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La DEPF verse dans l’optimisme

La direction s’attend à une accélération de la croissance de l'activité hors agriculture




La DEPF verse dans l’optimisme
Comme à son habitude, la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) vient de livrer une analyse trop optimiste quant à l’évolution des différents agrégats économiques, en particulier, concernant le PIB non agricole et la demande intérieure.
En effet, contrairement à ce qu’affirment les différents établissements qui publient des analyses conjoncturelles, en l’occurrence le Haut commissariat au plan (HCP), Bank Al Maghrib (BAM) et le Centre marocain de conjoncture (CMC), celle-ci a indiqué dans sa dernière publication que «la croissance de l'activité hors agriculture devrait s'accélérer en 2014, sous le double effet de la consolidation de la demande intérieure et du dynamisme retrouvé de la demande étrangère adressée au Maroc».
S’agissant du premier facteur de cette reprise du secteur non agricole, la direction relevant du ministère de l’Economie et des Finances, se base sur la hausse de la production d'électricité de 6,8% en janvier, en variation annuelle.
Pourtant, la consommation d’électricité en perpétuelle augmentation, ne peut pas être considérée comme un indicateur de bonne santé sectorielle étant donné que cette dernière ne cesse de progresser même dans une situation de crise. La preuve est que durant l’exercice écoulé, qui a d’ailleurs été des plus difficiles pour l’industrie nationale, la consommation s’était consolidée de 3,9% durant le quatrième trimestre. 
Les auteurs de ladite étude de la DEPF se sont également basés, prématurément, sur le redressement de l'indice de production industrielle de 2,2% durant le quatrième trimestre de l’exercice écoulé, pour prévoir un redressement de l’activité industrielle. Alors que cet indice a connu rien qu’un trimestre auparavant une hausse impalpable de 0,6% et a clôturé l’année 2013 sur une insignifiante hausse de 0,3%.
S’agissant du deuxième facteur qui a permis aux experts de ladite direction de dresser un si prometteur pronostic, à savoir la bonne tenue de la demande intérieure, il est à signaler qu’entre les différents conjoncturistes du Royaume, la DEPF est la seule à avoir constaté un bon comportement de la demande intérieure. 
En effet, elle indique que la demande intérieure aurait bénéficié, début 2014, de la faible évolution des prix à la consommation, a savoir la hausse de l’indice des prix à la consommation de 0,5%  et du bon comportement des composantes du revenu disponible des ménages, en relation, notamment, avec l’impact positif de la campagne agricole sur les revenus de la population rurale, la quasi-stabilité du chômage, l’évolution toujours positive, quoique modérée, de l’encours des crédits à la consommation avec +0,9% à fin janvier et avec la bonne tenue de la masse salariale servie au personnel de la fonction publique en augmentation de 2,4% à fin janvier.
Des propos qui contrastent  avec ce qu’a affirmé le HCP dans son indice de confiance des ménages. Ce dernier a atteint durant le dernier trimestre de 2013 son niveau le plus bas historique, plombé essentiellement par un recul de la consommation, les intentions d’achat et la capacité d’épargne ainsi qu’une perception négative quant aux prévisions de chômage.
Pour ce qui est de la deuxième composante de la demande intérieure, à savoir la demande d’investissement, il est à souligner que même si les émissions d’investissement du budget de l’Etat et l’encours des crédits à l’équipement ont évolué positivement, ils restent tout de même au dessous de la moyenne. 
La DEPF se base également sur le comportement favorable des exportations hors phosphates qui ont progressé de 7,6% au titre des deux premiers mois de l’année en cours, pour dire que cette augmentation reflète le «bon comportement des activités secondaires exportatrices», notamment les secteurs relatifs aux nouveaux métiers mondiaux du Maroc, qui contribuent faiblement dans le PIB et ne peuvent en aucun cas jouer le rôle des exportations de l’OCP.
In fine, l’économie nationale affiche une évolution sectorielle contrastée qui n’augure rien de bon pour le reste de l’exercice notamment, le deuxième secteur en termes de participation dans le PIB, à savoir le tourisme dont les recettes ne cessent de baisser au moment où les arrivées augmentent. 

Mohammed Taleb
Vendredi 21 Mars 2014

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