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La cinglante gifle de BAM au gouvernement Benkirane

Ayant promis un taux de croissance de 7 % en début de mandat, le gouvernement se retrouve, selon BAM, avec un tout petit 1% en fin de parcours




Bank Al Maghrib  (BAM) ne table plus que sur 1% de croissance en 2016 contre sa précédente prévision de 2,1%, voilà trois mois. L'inflation devrait reculer à 0,5 % en 2016 et l’institution monétaire a décidé de réduire son taux directeur à 2,25%. Privilégiant le soutien de l'activité économique.
La Banque centrale  qui a tenu son Conseil d’administration trimestriel ce mardi 22 mars est très loin d’être optimiste pour le devenir de l’économie nationale en 2016. Elle prévoit désormais une croissance réellement négative pour l’année en cours. Pourtant, courant 2015, tout le monde était confiant et tablait sur une croissance du PIB supérieure à 4,5 % en 2016.  En effet, gouvernement, Haut commissariat au plan (HCP), Fonds monétaire international (FMI) et Banque mondiale (BM), s’accordaient à le dire. Exception faite du Centre marocain de conjoncture (CMC) qui a été le seul à tirer la sonnette alarme en prévoyant, dans le meilleur des cas, une évolution de seulement 1,2%, soit le plus faible taux de croissance depuis le début de ce siècle.
Dans la foulée, il est à rappeler que le gouvernement actuel était le plus enthousiaste d’entre tous en projetant une hausse de 7% pour son dernier mandat. Par la suite, il n’a plus eu d’autre possibilité que de déchanter en tablant sur une croissance comprise entre 2,6% et 3%, d’après les prévisions annoncées par le ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Boussaïd.
Ceci étant, si la gardienne de la politique monétaire a revu sa prévision à la baisse à 1%, c’est suite essentiellement à l'ajustement, sur la base des données climatiques et de la situation de la végétation à fin février, de l'hypothèse relative à la production céréalière de 70 millions à 38 millions de quintaux (Qx).  
A ce propos, la dernière note stratégique de veille du mois de février 2016 relative aux céréales, publiée par le ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime (Direction de la Stratégie et des Statistiques) fait ressortir que la production moyenne des céréales entre (2000-2007) et (2008-2015) est passée de 58.4 millions de  Qx à 80 millions soit une progression de 35%, l’équivalent d’une production additionnelle de 22 millions Qx, et ceci malgré la stabilisation de la superficie emblavée.
«La valeur ajoutée agricole devrait ainsi se contracter de 13,8 % et le PIB non agricole continuerait à évoluer à un rythme limité de 2,9 %», a expliqué, le gouverneur de la Banque centrale, Abdellatif Jouahri, lors d'un point de presse à l'issue de la réunion du Conseil.
Et de faire savoir, dans ce cadre, qu’en 2017, sous l'hypothèse d'une année agricole moyenne, la croissance s'accélérerait à 3,9 % avec des hausses de 10,8 % de la valeur ajoutée agricole et de 3,1 % du PIB non agricole.
Aussi, le wali de Bank Al Maghrib fait état, à cette occasion, de la décision du Conseil de réduire son taux directeur de 25 points à 2,25%.
«Cette décision tient compte de la prévision centrale d'inflation, du faible rythme de la croissance non agricole, de la poursuite de l'atténuation du déficit budgétaire et du renforcement des réserves de change», a-t-il indiqué. M. Jouahri assure, néanmoins, que l'inflation importée ne représente pas un risque pour l'économie nationale mettant en exergue que l'activité économique sur le plan international reprend lentement.
En effet, le gouverneur de BAM continue de plus belle en dévoilant que l'inflation devrait reculer à 0,5 % en 2016, avec un ralentissement de l'inflation sous-jacente, impactée par la faiblesse de la demande intérieure et de l'inflation dans la zone Euro. Et de préciser qu’en 2017, l'inflation devrait augmenter à 1,4%, recouvrant une accélération de sa composante sous-jacente et une hausse des prix des carburants et lubrifiants notant, toutefois, que ces prévisions n'intègrent pas la décompensation du sucre annoncée  à partir de janvier 2016, mais non entrée en vigueur encore.
Dans ce sillage, plusieurs experts avertis se demandent si le fait de baisser le taux directeur, tendra concrètement à soutenir l’activité économique et essayer de doper les crédits. Répondant à cette interrogation par la négative, ces derniers tiennent à rappeler que cette décision intervient après deux baisses successives du taux directeur qui n’avaient pas réussi à opérer de résultats tangibles dans les temps impartis. Et de mettre en relief que sur toute l’année 2015, le crédit bancaire n’a progressé que de 0,5% alors qu’en début d’année, la prévision de croissance des crédits était de 4% et que préoccupée justement par cette situation, la Banque centrale avait opté pour ladite baisse.
Quoi qu’il en soit, en matière de taux de croissance, ces professionnels jettent un pavé dans la mare : la prévision du CMC qui se rapproche davantage de celle de BAM dévoilant un rythme de croissance qui ne pourra dépasser 1,2 %  impliquant un repli-contraction de la croissance estimé à 3,8 points par rapport à l’exercice 2015 avec d’importantes répercussions sur les revenus, les niveaux de vie et l’emploi.
De fait, tout ceci est annonciateur d’un fait fort simple : la « baraka » dont le PJD se prévalait au moment de son triomphe électoral a vite fondu comme neige au soleil. Il avait, en début de mandat, promis un taux de croissance de 7% et il se retrouve en fin de parcours avec un petit 1%. Disons-le tout net : pour Benkirane, avancer est une simple marche à  reculons. Il fallait tout simplement le comprendre pour ne pas tomber des nues.


Précisions

Sur le plan des comptes extérieurs, M. Jouahri a relevé que sous l'hypothèse d'un cours moyen du pétrole de 38,4 dollars le baril en 2016 et de 44,6 dollars en 2017, et d'entrées en dons du Conseil de coopération du Golfe (CCG) de 13 milliards et 8 milliards de dirhams (MMDH) respectivement, le déficit du compte courant devrait s'atténuer davantage pour se situer à 0,1 % du PIB en 2016 et à 0,3 % du PIB en 2017.  Ces améliorations conjuguées à la poursuite d'importants afflux d'IDE permettraient de renforcer davantage les réserves de change, poursuit-il, ajoutant qu’après 6 mois et 24 jours en 2015, elles devraient assurer la couverture de 7 mois et 21 jours d'importations de biens et services à fin 2016 et 8 mois et 15 jours à fin 2017. Concernant le plan des finances publiques, il a signalé que le déficit budgétaire devrait avoisiner 3,7 % du PIB en 2016 et 3,1 % du PIB en 2017.


 

Meyssoune Belmaza
Jeudi 24 Mars 2016

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