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La chanson et ses soucis de sous : La subvention débattue et expliquée




L'émission "Moubachara Maâkoum" consacrée à la subvention qui sera octroyée à la chanson était assez animée.
Depuis que la décision a été prise par le ministère de la Culture et que l'annonce de la subvention a été diffusée et publiée, artistes et observateurs se posent des questions sur certains aspects de cette subvention.
Les invités au plateau de l'émission de Jamaâ Goulahcen étaient en mesure d'éclairer la lanterne des téléspectateurs et des chanteurs qui sont les premiers concernés par cette mesure.
Nouaâmane Lahlou, chanteur-compositeur et l'un des musiciens marocains les plus en vue à l'heure actuelle, Abdallah Afendi de la direction des arts au ministère de la Culture, Mhamed Meghari, connu sous le nom de Momo et initiateur de L'Boulevard, Mohamed Damou, chef d'orchestre amazigh et Mustapha Bourgogne, vedette du chaâbi, ont chacun émis leurs opinions tout en posant des questions pertinentes au représentant du ministère de la Culture. Pour Mohamed Damou, les chaînes de télévision n’accordent pas beaucoup d’intérêt à la chanson amazighe. Pour lui, l'existence d'une chaîne amazighe ne peut nullement justifier son absence des grilles des autres chaînes. Pour exemple, la soirée du nouvel an où l'on n’avait programmé aucun groupe ou chanteur amazigh. Au niveau des stations radio, a-t-il fait remarquer, la situation n'est pas meilleure puisqu’elles consacrent plus de la moitié de leurs programmes aux chansons étrangères. Nouaâmane Lahlou a abondé dans le même sens, en insistant sur le fait que les chaînes de télévision, comme les stations radio ne respectent pas les clauses des cahiers des charges. Pour lui, seule la deuxième chaîne 2M offre des opportunités aux chanteurs marocains. Quant aux radios, même lorsqu'elles daignent programmer des chansons marocaines, elles le font à une heure tardive et ainsi elles contournent la réglementation. Nouâamane a également évoqué la question des droits d'auteur qui reste très problématique dans la mesure où les versements sont insignifiants étant donné qu'ils sont basés sur des données erronées. Mustapha Bourgogne était lui aussi de cet avis, en précisant que les chaînes de télévision et radios ne respectent pas leurs engagements au niveau des droits d'auteur.
Concernant la subvention, elle est jugée suffisante par Nouaâmane Lahlou qui a émis le souhait de la voir évoluer à la hausse dans les prochaines années. Le chanteur-compositeur a même appelé les deux Chambres du Parlement à voter en faveur d’une augmentation de cette subvention, à l'image du cinéma et du théâtre. Le représentant du ministère de la Culture, Abdallah Afendi, a saisi cette occasion pour préciser que rien n'est définitif et que le montant de la subvention pourrait, en effet, connaître des augmentations dans les années à venir. Mais comment cette subvention sera-t-elle octroyée et sur quels critères? s'est demandé "Momo" qui n'a pas caché sa crainte de voir entrer en ligne de compte, des considérations autres qu'artistiques. Bien sûr, on a tenté de dissiper cette inquiétante qui marque la plupart des débats sur cette question.
Une mesure très salutaire s'il en est, surtout que, comme l'a souligné Abdallah Afendi, le projet n'écarte aucun genre et n'impose pas aux prétendants d'avoir une carte d'artiste.
Mais l'on craint, cependant, que cette subvention ne rende un mauvais service à la chanson marocaine et que ses résultats soient une copie conforme de la subvention accordée par l'Etat au théâtre dont les retombées sont catastrophiques. L'on craint aussi, à juste titre, que cette assistance ne tue la créativité chez les artistes qui se sentiront dans l’obligation de produire quelque chose pour justifier l'argent perçu. Certains n'excluent pas la possibilité de voir les artistes plasticiens demander leur subvention aussi, à l’instar des gens du cinéma, du théâtre et maintenant de la chanson.
N'aurait-il pas été plus judicieux de consacrer l'argent à débloquer, à la mise en place d'une structure professionnelle composée de studios, réseaux de production, de distribution et de promotion médiatique ?
Il est évident que ce n'est pas la chanson qui est malade mais plutôt l'environnement où elle évolue. En l'absence de structures professionnelles à même de jeter les bases d'une véritable industrie de la musique, on ose espérer que la nouvelle mesure du ministère de la Culture permettra aux artistes marocains de rompre leur isolement.       

A.K
Samedi 8 Janvier 2011

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