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La disparition de Nelson Mandela vue de Rabat

“L’homme qui a rendu possible l’impossible”




La disparition de Nelson Mandela vue de Rabat
A la nouvelle du décès de Nelson Mandela, mort  jeudi soir à l’âge de 95 ans à son domicile de Johannesburg, ce sont les mêmes réactions, les mêmes commentaires, qui se font entendre de par le monde. « Un géant charismatique qui s’en va », « une grande lumière qui s’est éteinte », « une source d’inspiration pour le monde partie ». Les décideurs du monde ont à peu près des mots identiques pour saluer la mémoire et l’action de celui que les Sud-Africains appellent affectueusement Madiba.
Nelson Mandela avait été hospitalisé à plusieurs reprises depuis décembre 2012 pour des infections pulmonaires à répétition. Des problèmes probablement liés aux séquelles d’une tuberculose contractée pendant son séjour sur l’île-prison de Robben Island, au large du Cap, où il a passé dix-huit de ses vingt-sept années de détention dans les geôles du régime raciste de l’apartheid. L’hommage est planétaire. Il est aussi marocain. A Rabat, ce vendredi matin, le personnel politique est unanime. Avec la mort du héros de la lutte anti-apartheid  en Afrique du Sud, le monde a perdu un grand homme, un immense démocrate, un apôtre du dialogue.
Pour Habib El Malki, le président du Conseil national de l’Union socialiste des forces populaires, le monde a perdu un homme de conviction,  à la hauteur de vue très rare « où l’engagement politique et la morale font bon ménage ». « Nelson Mandela est un Africain hors normes qui a consacré toute sa vie à la lutte contre toutes les formes d’extrémisme et pour le respect de la dignité et de la liberté. C’est un homme de partage-parce que grand démocrate- qui nous a quittés, un homme qui a toujours considéré que l’ouverture sur l’Autre et la prise en compte des différences sont la seule voie de reconstruction d’une Nation et de la réparation de ses blessures. Ce leader a rendu l’impossible possible ». Derrière les barreaux de sa cellule –il passera 27 ans de prison, de 1963 à 1990- Mandela était devenu le symbole de l’oppression des Noirs sud-africains.  Le monde entier manifestait pour réclamer  sa libération. Des concerts étaient organisés pour que ce chantre de l’égalité et du combat anti-apartheid retrouve sa liberté. En prison, il avait appris à comprendre ses adversaires - allant jusqu’à apprendre leur langue, l’afrikaans, et leur poésie -, à pardonner, et à travailler avec eux. « C’est un homme qui a sublimé la politique. Il a tout le temps prôné et utilisé le compromis pour atteindre ses objectifs, y compris au sein de l’ANC qui est un mouvement très pluraliste. Mandela est un homme de symbole. Et l’histoire retiendra qu’il a invité ceux qui l’ont torturé et emprisonné à sa cérémonie d’investiture à la présidence d’Afrique du Sud », rappelle Driss El Yazami, le président du Conseil national des droits de l’Homme et ancien membre de la Commission Vérité marocaine.  L’homme a écrit une page d’histoire. C’est grâce à ses négociations avec le gouvernement d’apartheid qu’a été rendue possible une transition pacifique vers une démocratie multiraciale.

Mandela a sublimé
la politique


Séquence historique : c’est sous les couleurs de l’ANC que Mandela a été le premier président de consensus de la nouvelle «nation arc-en-ciel». Une présidence qu’il occupera le temps d’un mandat,  de 1994 à 1999. « Il a résisté aux tortures, à l’embastillement. Il ne s’est jamais tu. C’est ainsi qu’il a réalisé ses rêves, atteint ses objectifs avec la création de l’Etat d’Afrique du Sud », commente Rachid Talbi Alami, un ténor du Rassemblement national des indépendants.
Le rêve, encore et toujours. En 2010, l’Afrique du Sud est le premier pays africain à organiser sur son sol la Coupe du monde de football. Le Maroc a été au même moment candidat à l’organisation de cette manifestation sportive. C’est le pays de Mandela qui sera choisi. « Nous n’avons pas perdu contre l’Afrique du Sud mais contre Nelson Mandela.
Quels que soient les arguments et les attraits du dossier marocain, personne n’aurait pu refuser au père de la lutte anti-apartheid cette Coupe du monde. C’était une histoire impossible. Et en apprenant son décès, c’est d’abord cela que je me suis remémoré », confie l’Istiqlalien en vue  Adil Douiri.

Le porte-voix de l’Afrique

C’est à Marseille où il assiste à une rencontre de l’OCDE consacrée aux problèmes liés à la planification urbaine que Nabil Benabdallah a appris le décès de Mandela, le récipiendaire du prix Nobel de la Paix en 1993. « Un symbole pour des générations entières qui s’en est allé. Mandela a été la voix de l’Afrique qui se réveille,  un cri pour la liberté et la justice. C’est aussi un homme qui a su réconcilier son peuple et donner des leçons au monde », déclare le ministre de l’Habitat et de la Politique de la ville et secrétaire général du PPS. C’est sur le propre compte Twitter officiel de Mandela que ses proches ont annoncé la mort de « Madiba » tout en envoyant un message de paix en plusieurs langues. «  La mort est inévitable. Quand un homme a fait ce qu’il considérait être son devoir envers son peuple&son pays, il peut reposer en paix #Madiba ». Nabila Mounib, la secrétaire générale du PSU, a du mal à cacher son émotion. Elle cherche ses mots pour mieux les choisir et évoquer le parcours, la vie, la légende de celui qu’elle présente comme une pyramide. « Que dire de plus de Nelson Mandela ? Sinon qu’il a été un homme qui a très tôt compris que l’être humain était éphémère et que porter une grande cause pouvait donner sens à une vie. En fait, cette leçon donnée par Mandela doit être méditée par toutes les générations ». Mandela aura des funérailles d’Etat. Ainsi en a décidé le président sud-africain Zuma.  Et pour cause, explique le Premier secrétaire de l’USFP, l’Afrique a perdu un héros. « Le Maroc aussi a perdu un héros. N’oublions pas que Mohammed V, cet autre symbole de l’indépendance et de la liberté, a été l’un des tout premiers dans le monde  à soutenir l’ANC. Et au Maroc, nous sommes fiers d’avoir eu des relations exceptionnelles avec l’homme qui a sonné le glas à un régime raciste. Le pays a apporté son soutien inconditionnel au combat contre l’apartheid. L’Afrique du Sud le sait, il y a bien plus de choses qui nous rassemblent qu’elles nous divisent. Avec la perte de ce leader historique, les dirigeants africains sont invités à réfléchir à leur rôle dans le continent », conclut Driss Lachgar.

La disparition de Nelson Mandela vue de Rabat

Narjis Rerhaye
Samedi 7 Décembre 2013

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1.Posté par M''''hamed EL Yagoubi le 07/12/2013 22:32
"Ce qui importe dans la vie, ce n'est pas le simple fait d'avoir vécu. C'est la manière dont on a pu changer la vie des autres qui détermine le sens de notre vie." Nelson Mandela. Il était un sens dans l'histoire moderne

M'hamed EL Yagoubi

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