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La campagne référendaire bat son plein : Les partisans du “non” peinent à faire entendre leur voix




La campagne du « non » au projet de réforme constitutionnelle bat son plein, même si elle a encore bien du mal à prendre réellement corps dans les médias publics. Lundi 20 juin, 2M donnait pour la première la parole à un partisan du boycott du référendum, Sassi, l’un des dirigeants du PSU.
Dans ce concert de quasi-unanimisme où la majorité des partis battent la campagne en faveur du projet de Constitution, soumise au vote, le 1er juillet, des formations politiques, un syndicat et les jeunes du Mouvement du 20 février font entendre leur différence. Des voix dissonantes qui appellent au boycott du référendum. Le  Parti socialiste unifié, le PADS, le Congrès national ittihadi, Annahj Addimokrati ainsi que la CDT l’ont officiellement fait savoir. Ils ont choisi de boycotter cette consultation référendaire.  Les « anti-référendum » s’organisent comme ils peuvent pour se faire entendre et, surtout, expliquer aux citoyens pourquoi la nouvelle Constitution ne répond pas, de leur point de vue, aux principes de la démocratie. La Toile s’est mobilisée et les bloggeurs du « non à la Constitution » n’en finissent pas d’exprimer leur désaccord. Les forums naissent, contribuant à cette libre parole où une petite poignée de citoyens disent pourquoi ils refusent ce qu’ils considèrent être comme « une Constitution octroyée ».
De « mamfakinch maakoum », « Journalistes du 20 février », « Comme une bouteille à la mer »…, sites,  blogs et pages facebook, ont commencé leur campagne virtuelle. Un exercice d’explication pour fustiger, pêle-mêle, l’absence de démocratie et de transparence dans l’élaboration du projet de Constitution, la non séparation des pouvoirs et l’octroi d’une Constitution préparée dans une rare célérité. Sur le Net, les petites phrases font florès. « Comme en cuisine, la politique marocaine se met à la cocotte minute : 15 jours pour discuter la nouvelle Constitution », « Une Constitution ne peut se prétendre démocratique si son mode d’élaboration ne l’est pas », « Cette réforme a été élaborée en catimini sans réelles concertations et sous le cadrage strict du conseiller du Roi ». Des banderoles et affiches tout aussi virtuelles et hautes en couleur font le tour de la Toile : « Boycotter le référendum du Makhzen » ou « Boycotter la Constitution octroyée » sont envoyées sur des listes comme celles de « Presse Maroc ».
Mais la mobilisation virtuelle peut-elle valablement se substituer au temps d’antenne qui devrait être accordé de manière équitable à tous les courants de pensée et d’opinion en période électorale et référendaire ? Autrement dit, les partisans du boycott et du « non » ont-ils réellement droit de cité cathodique et radiophonique ? A la télévision, leur apparition est rare et constitue l’exception. Il faut ici relever que 2M a été la première à ouvrir les portes de ses studios, au PSU, un parti qui a décidé de boycotter le référendum  du 1er juillet. C’est plus sur les radios privées, promptes à les accueillir, que les voix dissonantes se font entendre.  Le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle, CSCA, a bien émis, le 16 juin dernier, une recommandation relative à la garantie du pluralisme de l’expression des courants de pensée et d’opinion dans les médias audiovisuels pendant la période de consultation référendaire. Cette toute première recommandation des Sages nouvellement installés est un modèle d’ambiguïté. La Haute Autorité a ainsi recommandé à tous les opérateurs « d’ouvrir leurs programmes à tous les courants de pensée et d’opinion ainsi qu’à tous les acteurs politiques, syndicaux, économiques… » et appelé à « l’équilibre entre la pluralité des points de vue ». Les Sages se gardent bien de préciser que ceux qui appellent au boycott du  référendum ou à voter « non » à la Constitution doivent impérativement avoir leur temps d’antenne. D’autant qu’en  préambule de sa recommandation,  le CSCA prend le soin d’indiquer qu’il « prend acte de la dimension historique de la réforme constitutionnelle s’inspirant du discours Royal du 9 mars 2011 appelant à une mobilisation collective pour faire aboutir ce grand chantier national ». Aux yeux des réfractaires, il s’agit bien d’une consigne de vote qui ne dit pas son nom.
Dimanche dernier, le Mouvement du 20 février avait organisé dans plusieurs villes marocaines des marches contre le projet de réforme constitutionnelle. A Rabat et Casablanca, ces jeunes en désaccord avec le projet de réforme ont été pris à partie par des « inconditionnels » de cette nouvelle Loi suprême qui les traiteront de « traîtres ». Le droit à une expression libre des opinions y compris celles considérées comme politiquement incorrectes est encore un long chemin accidenté… 

Narjis Rerhaye
Mercredi 22 Juin 2011

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