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La fatwa takfiriste est un appel au meurtre punissable par la loi




La fatwa takfiriste est un appel au meurtre punissable par la loi
Dans l’idéologie salafiste et ténébreuse, l’action de ‘takfir’ qui revient à qualifier un musulman d’apostat, tend à l’excommunier de la communauté des musulmans et de le désigner comme une cible à abattre. Les violences faites aux civils par les djihadistes en Algérie, pendant la guerre civile ou actuellement en Syrie: viol des femmes, tortures et égorgements, ont tout le temps été précédées par des fatwas takfiristes. 
La fatwa takfiriste du salafiste marocain Abou Naim à l’endroit de Driss Lachguar, Premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires, parti historique de la gauche marocaine, n’est plus ni moins qu’un appel au meurtre qui doit être dénoncé en tant que tel et qui tombe sous le coup de la loi pénale. Car, demain, n’importe quel déséquilibré pourrait passer à l’acte avec la conviction de défendre l’islam. C’est une tentative de museler tout débat de société et d’empêcher les Marocains de réfléchir et de se poser des questions de société. 
C’est le jugement d’un homme, qui se sent investi d’un pouvoir divin, qui veut poser un cadenas sur le cerveau des esprits libres. Si nous nous penchons de près sur la Constitution marocaine, la proposition de lancer un débat sur l’égalité de l’héritage entre l’homme et la femme ainsi que sur la remise en cause de la polygamie, est légitime puisque conforme à l’esprit de la nouvelle Constitution marocaine adoptée par le peuple marocain, et qui stipule dans son article 6 : "Les pouvoirs publics œuvrent à la création des conditions permettant de généraliser l’effectivité de la liberté et de l’égalité des citoyennes et des citoyens...". L’article 19 de la Constitution est plus explicite en matière de renforcement de l’égalité des droits hommes-femmes : "L’homme et la femme jouissent, à égalité, des droits et libertés à caractère civil, politique, économique, social, culturel et environnemental". Bien entendu, la Constitution affirme que l’islam est la religion de l’Etat, mais dans son préambule, il est dit que la prééminence accordée à la religion musulmane va de pair avec l’attachement du peuple marocain aux valeurs d’ouverture, de modération, de tolérance. 
A mon sens, il n’y a aucune remise en cause des préceptes fondamentaux de l’islam de demander un débat sur une partie du code civil qui maintient la femme dans une situation d’inégalité vis-à-vis de l’homme. Le progrès social nous impose de débattre d’un état de fait vieux de plusieurs siècles, en décalage avec l’évolution des sociétés modernes et la réalité même de la société marocaine où des femmes accèdent à tous les postes à responsabilités et de savoir. L’appel au meurtre du salafiste Abou Naim est contraire à la loi, il est l’expression traditionnellement violente des salafistes ténébreux, qui ont avorté le Printemps arabe, qui sèment la mort, le désordre et le chaos là où ils sévissent.  

Par Hamid Soussany
Mercredi 22 Janvier 2014

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