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La circulation infernale de Rio, un puzzle pas fini pour les JO




Le cauchemar d'Elizabeth Ferreira se répète à chaque fois qu'elle monte dans un bus bondé pour aller de chez elle, à côté du Parc Olympique, jusqu'à son travail au centre de Rio: plus de deux heures pour parcourir 43 km.
Il pourrait continuer après les Jeux Olympiques...
A l’approche  du coup d'envoi des Jeux le 5 août, installations sportives et stades sont prêts, mais les transports publics insuffisants menacent de ternir la plus grande fête du sport mondial où 500.000 touristes sont attendus.
A cette inquiétude se mêlent la menace du virus Zika, transmis par un moustique, qui a fait renoncer plusieurs athlètes et touristes de venir, une hausse des homicides et agressions, et l'instabilité politique déclenchée par le jugement en destitution de la présidente Dilma Rousseff écartée en mai du pouvoir dans un pays frappé par une grave récession.
Et un problème de dernière heure: la suspension du laboratoire antidopage de Rio, le tout dans un Etat régional en faillite où policiers, professeurs et médecins réclament le paiement de leurs salaires.
"Bienvenue en enfer!", résumait en anglais cette semaine une grande banderole avec laquelle les policiers en grève ont reçu les touristes à leur arrivée dans le hall de l'aéroport international.
"Les Jeux (5 au 21 août) pourraient être un échec", a prévenu le gouverneur par intérim de Rio, Francisco Dornelles, pressé de recevoir l'aide de 833 millions d'euros promise par Brasilia alors que les caisses de l'Etat régional sont vides.
En terme d'infrastructures, l'amélioration des transports est considérée comme le plus grand "héritage" des JO pour Rio.
Mais après plusieurs retards, la nouvelle ligne de métro, la numéro 4, qui va relier sur 16 km le quartier aisé d'Ipanema (sud) à celui de Barra da Tijuca (ouest) où se trouvent les installations sportives ne sera livrée qu'à la veille des Jeux, le 1er août.
"On aurait pu ouvrir en juillet mais nous avons préféré prolonger la période des tests", a justifié vendredi à l'AFP, le secrétaire aux transports, Rodrigo Vieira, attribuant les retards à des "problèmes de financements" en passe d'être résolus.
Le métro de Rio fonctionne bien mais avec deux lignes seulement et n'est utilisé que par 4% de la population alors que 37% d'entre elle voyage en bus dans cette ville très étendue, coincée entre la mer et la montagne, où vivent 12 millions de personnes avec la banlieue.
Une seule ligne de bus fait le trajet depuis la maison d'Elizabeth, située en face des installations olympiques jusqu'au centre-ville.
Le voyage dure 2h20, après une attente qui peut atteindre 40 minutes. Parfois il y a même des agressions dans le bus. Plusieurs chauffeurs dépassent la limitation de vitesse et brûlent les feux, encouragés par les passagers qui veulent gagner du temps.
"Et ils sont archibondés! Il est obligatoire qu'ils aient tous l'air conditionné mais ce n'est pas le cas", déplore cette démarcheuse de plans de santé de 56 ans.
Visiteurs et athlètes pourraient connaître les mêmes déboires qu'Elizabeth et rester coincés dans des embouteillages où les voitures et les bus avancent au pas alors que les motos se faufilent en klaxonnant, au milieu des insultes.
La municipalité a essayé de remédier à la situation avec l'implantation de quatre lignes de "BRT" (Bus Rapid Transit) qui empruntent des couloirs exclusifs pour relier les quartiers olympiques aux aéroports.
Deux d'entre elles ont été ouvertes pour le Mondial-2014 de foot et une troisième fera un trajet limité pour la "famille olympique" -athlètes, délégations et supporteurs munis de billets - depuis le Parc Olympique (ouest) au quartier de Deodoro (nord) pendant les Jeux, a expliqué à l'AFP le vice-maire de Rio, Rafael Picciani. Après les JO elle sera ouverte au public.
Si la nouvelle ligne de métro n'était pas inaugurée à temps pour les JO, le plan B consisterait en une ligne de bus express improvisée et "temporaire" allant du parc olympique au centre-ville qui fonctionnerait jour et nuit, précise Picciani.
Pour réduire la circulation, la mairie a repoussé à août, les vacances scolaires habituellement programmées en juillet.
L'expert en grands événements sportifs, Lamartine Pereira da Costa de l'Université de l'Etat de Rio de Janeiro (UERJ) prévoit toutefois de "grands embouteillages quand même, car le métro fonctionnera de manière limitée".

Jeudi 14 Juillet 2016

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