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La baleine au menu, une pratique dépassée ?




La baleine au menu, une pratique dépassée ?
Depuis des semaines maintenant, des militants poursuivent les navires japonais partis en campagne de chasse à la baleine. Si cette pratique est très ancienne, de nombreux pays l’ont abandonnée. Pourtant, le Japon se bat pour maintenir cette tradition qu’il poursuit “au nom de la recherche scientifique”.
L’homme chasse la baleine depuis des dizaines voire des centaines d’années. Il a ainsi appris à utiliser de multiples manières ces cétacés, se nourrissant de leur chair, utilisant la graisse pour faire du maquillage, des produits pharmaceutiques, de la peau pour fabriquer du cuir, de l’huile pour le chauffage… Face à une telle “poule aux œufs d’or”, le Japon a, dès les années 1970, étendu son territoire de chasse à la baleine dans les eaux sud-coréennes, russes et australiennes.
Cette initiative a d’ailleurs provoqué une guerre avec la Russie qui a fini par capituler et céder en quelque sorte son territoire maritime au géant de la chasse baleinière. Mais en 1982, l’affaire prend un nouveau tournant. La Commission internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine décide d’interdire la chasse dite commerciale. Une mesure adoptée par la majorité des pays membres de la CBI et rejetée par le Japon entre autres.
En 1987, le pays finit toutefois par accepter le moratoire mais démarre en parallèle un programme de recherche scientifique sur les cétacés dans l’Antarctique (JARPA). Le but avancé est alors de collecter des informations sur la structure des stocks et la biologie des baleines. C’est d’ailleurs ce programme qui permet encore aujourd’hui au Japon d’organiser sa campagne annuelle de pêche à la baleine, grâce à l’article 8 de la CBI qui donne le droit à ses membres d’émettre des permis spéciaux de chasse scientifique. Mais de nombreux écologistes estiment que l’aspect scientifique ne serait en fait qu’une couverture.  
Le Japon entend donc, par cette manipulation législative, poursuivre l’objectif fixé par la CBI d’assurer “la conservation judicieuse de l’espèce baleinière et, partant, de rendre possible le développement ordonné de l’industrie baleinière” en continuant sa chasse afin de recenser les stocks restants. Quant à l’utilisation de la viande de baleine, le pays la justifie en expliquant que c’est la CBI elle-même qui exige dans son règlement que les spécimens chassés soit utilisés autant que possible.
Aujourd’hui, il reste quelques adeptes de la chasse à la baleine dans le monde, comme l’Islande et la Norvège, mais l’activité semble en déclin. Toutefois, cette quasi-unanimité ne convainc toujours pas le Japon. Ainsi, le dernier bastion de la chasse à la baleine au Japon, la ville portuaire de Shimonoseki, se bat pour garder ses traditions, dont les plats conçus à base de ces cétacés. “La pêche à la baleine fait encore travailler plus de 6.000 personnes ici et de nombreux habitants la considèrent comme un loisir. Nous sommes déjà le premier port de pêche à la baleine au Japon mais nous visons la place de numéro un mondial”, a déclaré le maire de la ville.  A Shimonoseki, la situation est ainsi clairement expliquée : c’est seulement pour ses qualités gustatives et nutritionnelles que la baleine doit être vénérée. Cité par le Courrier international, un restaurateur de la ville témoigne : “Les grandes pêcheries ont disparu après le moratoire, mais mon père a estimé que les petits commerçants, eux, pourraient continuer d’exister. La culture de la pêche à la baleine utilise toutes les parties de l’animal, c’est une des raisons pour lesquelles je veux maintenir cette tradition”. Une tradition qui revient même aujourd’hui dans les cantines scolaires de la région.
Cette année, le Japon prévoit de ramener de l’Antarctique 900 petits rorquals et rorquals communs. Mais les militants qui traquent actuellement les baleiniers japonais comptent bien les empêcher d’accomplir leur oeuvre. L’an dernier, ils ont tellement harcelé les navires que le Japon a fini par interrompre sa campagne. D’après le président de l’Association Sea Shepherd, les militants ont réussi à sauver près de 3.000 cétacés au cours des dernières années.

Maxisciences
Jeudi 26 Janvier 2012

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