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La Turquie bombarde le PKK en Irak après un nouvel attentat à Ankara

L'un des auteurs de l’attaque serait une femme




La Turquie a bombardé lundi à l'aube les camps du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) situés dans le nord de l'Irak en riposte à un nouvel attentat à la voiture piégée, le deuxième en moins d'un mois, qui a visé la veille Ankara et fait au moins 36 morts.
 Quelques heures à peine après cette attaque commise en plein coeur de la capitale turque, une dizaine de chasseurs-bombardiers ont mené une série de frappes contre plusieurs bases des rebelles kurdes dans les montagnes de l'extrême-nord irakien, dans les secteurs de Kandil et Gara, a annoncé l'état-major.
 Ces bombardements ont été confirmés à l'AFP par un porte-parole militaire du PKK.
 L'attentat commis dimanche soir n'a pas été revendiqué mais son mode opératoire le rapproche de celui perpétré le 17 février dernier, également en plein centre d'Ankara.
 Un groupe radical dissident du PKK, les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), a revendiqué cette opération et annoncé dans la foulée de nouvelles attaques, notamment contre les sites touristiques du pays.
 Dimanche à 18h45 locales (16h45 GMT), une voiture piégée est venue se faire exploser contre un bus municipal dans le quartier très fréquenté de Kizilay, siège de nombreux commerces et important noeud des transports en commun de la capitale turque.
 Selon un nouveau bilan annoncé par le ministre de la Santé Mehmet Müezzinoglu, au moins 36 personnes ont été tuées et 71 étaient toujours hospitalisées lundi matin. De nombreux jeunes et étudiants figurent parmi les victimes.
 "A ce stade 37 personnes sont décédées dans cette attaque terroriste", a dit M. Muezzinoglu, ajoutant qu'"au moins une des victimes" était l'auteur de l'attentat.
 Lundi, la place Kizilay était totalement interdite à la circulation, a constaté une journaliste de l'AFP. Des experts de la police scientifique en tenue blanche continuaient à collecter des indices sur le site de la déflagration, protégé des regards par des draps blancs.
 Dans leurs premières réactions dimanche soir, le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan et son Premier ministre Ahmet Davutoglu n'ont pas formellement mis en cause les rebelles kurdes.
 "Nous avons des informations concrètes sur le groupe terroriste à l'origine de l'attaque", a déclaré M. Davutoglu, sans autre détail.
De son côté, M. Erdogan a dénoncé des "attaques contre l'unité de notre pays et notre peuple" et annoncé des représailles. "Notre Etat ne renoncera jamais à faire usage de son droit à la légitime défense contre toute menace terroriste", a-t-il déclaré.
 Les deux dirigeants avaient été très prompts à attribuer l'attentat du 17 février aux kurdes syriens des Unités de protection du peuple (YPG), avec le soutien du PKK.
 Ces deux mouvements avaient catégoriquement rejeté ces accusations.
 Jusqu'à la trêve instaurée le 27 février sur le front syrien, Ankara a bombardé à de multiples reprises les positions tenues en Syrie par les YPG, qu'elle considère comme affiliées au PKK qui mène la rébellion sur son sol depuis 1984.
 Selon la presse turque, deux personnes se trouvaient à bord du véhicule qui a explosé place Kizilay. L'une d'entre elles serait une militante du PKK identifiée comme Seher Cagla Demir par ses empreintes digitales.
 Les Etats-Unis ont "fermement condamné" dimanche cette attaque, et "réaffirmé leur partenariat solide avec la Turquie (...) dans le combat contre la menace commune du terrorisme", a indiqué le porte-parole du département d'Etat, John Kirby.
 L'ambassade américaine en Turquie avait alerté vendredi ses ressortissants sur une "possible attaque terroriste" à Ankara visant "des bâtiments du gouvernement turc".
 La Turquie est secouée depuis l'été dernier par la reprise du conflit kurde. D'intenses combats opposent ses forces de sécurité au PKK dans de nombreuses villes du sud-est du pays, peuplé en majorité de Kurdes. Ils ont fait de nombreuses victimes dans les deux camps et tué des dizaines de civils.
 Ces affrontements ont fait voler en éclats les pourparlers de paix engagés par le gouvernement turc avec le PKK à l'automne 2012.
 La Turquie a en outre été frappée à quatre reprises depuis juin par une série d'attentats meurtriers attribués par les autorités au groupe Etat islamique (EI).
 Le plus meurtrier d'entre eux, le 10 octobre dernier, avait été perpétré par deux kamikazes qui s'étaient fait exploser au milieu de manifestants de la cause kurde devant la gare centrale d'Ankara, faisant 103 morts.
 Le 12 janvier, 12 touristes allemands ont péri dans un autre attentat suicide dans le quartier touristique de Sultanahmet à Istanbul.
 Longtemps accusé de complaisance envers les groupes rebelles les plus radicaux, en guerre contre le régime de Damas, Ankara a rejoint l'été dernier la coalition antijihadiste et multiplié les arrestations pour lutter contre les cellules de l'EI sur son sol.

Mardi 15 Mars 2016

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