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La Lydec à la croisée des chemins ?

Les édiles casablancais veulent réviser le contrat de gestion déléguée sans audit préalable de la société délégataire et sans baisse des tarifs




Le contrat liant la ville de Casablanca à la Lydec pourrait bien être révisé dans les prochains jours voire dans les semaines à venir.  Un membre du nouveau comité du Conseil de la ville en charge du suivi de la gestion déléguée de la distribution de l’eau, de l’électricité, de l’assainissement et de l’éclairage public,  a déclaré que ce dossier  est prioritaire vu le retard accumulé à ce propos. L’objectif  recherché par les nouveaux édiles: actualiser et adapter les termes du contrat pour éviter tout dysfonctionnement aussi bien du côté du délégataire que du côté de l’autorité délégante, a rapporté le journal « L’Economiste ».  
« Il est temps d’entamer cette révision. En deux mandats du Conseil de la ville, le contrat en question  n’a été actualisé qu’une seule fois alors qu’il était  question de procéder à cette révision tous les cinq ans », nous a précisé Abdelhak Mabchour, spécialiste de gestion locale. Et de poursuivre : « Le sujet des prix des prestations offertes par la Lydec et la question des branchements d’eau et d’électricité sont prioritaires aujourd’hui plus que jamais». Même son de cloche de la part d’Abdelghani Marhani, un édile casablancais, qui estime que cette révision s’impose avec acuité vu les augmentations des factures d’eau et d’électricité. « Les Casablancais estiment que les factures d’eau et d’électricité sont salées. Notamment en ces temps où leur pouvoir d’achat a été fortement grevé par les dernières augmentations des prix des produits de première nécessité», nous a-t-il expliqué.   
Pourtant, cet édile local pense que cette révision ne doit pas consister en une simple actualisation des termes du contrat. Il exige  qu’un audit approfondi des comptes de la société délégataire, de ses engagements contractuels, de ses investissements et de ses dépenses soit lancé. Une opération qui ne semble pas de tout repos, selon lui.  « Engager une telle enquête  exige toute une équipe d’experts et de spécialistes voire un cabinet d’étude. La révision du contrat  requiert également des compétences dans le domaine des finances, de  la gestion et du cadre juridique. Et le Conseil de la ville manque cruellement de   matière grise dans le domaine», nous a-t-il déclaré. Et de poursuivre : « Le contrat avec la société délégataire a été rédigé par des spécialistes en droit et a été taillé sur mesure par  la Lydec pour sauvegarder ses intérêts.  Les édiles casablancais ont été dans l’incapacité d’en décortiquer les articles».  
La nouvelle équipe dirigeante du Conseil de la ville fraîchement élue et à majorité PJD a-t-elle les moyens et le courage de mener une telle révision sachant que  les relations entre le élus du parti de la Lampe et la Lydec n’ont jamais été au beau fixe ? Abdelaziz El-Omari,  nouveau maire de la ville  emboitera-t-il le pas à son prédécesseur Sajid  connu pour ses méthodes « douces » et conciliantes à l’endroit de la société délégataire ? « Il y a fort à parier qu’il n’y aura pas de grands chamboulements. Le Conseil n’a pas le dernier mot puisqu’il doit prendre compte également de la position du ministère de l’Intérieur  qui garde l’œil sur les questions concernant toute gestion déléguée. Ceci d’autant plus qu’il y a des considérations d’ordre diplomatique à prendre également en compte puisque la Lydec est une société française et qu’il faut attendre une réaction du lobby français qui n’hésitera nullement à défendre les intérêts de ladite société », nous a précisé Abdelghani Marhani. Même évaluation de la part d’Abdelhak Mabchour qui estime que l’équipe dirigeante n’a aucune excuse pour mener à bien cette révision. « Le PJD dispose aujourd’hui de la majorité au Conseil. Il est également à la tête du gouvernent et aux commandes dans les grandes villes du Maroc.  Il a donc les moyens pour réussir. Ce qu’il faut, c’est plus de  rigueur », nous a-t-il indiqué. « Le parti de la Lampe doit assumer ses responsabilités. Surtout que les élus qu’il soupçonnait d’entretenir des relations de complicité avec la société délégataire ont quitté le Conseil de la ville et qu’il a le soutien du gouvernement », a précisé Abdelghani Marhani. Et de conclure : « Il est fort probable que l’on assiste à des manifestions comme celles qui font l’actualité à Tanger où la population est descendue dans la rue pour dénoncer les factures jugées excessives de la filiale d’un autre délégataire français, à savoir Veolia. Les Casablancais en ont ras le bol ».
 

Hassan Bentaleb
Vendredi 30 Octobre 2015

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