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La déontologie de la presse en débat à Rabat

Le rôle du Conseil national des médias passé en revue




La déontologie de la presse en débat à Rabat
Le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) a organisé, vendredi dernier à Rabat, en collaboration avec Media diversity institute une conférence consacrée à la problématique de la déontologie de la presse et au rôle que peut jouer le Conseil national de la presse dans la régulation du champ médiatique marocain.
Younès Moujahid, président du SNPM, a affirmé en l’occasion que l’objectif de cette conférence est de poursuivre le débat sur une problématique qui s’est renouvelée avec le développement technologique et sociétal. 
Pour lui, le Conseil national de la presse a pour but de préserver cette déontologie et prémunir la presse des pratiques qui portent atteinte à la noblesse de cette profession. Mais pour que ce Conseil puisse assumer pleinement sa mission, il doit être, selon lui, crédible et indépendant de l’Etat. Ceci d’autant plus que les dispositions de la nouvelle Constitution et notamment son article 28 qui stipule que les pouvoirs publics favorisent l’organisation du secteur de la presse de manière indépendante, ajoutant que le débat sur ce mécanisme destiné à veiller au respect de la déontologie de la presse a été initié sous le gouvernement Jettou avec la constitution d’une commission chargée de cette question. Le dialogue entamé depuis deux ans entre le SNPM, la Fédération marocaine des éditeurs de journaux et le ministre de la Communication de l’époque, Nabil Benabdellah, n’a pas permis de se mettre d’accord sur la création d’un mécanisme chargé de veiller au respect de la déontologie de la presse. Les travaux de cette commission ont été gelés sous le gouvernement El Fassi avant de reprendre avec l’arrivée du  gouvernement Benkirane. 
Younès Moujahid estime que les choses ne peuvent pas changer sans une vraie volonté politique du pouvoir exécutif. « Avec de la volonté politique, on peut régler tous les problèmes », a-t-il insisté. Et d’ajouter : « Le retard est politique. Il y a ceux qui craignent que le corps de la presse soit indépendant. Mais nous sommes capables de relever les défis avec la Fédération marocaine des éditeurs de journaux ». Younès Moujahid a, par ailleurs, indiqué que le SNPM s’est opposé à l’idée de création d’un Ordre au lieu et place d’un Conseil national.
Le président de cette dernière, Noureddine Meftah, a été sur la même longueur d’onde. Il a précisé que la Fédération partage la même vision du SNPM concernant le processus de réforme du Code de la presse et de l'édition et la création du Conseil national de la presse. Il a précisé que les négociations à propos de ces réformes n’ont pas été engagées, estimant que « la balle est maintenant dans le camp du pouvoir exécutif ». « Y a-t-il une volonté politique de voir ces réformes initiées en conformité avec les dispositions de la Constitution ? », s’est-il interrogé. 
Pour sa part, Said Khomri, professeur universitaire et membre de l’Association Adala, a affirmé que les questions de déontologie et de création d’un organe de régulation du secteur de la presse constituent l’un des thèmes de réflexion de son association, précisant que cette dernière est en train de travailler sur un projet ayant trait à la déontologie de la profession, tout en appelant à garantir la liberté d’expression et l’organisation indépendante de la profession et en même temps à protéger la vie privée des personnes, le respect des citoyens et leur droit à une presse de qualité.
Quant au journaliste et président du Conseil suisse de la presse, Dominique Von Burg, il a passé en revue l’expérience suisse dans ce domaine, précisant que le Conseil de la presse n’est pas un tribunal et qu’il ne prononce donc pas de sanctions, mais c’est « une autorité morale » dont la mission est d’émettre des avis qui contribuent à la réflexion sur le travail des journalistes. 
Il a, par ailleurs, indiqué que le Conseil suisse de la presse est une fondation de droit privé, c’est-à-dire qu’il est indépendant de l’Etat, ce qui explique la faiblesse de ses moyens.

Mourad Tabet
Lundi 3 Mars 2014

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