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La FDT aux premières loges




Une grande première. La FDT vient de se  constituer en groupe parlementaire à la Chambre des conseillers. Ce faisant, elle a vaincu le signe indien imposé par la balkanisation du champ syndical marocain et permettra aux travailleurs d’avoir, désormais, voix au chapitre des débats législatifs tout en défendant mieux leurs droits à l’amont. Ceci à un moment où le syndicalisme national est en pleine mutation comme en témoignent les déclarations et initiatives prises ici et là pour donner corps à une inextinguible volonté de créer des relations de  partenariat avec le patronat. Une quête qui témoigne non seulement de la maturité du mouvement syndical marocain, mais aussi des difficultés qu’il a à trouver ses marques dans un univers à la fois clos et mondialisé, ouvert et plus répressif.  Clos, parce qu’il interdit de plus en plus la circulation des hommes.  Mondialisé et ouvert, parce qu’il permet au capital de se déplacer partout à sa guise. Répressif, parce que le labeur qu’il offre est à la fois plus stressant et plus précaire.
Face à une telle situation, le fait que 12 syndicalistes se soient donné la main pour créer le groupe parlementaire FDT est donc à saluer comme une initiative à la fois importante et positive. Une initiative qui est également indicatrice du niveau de prise de conscience des défis qu’il faut relever et des obstacles qu’il faut surmonter pour permettre aux travailleurs de mieux défendre leurs droits. D’où l’obligation d’une mise à niveau.
Une opération dont on comprendra mieux les difficultés si l’on prend compte de la convergence des variables qui conditionnent actuellement la vie en entreprise; à savoir les nouvelles technologies, les nouveaux paramètres de productivité imposés par le nouvel ordre économique et financier et la nouvelle organisation du travail induite par  la globalisation et imposant l’introduction de la flexibilité, la multiplication des emplois précaires, etc. Trouver ses marques face à tous ces bouleversements  n’est pas chose aisée quand il faut lutter sur plusieurs fronts et faire face, en même temps, à un temps de travail dilué et diffus, à un lieu de travail qui existe ou qui n’existe pas, à des frontières nationales qui font partie intégrante du calcul du coût du travail et de sa productivité, etc.
Les syndicats sont donc obligés de se réinventer un positionnement. Une situation qui devient d’autant  plus complexe à maîtriser par le biais des techniques traditionnelles que les  mutations en cours coïncident avec des bouleversements tout aussi considérables en matière de travail, d’employabilité et de création et d’organisation des entreprises.  Les syndicalistes marocains en sont conscients si l’on en juge par l’agitation  qui les secoue et leur  propension à recourir à toutes les formes de lutte pour faire aboutir leurs revendications.
Jusque, et y compris celles du dialogue et  de la négociation. Quant au partenariat tellement vanté par eux et par le patronat, force est de remarquer qu’il exige des pré-requis dont il est difficile de trouver trace au Maroc.
Ayant gagné ses lettres de noblesse en Allemagne où le système  d’autogestion a permis l’émergence d’une économie forte et de syndicats extrêmement bien organisés et représentatifs, ce mode d’organisation est difficilement transposable chez nous. Ce qui induit automatiquement  plus d’efforts et de compromis de part et d’autre, pour que des passerelles soient jetées entre les différents partenaires sociaux dans l’objectif de permettre aux entreprises nationales de mieux se structurer et de devenir plus performantes et aux travailleurs de mieux bénéficier du fruit des richesses qu’ils créent.

LARBI BOUHAMIDA
Vendredi 19 Décembre 2008

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