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La Russie et la Chine appellent au calme : Le sud du Kirghizistan en proie à de nouvelles violences




Les Présidents de Chine et de Russie ont appelé vendredi à un rétablissement du calme au Kirghizstan après une nouvelle vague de violences qui a fait 17 morts et près de 200 blessés dans le sud de ce pays d’Asie centrale.
« Nous espérons sincèrement que la situation va se stabiliser rapidement au Kirghizstan », a déclaré le président chinois Hu Jintao lors d’un sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) dans la capitale ouzbèke Tachkent.
« La Chine et d’autres voisins continueront à offrir toute l’aide possible au Kirghizstan », a-t-il ajouté.
Le Président russe Dmitri Medvedev a également souhaité voir le calme revenir dans le pays où la Russie dispose d’une base militaire, ainsi que les Etats-Unis.
« Nous espérons sincèrement que cette phase de tourmente sera surmontée aussi vite que possible », a déclaré M. Medvedev.
Le gouvernement provisoire du Kirghizistan a décrété vendredi l’état d’urgence et un couvre-feu à Och, à la suite de nouvelles violences dans cette ville du sud, bastion du président déchu Kourmanbek Bakiev.
«Dans la région d’Och, le nombre de morts dans les violences s’élève désormais à 14 personnes», a indiqué un porte-parole du ministère de la Santé de ce pays pauvre d’Asie centrale, selon un nouveau bilan qui pourrait s’alourdir.
Un précédent bilan faisait état de sept morts. Plus d’une centaine de personnes étaient soignées à l’hôpital pour des blessures consécutives aux affrontements qui ont éclaté jeudi soir à Och, a ajouté le porte-parole.
Six semaines après le soulèvement populaire qui a fait 87 morts à Bichkek, la capitale, et renversé le régime de Kourmanbek Bakiev, ces tensions mettent en exergue les difficultés des autorités provisoires à rétablir l’ordre.
La stabilité du Kirghizstan est cruciale pour les Etats-Unis et la Russie qui y disposent de bases militaires. Des affrontements et des échanges de tirs entre des groupes de jeunes se sont produits dans la nuit de jeudi à vendredi à Och et dans les districts voisins de Karassou, d’Aravan et d’Ouzgen. Selon des témoins, ces violences ont pour origine une bagarre opposant des Kirghiz et des Ouzbeks. Près d’un millier de jeunes, armés de bâtons et de pierres, se sont rassemblés jeudi soir dans le centre d’Och, brisant des vitrines de magasins et des fenêtres d’immeubles résidentiels, et brûlant des voitures.
La situation a dégénéré dans le Sud il y a près de deux mois lorsque le chef d’un parti ouzbek du Kirghizstan, Kadyrjan Batyrov, a été accusé par les partisans du président déchu d’avoir fait incendier la maison de la famille de Kourmanbek Bakiev à Teiït, suscitant la colère des Kirghiz dans ce fief de l’ex-chef de l’Etat.
Depuis l’indépendance du Kirghizstan en 1991, après le démembrement de l’URSS, les tensions entre minorités ethniques ont émaillé la vie de ce pays voisin de l’Ouzbékistan et se sont ajoutées à des difficultés économiques persistantes.
La fin de la période soviétique avait déjà été marquée par des tensions ethniques dans le Sud entre les Kirghiz et la minorité ouzbek du Kirghizstan. L’état d’urgence décrété vendredi à Och et dans les districts concernés sera en vigueur jusqu’au 20 juin, ont indiqués les autorités.
«En dépit de l’instauration d’un couvre-feu, les échanges de tirs se poursuivent, les policiers découvrent toujours de nouveaux corps», a déclaré à la radio nationale un responsable du gouvernement provisoire, Azimbek Beknazarov, qui s’est rendu sur les lieux des affrontements.
Selon les pompiers locaux, plusieurs incendies se sont déclarés à Och, deuxième ville du pays. Un théâtre, une pharmacie, deux cafés et un hôtel dans le centre-ville étaient en flammes. Selon le ministère de l’Intérieur, cinq personnes soupçonnées d’avoir organisé ces violences ont été arrêtées.
Otounbaïeva à l’intérim
Ces événements interviennent environ deux semaines avant le référendum sur la Constitution kirghize prévu le 27 juin. Le même jour, les Kirghiz doivent se prononcer sur la nomination à la tête du pays de Rosa Otounbaïeva, qui dirige actuellement le gouvernement intérimaire mis en place par l’opposition après la fuite de Kourmanbek Bakiev.
Le 19 mai, le gouvernement provisoire a annulé l’élection présidentielle prévue à l’automne et confié la fonction de président à Rosa Otounbaïeva jusqu’à fin 2011.

AFP
Samedi 12 Juin 2010

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