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La disparition de Fatna Gbouri, une grande perte pour la peinture marocaine




La scène des arts plastiques a perdu une grande figure : Fatna Gbouri. Grande artiste de l'art naïf, elle est née à Tnine El Gharbia dans la région de Safi. Et comme la plupart des femmes de sa région, elle a passé presque toute sa vie à travailler dans les champs et à tisser des tapis.
Issue d'un milieu très modeste, elle n'a pu bénéficier d'aucune formation artistique ou académique. Ce n'est qu'en 1984 à l'âge de 59 ans, encouragée par son fils Ahmed Mjidaoui, lui-même professeur d'art plastique et artiste peintre, qu’elle commence à peindre.
"Après le décès de mon père, elle était triste et solitaire. Quand je l'ai vue dans cet état, je lui ai donné un plâtre, un pinceau, et des gouaches et lui ai demandé de dessiner quelque chose", se rappelle son fils Ahmed.
Autodidacte affranchie de toute pratique académique, Fatna donne libre cours à sa fantaisie. Ses tableaux aux couleurs vives et éclatantes retranscrivent ses souvenirs d'enfance, de la vie paysanne et traditionnelle au Maroc.
 Ses œuvres sont simples, authentiques, faciles d'accès.
Dans sa figuration, on relève des thèmes populaires tels les paysages, les costumes folkloriques, les animaux, les scènes de la vie quotidienne… Elle  accorde beaucoup d'importance aux détails, aux couleurs gaies qui apaisent et envoûtent en même temps.
 Mais la représentation du monde réel de Fatna n'est pas seulement innocente, elle est le reflet du monde des sentiments et des passions.
"La peinture est une révélation spontanée de mes sentiments à travers les formes et les couleurs", disait-elle.
En passant du tissage à la peinture, elle a libéré son énergie créatrice. Elle s'exprime sans détour, ni crainte, à partir de ses impulsions et interprète le monde à sa façon.
Son style hors norme est pur, brut, spontané. Son caractère ingénu, son emploi des couleurs vives et la perspective ne sont pas sans rappeler les œuvres de Le  Douanier Rousseau, figure emblématique de l'art naïf.
Sans le savoir, elle s'impose comme une véritable avant-gardiste dans l'histoire de l'art au Maroc.
 Les œuvres de  Fatna Gbouri, réalistes et poétiques, font aujourd'hui partie du patrimoine culturel national.
De son vivant, sa dernière exposition a été présentée à la galerie Loft à Casablanca en juin 2011 sous le thème "Rétrospective Fatna Gbouri". L'exposition avait rendu hommage à l'une des figures emblématiques de l'art naïf au Maroc.
 Une cinquantaine d'œuvres couvrant l'ensemble de la carrière de cette grande artiste sur une période de plus de 30 ans  avaient été rassemblées à cette occasion.
La disparition de cette artiste est ainsi ressentie par les amoureux de la peinture  comme une perte inestimable  tant cette dame avait représenté un symbole de détermination et de talent débordant.          

Libé
Samedi 11 Février 2012

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