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La Syrie dans l’impasse: Bras de fer entre rebelles et loyalistes autour d’Alep




La Syrie dans l’impasse: Bras de fer entre rebelles et loyalistes autour d’Alep
Des quartiers d’Alep, deuxième ville de Syrie et enjeu crucial du conflit entre le régime de Bachar al-Assad et les rebelles, étaient mitraillés vendredi par les hélicoptères des forces gouvernementales.
Dans le même temps, une députée d’Alep, Ikhlas Badaoui, a fait défection et s’est réfugiée avec ses six enfants en Turquie, a annoncé vendredi un membre du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition.
«Il y avait des contacts avec elle depuis peu pour qu’elle soit accueillie dans un lieu sûr. Elle est arrivée hier (jeudi) en Turquie avec ses six enfants et devrait se rendre au Qatar», a affirmé à l’AFP Samir Nachar, un membre du CNS.
«Soulèvement des deux capitales, la guerre de libération continue» est le slogan des manifestations prévues vendredi à l’appel des militants anti-régime qui ne semblent pas découragés par les violences ayant fait plus de 19.000 morts depuis le début de la révolte en mars 2011 selon une ONG syrienne. Plusieurs quartiers d’Alep étaient pris pour cible dans la matinée par les hélicoptères des forces du régime qui se préparaient à un assaut décisif contre les rebelles, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Des quartiers du sud et sud-ouest, notamment Salaheddine, al-Azamiyé, Boustane el-Kasr et al-Soukkari (sud) étaient mitraillés par les hélicoptères, selon cette ONG basée en Grande-Bretagne.
Des combats entre rebelles et armée se sont déroulés, notamment à al-Jamiliyé, dans le centre.
A Salaheddine, des centaines de rebelles se préparent à une offensive majeure de l’armée contre la ville après l’ouverture le 20 juillet d’un nouveau front à Alep.
Un photographe de l’AFP a vu jeudi des barricades de sacs de sable, un autobus disposé en travers d’une rue pour la bloquer et des centres de soins installés dans les sous-sols des écoles et des mosquées.
Plusieurs hélicoptères tournaient au-dessus des habitations et mitraillaient le sol. Les habitants du quartier, eux, fuyaient en masse —les femmes et les enfants surtout, le plus souvent à bord de camionnettes.
Jeudi, la répression et les combats ont fait 164 morts dont 84 civils, 43 soldats et 37 rebelles.
«Les forces spéciales se sont déployées sur le flanc est de la ville et d’autres troupes sont arrivées en vue d’une contre-offensive généralisée vendredi ou samedi» de l’armée à Alep, a indiqué une source de sécurité. Les Etats-Unis ont déclaré jeudi redouter un massacre à Alep, mais Washington a répété qu’il n’y aurait pas d’intervention militaire américaine sur le terrain.
En attendant l’assaut, les rebelles, armés de fusils d’assaut Kalachnikov, de fusils mitrailleurs, de roquettes et de bombes artisanales lançaient de petites offensives contre des postes de police et des renseignements.
L’espoir, estiment-ils, réside dans la solidarité des autres combattants qui viendraient renforcer les défenses de Salaheddine ou ralentiraient l’arrivée de l’armée avec des sabotages et des escarmouches.
«Mère de toutes les batailles»
Dans le même temps, 1.500 à 2.000 rebelles sont venus prêter main-forte à quelque 2.000 de leurs camarades dans la ville, a déclaré la source de sécurité, précisant que les insurgés tenaient des quartiers périphériques du sud et de l’est et les routes menant à l’aéroport.
Le porte-parole de l’Armée syrienne libre (ASL, formée de déserteurs) à Alep, Abdel Jabbar al-Okaidi, a fait état de l’arrivée de 100 chars de l’armée régulière et de nombreux véhicules militaires en renfort à Alep. «Nous nous attendons à tout moment à une offensive majeure».
Le journal proche du régime, Al-Watan, a parlé de «la Mère de toutes les batailles».
Si Alep tombe, «le régime est fini et les deux adversaires le savent», a estimé Rami Abdel Rahmane, président de l’OSDH.
Devant une base des rebelles dans Alep, un camion chargé de cartons portant les inscriptions en arabe «masques à gaz» a d’autre part été vu, selon le correspondant de l’AFP.
Damas a reconnu lundi pour la première fois posséder des armes chimiques, affirmant qu’elles ne seraient jamais employées contre la population mais menaçant de les utiliser en cas d’intervention militaire étrangère.
L’Unesco a demandé aux belligérants d’»assurer la protection de l’héritage culturel exceptionnel» d’Alep, «cité ancienne (qui) a conservé un héritage exceptionnel reflétant la diversité des cultures des peuples qui s’y sont installés depuis plus d’un millénaire».
Pour le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui a fustigé le «comportement abominable» de Bachar al-Assad, ce dernier «tombera» «tôt ou tard».

Libé
Samedi 28 Juillet 2012

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