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La Fondation Benzekri crée un prix en hommage au père de la justice transitionnelle au Maroc

Une distinction internationale pour garder vivace la mémoire de l’opposant devenu réconciliateur




La Fondation Benzekri crée un prix en hommage au père de la justice transitionnelle au Maroc
Les défenseurs des droits humains et les rescapés des années de plomb en ont longtemps rêvé. La Fondation Driss Benzekri pour la démocratie et les droits humains l’a fait. A sa dernière réunion tenue samedi 21 décembre à Harhoura, le bureau de la Fondation Driss Benzekri a décidé la création du prix Benzekri. Plus qu’un hommage, il s’agit pour les membres de cette Fondation que préside l’avocat Hassan Semlali de perpétuer l’héritage légué par le père de la justice transitionnelle au Maroc.
Biennal, le prix sera décerné tous les deux ans et aura une dimension à la fois nationale et internationale. Ses promoteurs le présentent comme «un encouragement et une valorisation des personnes, groupes ou organismes qui se sont employés pour la promotion, la défense et la protection des droits de l’Homme, au Maroc et à travers le monde». Les droits humains, expliquent ceux et celles de la Fondation, n’ont pas de territoire exclusif. Les valeurs fondées sur la démocratie, elles, n’ont pas de frontières. On comprend dès lors le caractère international du Prix Driss Benzekri. «Notre objectif est que cette distinction puisse atteindre une renommée sur le plan national et international. Nous souhaitons également que la culture des droits humains et les valeurs démocratiques si chères à Driss Benzekri soient propagées à travers ce prix», font savoir les membres du bureau de la Fondation.
Pour cette Fondation qui a été créée quelques mois après  le décès de Driss Benzekri, il s’agit d’abord et avant tout de garder vivace l’esprit d’un homme qui a écrit une page d’histoire à travers son engagement pour les droits humains et la démocratie.
On le sait, cet ancien détenu politique est l’un des principaux artisans de la réconciliation en terre marocaine. A la tête de l’Instance équité et réconciliation, l’opposant devenu partenaire a fait en sorte que les pages d’un passé sombre soient lues avant d’être tournées.
En décembre 2005, alors que le rapport final de l’IER qu’il présidait  avait été remis aux plus hautes autorités du pays,  «Libération» lui avait posé la question de savoir si avec l’achèvement de sa mission à la tête de l’Instance équité et réconciliation, il avait la conscience tranquille. «Oui, j’ai la conscience tranquille. La mission a été dure et je pense que nous avons travaillé avec tout l’engagement pour faire la lumière sur toutes les violations. Nous avons proposé des analyses, des procédures de clôture équitable pour cette période. Reste maintenant le débat public, serein, sérieux. Il ne faut pas se laisser détourner par les coteries qui n’ont aucune prise sur les réalités. Il faut mener le débat sur les enjeux fondamentaux soulevés par le rapport final de l’IER. Ils sont importants et on ne se laissera pas détourner. C’est dans ce sens que la décision Royale de rendre public notre rapport est historique. Il s’agit de faire participer la population, tous les Marocains et pas seulement la dizaine de petits groupes qui s’agitent à Casablanca chaque fin de semaine pour raconter n’importe quoi. Le peuple a besoin de comprendre, de connaître, de débattre, de participer. C’est un peuple de citoyens et non pas de sujets qui vont attendre que chaque fin de semaine on leur livre n’importe quoi à la lecture. Je pense que les 23 mois de notre mission nous ont démontré la conscience et la citoyenneté dont a fait preuve la majorité des Marocains sur cette question», nous a répondu l’opposant devenu partenaire au nom de la réconciliation.
Militant de l’extrême-gauche, maoïste convaincu à l’âge des premiers émois et des rêves révolutionnaires, Driss Benzekri  avait 24 ans quand il est privé de liberté. Nous sommes  en 1974. Il ressort de prison en 1991. Il avait 41 ans.
Celui qui a présidé aux destinées de la Commission vérité marocaine est décédé le 20 mai 2007. Il repose dans le cimetière de son village natal, à Aït Ouahi, dans le pays des Zemmour. 


Narjis Rerhaye
Mardi 24 Décembre 2013

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