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La BVC asphyxiée par le manque de liquidités

Baisse de 70% des volumes entre 2007 et 2013




La BVC asphyxiée par le manque de liquidités
Hormis l’embellie qui a commencé à se dessiner aux premiers mois de 2014, la Bourse des valeurs de Casablanca (BVC) a passé a frôlé un crash   boursier. Durant les sept dernières années, la BVC  a été marquée par une situation économique difficile, un manque de confiance, une fuite progressive des investisseurs étrangers et surtout par un déficit de liquidités. C’est ce manque qui a fini par asphyxier le marché financier.
Ce sont, en substance, les constats qui ressortent d’une enquête du cabinet de consulting, Cejefic.
Cette étude, élaborée à la demande de la BVC, a précisé que «les volumes à la Bourse de Casablanca ont chuté de près de 70% entre 2007 et 2013 après avoir été momentanément dopés par d'importantes introductions en Bourse et la présence d'investisseurs étrangers». La même source explique que cette faiblesse des volumes, qui s’est traduie peu à peu par un manque de liquidités sur le marché, a tendance à impacter sensiblement les prix et ne permet donc pas aux investisseurs d'avoir des stratégies diversifiées.
Lors d’un atelier organisé mardi au siège de la Bourse pour discuter des résultats de ladite enquête, le directeur de Cejefic Consulting, Brahim Sentissi, a montré, chiffres à l’appui,  que «le manque de liquidités est un facteur qui bloque la mise en place de nouveaux produits et l'investissement de certains acteurs étrangers», tout en soulignant qu’il y a un «réel risque de liquidités sur le marché avec des coûts potentiels importants».
Dans la même ligne, ledit rapport a noté que les volumes ont été momentanément dopés par des introductions en Bourse, la présence des étrangers sur le marché local et la tendance haussière des cours des actions, précisant toutefois que la liquidité a toujours été faible, avec un ratio (volume des échanges divisé par la capitalisation totale) qui «n'a jamais dépassé 20%», alors qu'il s'est élevé en 2012 à 130% en Turquie et 50% en Afrique du Sud. Et d'ajouter que sur la période en question, quatre blue chips, c'est-à-dire actions de sociétés cotées de grande qualité, en l’occurrence, IAM, Attijariwafa bank, BMCE Bank et Addoha ont drainé à elles seules plus de la moitié des volumes, alors qu'un «désintérêt rapide pour les petites capitalisations, certainement à cause de leur manque de liquidités». «On constate ainsi que plus de 75% des actions ne représentent que 10% du total des volumes», poursuit la même source.
Afin de remédier à cette situation, l’équipe Cejefic recommande une amélioration du flottant, à travers notamment une augmentation des sociétés cotées et l'organisation du marché en deux grands blocs (avec un compartiment dédié à la PME) et l'autorisation de nouveaux produits financiers et certaines pratiques en vigueur sur les Bourses internationales, dont la vente à découvert.
Notons que cette enquête, dont les résultats se basent sur les réponses du management des 500 entreprises les plus performantes au Maroc, est la première d'une série de sept rapports qui seront élaborés par Cejefic Consulting afin d'apporter sa contribution au diagnostic de l'activité boursière et financière au Royaume. 
Le redressement qui est en train de se dessiner depuis le début de l’année divise toujours les analystes entre ceux qui voient en cette ascension un début de reprise et ceux qui la considèrent comme une embellie momentanée qui ne remplit pas les conditions d’une véritable reprise.

Mohammed Masmoudi
Jeudi 20 Mars 2014

Lu 413 fois


1.Posté par jawad le 20/03/2014 20:14
La plus part des résponsables financiers marocains et encore moins le grand public ne sont pas encore habitués et formés aux produits financiers éxotiques. Quand à la création d'un compartiment dédié aux PME ,c'est une bonne proposition mais encore faudrait il que les dites PME aient une gouvernance irréprochable et des comptes financiers qui traduisent réellement la situation économique de l'entreprise; Ce qui passe nécessairement par l'existence d'un contrôle interne efficace et le recours à des audites financiers indépendants. Il ya encore une bonne marge de progrès pour y arriver!

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