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La Tanzanie à la croisée des chemins




Jakaya Kikwete, quatrième président tanzanien, est en fonction depuis le 21 décembre 2005.
Jakaya Kikwete, quatrième président tanzanien, est en fonction depuis le 21 décembre 2005.
En Tanzanie, après que la Commission de révision constitutionnelle a dévoilé le premier projet de la nouvelle constitution, les attentes de millions de Tanzaniens sont fortes. Les Tanzaniens ont pointés plusieurs problèmes qui doivent être traités par un changement institutionnalisé dans la nouvelle loi fondamentale, puisque la commission a commencé à recueillir les opinions en juillet 2012.
La vision la plus répandue dans ces opinions est celle de l’ouverture d’une nouvelle ère dans laquelle l’accent serait mis sur la protection des libertés individuelles et civiles, les droits de l’homme, le droit d’information et d’association et la liberté religieuse. Ce serait aussi une ère caractérisée par la maturité politique et la démocratie, et où l’entreprise privée et les droits à la propriété seraient promus et protégés.
Les gens s’attendent à ce que la nouvelle loi fondamentale aide à orienter la Tanzanie dans sa transition en cours vers le pluralisme politique. Elle conduirait le pays d’une économie planifiée vers une économie tirée par le secteur privé, et vers l’indépendance économique, entraînant une exploitation utile, avantageuse et prudente de l’abondance des ressources naturelles.
« Nous voulons que la nouvelle Constitution précise clairement que la Tanzanie est un Etat capitaliste qui suit les politiques d’une économie libérale », a pu déclarer Godfrey Simbeye, le directeur exécutif de la Fondation du Secteur Privé de Tanzanie, en janvier lors d’une réunion de parties prenantes du secteur privé qui visait à recueillir des points de vue sur la nouvelle constitution envisagée.
La constitution actuelle déclare que l’Etat de la Tanzanie est un pays socialiste qui suit les politiques de l’«Ujamaa». Il y a là une contradiction, puisque que les politiques économiques actuelles sont davantage capitalistes que socialistes. Les analystes disent justement que la confusion sur la nature des politiques économiques poursuivies par le pays démontre que la Tanzanie est toujours dans une phase de transition économique : tester les eaux du capitalisme, tout en nourrissant des sentiments socialistes.
Le principal parti d’opposition en Tanzanie, Chadema , a déclaré dans une annonce sur son blog officiel qu’il a reçu des informations crédibles provenant de ses sources selon lesquelles la clause qui stipule dans la présente constitution que «La Tanzanie est un pays socialiste qui suit les politiques d’autosuffisance et d’Ujamaa» a été modifié par «La Tanzanie est un pays démocratique et autonome» .
De nombreuses années de socialisme ont produit en Tanzanie des canards boiteux incapables de faire du business correctement. A cause de cet état de fait, les tanzaniens ne peuvent pas tirer profit du marché élargi de l’Afrique orientale. On fait valoir que d’autres membres du marché commun, notamment le Kenya, qui vivent sous un système « capitaliste », sont les mieux placés pour tirer parti de ce marché élargi.
Il n’est effectivement pas facile de réfuter cette affirmation. D’abord parce que dans une large mesure, il est vrai que de nombreuses années de politiques économiques socialistes ont dû avoir un impact sur la façon dont un certain nombre de Tanzaniens pensent l’activité entrepreneuriale. Ensuite, l’assouplissement du code du leadership et l’introduction progressive de l’économie de marché initiée au début des années 1990 ont entraîné une reconnaissance désormais purement formelle du socialisme en Tanzanie. Le socialisme qui était pratiqué à son apogée est aujourd’hui juste trouvé dans les livres écrits par le premier président Mwalimu Julius K. Nyerere.
Il est difficile de dire si l’absence d’une définition claire du système économique actuel est responsable de la façon dont les choses se produisent ou non. Mais la jeune génération doit apprendre l’entrepreneuriat, qui est le seul moyen légal de s’enrichir. L’entrepreneuriat au niveau individuel est la marque d’un système économique capitaliste, mais il se transforme malheureusement un fléau dans le cadre du système économique socialiste qui a été poursuivi par ce pays jusqu’aux années 1990.
L’entrepreneuriat n’est pas la marque du système économique socialiste actuel, il n’y est pas enseigné. Le système économique socialiste actuel n’a pas été défini pour inclure la formation des jeunes tanzaniens à devenir « capitalistes ». L’espoir est que le débat national à venir sur la nouvelle constitution verra les tanzaniens appeler à un système économique de libre marché libre bien défini.
En ligne avec ces attentes, les étudiants tanzaniens pour la liberté (TSFL, Tanzanian Students For Liberty) vont s’adresser aux étudiants en Tanzanie et les initier aux principes de la liberté, à savoir de la liberté économique, de la liberté sociale et de la liberté intellectuelle. Ce n’est que le début d’une Tanzanie qui va devenir beaucoup plus prospère et pacifique dans un avenir proche. Ce changement sera initié et perpétué par les jeunes de cette nation.

* Fondateur de Tanzanian
Students For Liberty
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www.libreafrique.org

Par Isack Danford
Jeudi 26 Septembre 2013

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