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La DGSN ambitionne d'installer 20.000 caméras : Vidéosurveillance rime-t-elle avec sécurité ?




La DGSN ambitionne d'installer 20.000 caméras : Vidéosurveillance rime-t-elle avec sécurité ?
Le projet d'installation des caméras de vidéosurveillance dans les grandes villes du pays est en marche. Près de 20.000 caméras ultramodernes seront opérationnelles dans les prochains mois, en vue de renforcer la sécurité publique aux abords des principales artères de la ville, les angles des avenues, rues et ruelles, de jour comme de nuit, laissent entendre les services de la DGSN. Une ambition que certaines études scientifiques remettent en cause.
Selon un article publié sur le site d'actualité scientifique « science.fr », Sebastian Roché a expliqué dans ce sens que les travaux les plus rigoureux disponibles sur ce sujet ont démontré que la vidéosurveillance est inefficace pour dissuader la délinquance en général ou pour réduire le sentiment d'insécurité. Il apparaît aussi que la population perd ses illusions quant aux bénéfices de la vidéosurveillance sitôt qu'elle aura commencé à opérer. En revanche, il semble que les caméras soient efficaces dans les lieux bien délimités ou clos, avec des points d'accès et de sortie bien déterminés. La densité de couverture en caméras influe sur l'efficacité tant que cette densité ne dépasse pas le point de saturation (au-delà d'une certaine densité, il n'y a plus d'amélioration). Enfin, malgré son désillusionnement, la population reste majoritairement favorable à l'usage de la vidéosurveillance.
En détaillant ces résultats, l'auteur a indiqué que les études scientifiques ont montré que l'efficacité de la vidéosurveillance pour dissuader la délinquance varie selon les lieux et les délits. Des études portant sur les rues de centres-villes, les immeubles d'habitation (et non les espaces autour des immeubles) dans les quartiers de type HLM et les quatre études dans les transports publics montrent respectivement peu (moins de 2%) ou pas de réduction significative du niveau de la délinquance imputable aux caméras : l'usage des caméras affecte peu la fréquence des violences physiques.
De l’autre côté, des études ciblant des parkings montrent une réduction de 41% des effractions ou vols de voitures.
Pour ce spécialiste, Il s’agit là d’une conclusion simple, mais importante : d’une part, les études n’excluent pas les bénéfices de l’utilisation des caméras et, d’autre part, elles prouvent qu’on n’obtient pas le même effet pour tous les types de problèmes à régler. En d’autres termes, la caméra n’est pas un « médicament universel ».
Concernant l’impact sur la délinquance,  sur les 13 projets-tests, six indiquent une réduction de la délinquance, mais pour 4 d’entre eux, cette réduction n’est pas significative après comparaison avec les zones témoins. Sept indiquent une augmentation de la délinquance sans que la vidéosurveillance en soit logiquement la cause. Dans les zones tests, le nombre de vols à l’étalage, de délits liés aux stupéfiants ou de violences aux personnes ne diminue pas plus que dans les zones témoins.
Les études révèlent également qu’il n’est pas établi que la vidéosurveillance soit toujours efficace dans les parkings une fois contrôlés les autres paramètres (éclairage, réparation des clôtures) : sur les sept études retenues concernant les parkings, seules deux se sont avérées statistiquement significatives. Dans l’une, l’efficacité est explicable par d’autres variables. Elle est en revanche avérée dans l’autre, consacrée à Hawkeye, une zone de Londres qui couvre 58 parkings. Dans cette zone, l’effet attendu est observé dans certains parkings : alors que la délinquance contre les véhicules baisse de 10% dans les zones de contrôle, elle décroît respectivement de 80%
S’agissant des perceptions de la population après l’installation de caméras, une étude britannique datant de 2005 a montré que les personnes interrogées après l’installation de caméras se sentent tout autant en insécurité qu’auparavant, mais un peu moins inquiètes des violations des libertés publiques ; elles sont en outre moins souvent « contentes ou très contentes » de l’installation des caméras et pas plus souvent prêtes à sortir dans les lieux vidéo-surveillés ; enfin, elles sont bien moins nombreuses à croire que la «délinquance diminuera» et que «la police répondra plus rapidement aux incidents». Il n’en reste pas moins que la population est majoritairement favorable à la vidéosurveillance.  L’étude du Home Office indique plus de 70% de satisfaction.
En France, bien que les mesures utilisées ne soient pas standardisées d’une région à l’autre, des études éparses donnent des résultats voisins : en 2008, selon l’Institut Ipsos, 78% des personnes interrogées sont « très favorables » ou « favorables » au développement de la vidéosurveillance. Cela dit, si on leur donne le choix, les sondés préfèrent avoir des policiers dans la rue plutôt que des caméras. A méditer. 

Hassan Bentaleb
Samedi 15 Septembre 2012

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