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La bonne tenue en classe




Tel le phénix, la question de l’uniforme scolaire renaît de ses cendres, chaque fois qu’on la croit jetée aux oubliettes. A preuve, la secrétaire d’Etat chargée de l’Enseignement scolaire s’est fendue d’une note portant le numéro 93 et remettant au goût du jour une expérience qui avait débouché, il y a quelques années de cela, sur un nombre incalculable de malversations. Une décision qui a été aussi ridicule que celle qui avait imposé aux écoles privées de peindre l’ensemble de leurs moyens de transport de l’ineffable couleur jaune qui rappelait celle des cars de ramassage scolaire américains, mais dont les effets risquent d’être plus dangereux.
Imposer un uniforme aux élèves ne fera jamais de l’école un lieu de responsabilité où l’enfant doit apprendre à respecter tant les valeurs communes qui sont le socle de toute vie sociale épanouie, que la diversité. De plus, ce n’est probablement pas en préconisant l’uniformisation qu’on apprendra à nos ouailles à être tolérants et ouverts.
A contrario, on façonnera chez eux un esprit de corps et on développera leurs instincts grégaires. Bref, on fera de l’école une sorte de caserne destinée à habituer les jeunes à accepter un moule, à être socialement conformistes et à être sexistes puisque la tenue réglementaire des garçons et celle des filles sont basées une différentiation qui n’a pas lieu d’être.
Le fait de vouloir imposer à 70 % des élèves nécessiteux de le porter, n’est donc ni justifiable, ni socialement responsable. Surtout en ces temps où il nous faut davantage nous préoccuper de l’unification du système d’enseignement que de l’uniformisation des tenues vestimentaires des élèves qui n’ont pas les moyens de se faire inscrire dans l’un ou l’autre des systèmes d’enseignement payants.
Au Maroc, il en existe d’ailleurs tellement que plus personne ne sait vers où orienter ses enfants. Outre l’indicible secteur privé national, il y a les établissements scolaires d’enseignement français, les écoles italiennes, espagnoles, américaines, etc. Un patchwork qui devrait bénéficier davantage de l’attention de nos responsables. Lesquels n’ont cessé, depuis l’aube de l’indépendance, de nous parler de l’unification de l’enseignement comme d’une action tellement difficile qu’ils lui préfèrent celles d’harmoniser les couleurs des véhicules de transport scolaire et de militariser les écoles.

Ahmed SAAIDI
Lundi 13 Juillet 2009

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