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La Faculté d'Aïn Sebaâ sort de l’ordinaire

Durant une journée, cet établissement universitaire a été géré par les seuls étudiants




Confier la gestion d’un établissement universitaire à des étudiants est une expérience très peu pratiquée voire inexistante au Maroc. Mais les dirigeants de la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Aïn Sebaâ ont tenté récemment cette expérience en permettant aux étudiants de gérer la Faculté durant toute la journée du vendredi 25 mars 2016.
«Il ne faut pas sous-estimer les capacités des étudiants. Il faut seulement leur donner l’opportunité  de montrer ce qu’ils savent faire », a assuré le doyen de la FSJES, Driss Abbadi. Et d’ajouter : « Nous sommes conscients que les étudiants d’aujourd’hui sont les managers et les décideurs de demain. C’est pour cela qu’il faut les laisser s’exprimer et innover ».
Ce jour-là, tous les postes de responsabilité administrative ont été gérés par les étudiants, à commencer par le poste du doyen lui-même et les postes des quatre vice-doyens (V.D pédagogique, V.D chargé de recherche et opération, V.D chargé de communication et V.D chargé de la vie estudiantine). La désignation des étudiants à ces postes (presque 20 postes et services) par tirage au sort est une approche expérimentée dans la démocratie athénienne. «Ce sont les étudiants eux-mêmes qui ont préféré utiliser ce système au lieu de l’élection. Le rôle des responsables de la Faculté s’est limité à les accompagner et les conseiller avant et durant cette journée», nous a expliqué Moulay Rachid Alaoui, vice-doyen chargé des affaires estudiantines.
Ce jour-là, Haitem El Koussami, étudiant en économie, est devenu le doyen de la Faculté. Il a ressenti de la fierté et l’honneur d’avoir assumé cette responsabilité. Au début, c’est un autre étudiant qui avait été choisi pour ce poste. Mais à cause d’un problème d’ordre familial, il n’a pas pu assumer cette responsabilité et finalement, c’est Haitem El Koussami qui l’a remplacé. «Ce vendredi, je suis arrivé à la fac à 8 heures et les responsables de l’établissement m’ont surpris en disant que je devrais occuper le poste de doyen. J’ai un peu hésité car je n’étais pas préparé. Mais en fin de compte, j’ai acquiescé. Monsieur Abbadi m’a prêté sa veste parce que je portais une simple tenue de sport», a raconté Haïtem.
«Pour moi, c’est une expérience inoubliable et enrichissante. C’est Driss Abbadi qui a pris l’initiative. Avant il y avait une rupture entre les étudiants et l’administration, mais tout a complètement changé avec le nouveau doyen. Je ne dis pas cela pour flatter, mais c’est la réalité», a assuré, pour sa part, l’étudiant Karim Darban, qui a été chargé  du service informatique.
Majada Charkani, étudiante en marketing stratégique et négociations, n’a pas caché sa joie d’avoir occupé un poste que seuls les hommes,  croit-on, peuvent gérer. Il s’agit du secrétariat général. «Occuper ce poste n’est pas une sinécure. Il est confié normalement à un homme, mais dans notre faculté, c’est une femme qui le dirige. C’est pour cela  que j’ai été choisie  pour ce poste, car il nécessite une forte personnalité et un charisme», nous a-t-elle confié.
Durant toute la journée, Majada Charkani était appelée à recevoir des étudiants, à écouter leurs doléances et trouver des solutions à leurs problèmes.
«A la fin de la journée, tous les étudiants, qui ont été chargés de la gestion de la faculté, ont tenu une réunion avec le doyen et des collaborateurs pour faire le point et évaluer l’expérience », nous a confié l’étudiant Zakaria Fatih qui a assumé le poste de vice-doyen pédagogique. Et d’ajouter qu’un rapport détaillé sera élaboré par les étudiants qui ont pris part à cette expérience. Lequel rapport a pour but d’exposer les actions qu’ils ont menées, les problèmes auxquels ils étaient confrontés et les propositions et solutions préconisées.
«Nous allons prendre en considération toutes les remarques des étudiants car nous voulons qu’ils soient impliqués davantage dans la gestion de leur établissement», a conclu Moulay Rachid Alaoui.

T. Mourad
Vendredi 1 Avril 2016

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