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La culture de la ville




La culture de la ville
Espace public permettant le brassage des différences, la ville, plus précisément la cité, est un lieu d’instruction et d’apprentissage de l’art de vivre ensemble, d’être soi sans pour autant nuire, sous quelque bannière que ce soit, à ce que les autres sont.  A l’instar de la philosophie, la ville enseigne le sens de la citoyenneté. Ainsi, pareillement à la leçon philosophique, la culture de la cité nourri chez les individus un comportement civique jouxtant controverse et reconnaissance mutuelle des singularités identitaires. Outre la culture de la citoyenneté, la ville cultive chez les citoyens la culture de l’Agora. En effet, la culture de l’Agora tend à véhiculer le sens pratique et universel que recèle l’affinité qui existe entre philosophie, citoyenneté et cité. Il s’agit là de rectifier les déroutes et les aberrations introduites dans les sociétés humaines suite au malheureux recul qu’a connu la pratique de la philosophie dans la cité actuelle. Cet état des lieux traduit une exclusive vérité : la récupération de l’essence de la citoyenneté est inhérente à la re-naissance de la leçon de la philosophie et au respect de l’espace public. Née dans la Grèce antique, la cité et son organisation traduit le génie de l’homme qui s’est vu dans l’obligation d’aménager sa vie suivant une logique : la logique de la cité. La notion de la ville est le produit de l’âge adulte de l’humanité. Elle est le fruit de l’intelligence humaine consciente de la gravité des transformations qui ne cessent de toucher à l’homme dans son devenir. Autrement dit, la ville et sa logique sont la production des grands changements historiques qui ont atteint le style de vie de l’homme. L’homme a effectivement besoin de définir son devenir permanent par rapport à l’espace dans lequel il vit.
Dans ce sens, la ville accomplit la mission de structuration/restructuration de la vie des groupes humains. Elle est le lieu qui organise les relations interindividuelles sur la base des droits et des devoirs. Ceci veut dire qu’historiquement la ville avait pour principale fonction de garantir le fonctionnement souple et bénéfique des affaires de l’Etat et des citoyens. La ville dans ce sens se veut la manifestation de la civilité de l’homme. La ville marque le retrait d’une ancienne culture et son remplacement par une autre. Elle est venue d’une volonté propre à l’homme policé visant la sortie d’une mentalité tribale et rigide à une mentalité citadine et laxiste. Ainsi, croire à la logique de la ville est au fond croire en une mentalité nouvelle qui cautionne la différence en tant que moteur sine qua non à la vie moderne. La ville implique la modernité en ceci qu’elle bat en brèche la vie tudesque et primitive guidée par l’instinct de force. Dans cette optique, la sociologie de la ville étudie la logique qui fonde la culture de la ville.
Tout se passe comme si cette branche de la Sociologie se proposait de répondre à la question : comment s’organisent les villes ? La ville est créée pour répondre aux besoins urgents de l’homme de l’agglomération, signe majeur des temps modernes. Ceci dit, la ville moderne est plurielle. En effet, commerçants, politiciens, religieux, areligieux, épicuriens, etc. ont chacun sa propre conception de la ville. A cet égard, la ville devient la métaphore de droit à la différence. La ville ne va pas sans conception d’un espace public habilité à assurer à chaque citoyen le droit de vivre sa différence. La ville en tant que forme de civilisation se charge de gérer les rapports de force entre citadins. Ainsi conçue, la ville est décidément une culture. Elle éduque le goût et amadoue les conflits car, pour se consolider, elle se confie à ses institutions. Via ses institutions, la ville justifie sa logique et favorise sa dynamique, ce qui laisse entende que les institutions de la ville sont en principe le socle d’une citoyenneté assumée. L’absence des institutions s’avère être la négation de la ville et de la citoyenneté. Le citoyen qui accepte la logique de la ville, défendra volontiers ses institutions dès lors qu’elles le protégent et protégent ses Droits. Contrairement à ce qu’on vient de dire, la ville  a un autre visage : le labyrinthe. Elle étouffe le social et assène le psychologique. Capharnaüm, la ville fonde sa logique sur le fonctionnement matériel de ses objets. Elle assure le passage de l’être à l’étant. Au demeurant, l’homme moderne est métamorphosé en statue insensible à son essence bafouée entre les reliefs de la ville qui ne fait que nourrir les sentiments de solitude, d’esseulement et de mystification. La logique de la ville fait de l’individualité une référence et du solipsisme un mode de vie. Le stress est son apanage, l’angoisse est son exclusivité. La logique de la ville peut rendre malade comme elle peut rendre fou. Sa sagesse, si elle en a une, s’avère être le couronnement des valeurs de la ville telles que le sens de l’amitié, le sens de la différence et le sens de la cohabitation. Poétiquement, la ville a d’autres secrets. Les nocturnes en sont convaincus. La ville est « métaphores »…

Atmane Bissani
Samedi 23 Mars 2013

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1.Posté par youssoufi le 29/03/2013 15:09
les mots et les idées peuvent changer le monde...

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