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La contraception orale prédomine au Maroc

L’absence d’un avis médical et d’un bilan hormonal impliquerait des risques accrus de complications graves




La contraception orale prédomine au Maroc
Le Groupe d’experts maroco-européens sur la contraception (GEMEC), un collectif d’enseignants-chercheurs hospitaliers nationaux et internationaux, a animé récemment à Casablanca un atelier au profit des journalistes sous le signe « Contraception. Un choix personnalisé après une information éclairée ».
Ce workshop, animé par le Pr Houssine Boufettal, président du GEMEC et enseignant-chercheur à la Faculté de médecine de Casablanca, visait à mieux informer les médias sur la diversité de l’offre contraceptive et de sensibiliser sur l’intérêt de choisir une méthode contraceptive conformément aux dernières recommandations internationales.
Plusieurs points ont été abordés lors de cet atelier qui a passé au crible le modèle contraceptif marocain actuel, marqué par un recours important à la pilule; les dernières recommandations internationales en matière de prescription de la pilule; la lutte contre l’automédication des pilules et l’accès à une pilule de bonne qualité, gage d’une politique globale et cohérente en matière de contraception au Maroc.
La disponibilité et l’accessibilité des différentes méthodes contraceptives au Maroc constituent un acquis médico-sanitaire de taille, a d’emblée soutenu le Pr Houssine Boufettal. L’universitaire a toutefois estimé que la politique du Maroc en matière de contraception devrait se baser, entre autres, sur une plus large médicalisation sous prescription médicale et inévitablement sur la promotion de ces méthodes contraceptives. Ce pour une meilleure répartition de leur usage parmi les populations concernées.
Pour assurer le bien-être des femmes, ce spécialiste en gynéco-obstétrique a estimé qu’il est important de multiplier les actions de formation et d’information au profit des personnes concernées par la contraception, précisant que celles-ci doivent se focaliser sur le respect de son utilisation rationnelle et de son observance régulière par les utilisateurs et les utilisatrices, entre autres.
Pr Houssine Boufettal a, par ailleurs, insisté sur la possibilité d’orienter le choix contraceptif initial à chaque étape de la vie de la femme (arrivée d’un enfant, allaitement, contre-indications médicales…)
Cependant, le chercheur a estimé que l’essentiel d’une telle démarche stratégique doit d’abord porter sur la promotion de la pilule de bonne qualité, faisant observer que le modèle contraceptif marocain se caractérise par un recours important à la pilule.
Si les retombées positives d’une telle utilisation ne sont plus à démontrer, le médecin a toutefois exprimé des inquiétudes au regard du nombre important des lacunes observées à ce niveau. Et de citer, par exemple, le recours excessif à l’automédication en l’absence d’un avis médical et d’un bilan hormonal, qui impliquerait des risques accrus de complications graves voire mortelles.
Cette situation serait d’autant plus alarmante quand les pilules de 3e et 4e générations, de plus en plus remises en cause, sont conseillées ou délivrées sans ordonnance par un assistant ou un préparateur en pharmacie loin de tout contrôle médical, a-t-il fait remarquer.   
A ce propos, il est à souligner que des analyses approfondies de plusieurs institutions de santé sur la réévaluation de l’équation bénéfice/risque ont prouvé récemment que les femmes utilisant des contraceptifs oraux de 3e et 4e générations s’exposaient à un risque plus élevé de complications.
« Ces organisations appellent à privilégier systématiquement la prescription aux patientes de pilules contraceptives de 2e génération. Celles-ci présentent en effet moins de risques de survenue d’évènements graves comme l’embolie pulmonaire, l’accident vasculaire cérébral ischémique et l’infarctus du myocarde, comparativement aux contraceptifs oraux de 3e et 4e générations», a indiqué le Pr Houssine Boufettal.
A l’heure où la contraception est sujette à de multiples changements et dans le souci de garantir et veiller au respect de ce droit humain, ce dernier a appelé à une plus grande mobilisation des professionnels de la santé, des instances gouvernementales, de la société civile et des médias.
Afin de pallier ces insuffisances, la référence scientifique en matière de prescription des pilules a trait aux dernières recommandations des instances internationales comme l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), la Haute autorité de santé (HAS) et l’European medecines agency (PRAC), a-t-il indiqué.
Pour rappel, le GEMEC est un groupe de réflexion, d’étude et de communication sur la contraception créé en avril dernier en vue de permettre un meilleur accès à la contraception adaptée et une orientation adéquate en santé reproductive de la femme.
Ce collectif s'est entouré d’une pléiade de chercheurs européens en contraception, sous la présidence d’honneur du Dr David Serfaty.

Alain Bouithy
Samedi 21 Mai 2016

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