En 2009-2010, il a atteint 1,33%.
Pourtant, le poids du secteur au sein du dispositif éducation et formation est considérable.  Il représente 80.608 stagiaires nationaux et 8.000 étrangers, 1.578 établissements offrant plus de 100 filières de formation et 14.650 emplois dont environ 10.000 formateurs. C’est pourquoi la Fédération marocaine de l’enseignement professionnel privé (FMEP) a jugé qu’il était opportun d’élaborer et de rendre public un Livre blanc censé repenser et  repositionner ce secteur afin qu’il puisse disposer d’une vraie vision sur son devenir.  
Lors d’une conférence nationale de la FMEP, organisée le 28 octobre à Casablanca, les membres de la Fédération estiment que la régression  du secteur privé de la FP qui date de 2003-2004 est due au fait que le secteur public a réussi un Benchmark du modèle de fonctionnement du dispositif privé de la FP, mais en utilisant des ressources dont on prive aujourd’hui des salariés du secteur économique privé (taxe de 1,6% de la masse salariale destinée initialement à financer la formation continue des salariés : 893 MDH collectés en 2007 et 1,2 milliard prévu en 2011, dont on n’affecte que 30% à la formation continue des salariés, mais 70% à la formation initiale).
La FMEP avance que le secteur public bénéficie également du fait qu’il n’a aucune contrainte de réactivité pour répondre au marché de l’emploi, en lançant des filières de formation reconnues d’office. Ce qui n’est pas le cas pour le secteur privé de la FP, handicapé par la lourdeur du processus de qualification-accréditation (3 ans pour accréditer une nouvelle filière de formation).
Pour s’en sortir, la FMEP propose un contrat-programme à conclure avec l’Etat. Ainsi, elle revendique la réforme de la loi 13.00 avec ses décrets et arrêtés, dans l’objectif de rendre au secteur toute son efficience, de revoir les modèles et instances de gouvernance du secteur privé de la FP, de repenser le dispositif actuel de l’ingénierie de formation mis en œuvre sans remettre en cause les acquis positifs, de refondre le système de financement en augmentant la part de contribution de l’Etat, au moins à 50% des frais de formation. Et surtout, l’élargir à la filière techniciens. La vision ultime de la FMEP est d’obtenir (avec plans de financement à l’appui) une vraie commande gouvernementale de FP et de vraies dépenses fiscales (par le biais de la loi de Finances) pour relancer ce secteur.

Hassan Bentaleb
Samedi 29 Octobre 2011

Lu 939 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs